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Monday, 21 January 2013 11:34

Vols intérieurs – Un délit silencieux Featured

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Dans le jargon policier, on utilise le terme « vol intérieur », pour décrire un vol où il n’y a ni fenêtre brisée, ni porte forcée.
Car, les voleurs sont des habitués des maisons des victimes et y ont donc facilement accès. Aux Casernes centrales, pour l’année 2012, l’on révèle que, dans 40 % des vols enregistrés, les accusés sont proches des victimes.

«Montre-moi un menteur, et je te montrerai un voleur ! » Une phrase que sans doute la police mauricienne reprendra du poète George Herbert, dans les cas de vols perpétrés dans des maisons. Car, il s’avère bien souvent que les voleurs sont des voisins, mais aussi des membres de la famille. Par exemple, tout récemment, en décembre, une femme avait porté plainte après avoir constaté la disparition de ses bijoux. À la fin de l’enquête, la police découvre que le voleur n’était autre que son mari.

Car en sus de ce cas, on retrouve dans les fichiers de la police, ce père de famille qui n’avait pas fini de demander des explications auprès de sa banque, car une personne s’en donnait à cœur joie avec sa carte de crédit. Grande fut sa surprise de découvrir que le criminel n’était autre que son propre fils. Aux Ca­sernes centrales, l’on note une certaine recrudes­cence de ce type de vol. Cependant, bien souvent, en Cour, les victimes ne témoigneront pas contre leurs proches, une fois le vol élucidé. Donc au final, beaucoup d’éner­­gie dépensée pour aucune condamnation à la clé.

Les cas se succèdent et se ressemblent. Il y a un mois, un homme de 23 ans s’est fait coffrer par la CID. Motif : il a subtilisé la carte bancaire de sa jeune tante, chez qui il vit, à Camp Caval, Curepipe. Il connaissait le code secret de ladite carte et ne s’est donc pas gêné pour se rendre au guichet automatique d'une banque à Rose-Belle, afin d’effectuer un retrait de Rs 10 000.

C'est en allant vérifier le solde de son compte que la jeune femme de 31 ans constate, avec effroi, qu'il lui manquait une certaine somme. Elle apprendra par la suite que le retrait avait été effectué à Rose-Belle. Elle consignera alors une déposition au poste de police de la région. Soumis à un interrogatoire serré, le jeune homme avouera son forfait. Le motif de cet acte, dira-t-il, aux policiers : « J'ai pris cet argent afin de régler mes dettes. »

Cas similaire, en septembre, la Central Investigation Division (CID) de Mahébourg procède à l'arrestation d'un adolescent de 17 ans, qui fréquente un collège de Rose-Belle, pour le vol de la carte bancaire de sa tante. Il s'en est servi à plusieurs reprises pour s'acheter des vêtements de marque et n'a pas hésité à faire bénéficier de ses largesses à l’un de ses amis âgés de 19 ans. C'est à travers le relevé bancaire que la police a été en mesure de visionner les caméras de surveillance dans les magasins pour ensuite remonter vers le suspect. Le montant de ses achats est d'environ Rs 50 000.

Point de vue psychologique…
Smeeta Beehary : « Comprendre le comportement du coupable  »
La psychologue évoque trois aspects sur le « vol intérieur ». Smeeta Beehary avance qu’un des symptômes demeure la relation non-satisfaisante entre parents et enfants. « Si un enfant est pris en flagrant délit de vol, il faut avant tout comprendre ce qui l’a poussé à le faire.

La relation non-satisfaisante entre les parents et leurs enfants demeure un des symptômes à prendre en considération. Une autre approche pour le vol est considérée comme un comportement ­induit et motivé par le confort matériels et le prestige de l'homologue. Il y a aussi la théorie qui explique le fait de voler, au début, suite à une certaine perturbation ou encore l'absence de surveillance parentale. Ainsi, l'enfant apprend à mentir au sujet de ses activités », explique-t-elle.

Smeeta Beehary avance que, dans certaines familles « les parents se sentent coupables des délits de leurs enfants. Les victimes seront frustrées et auront tendance à étouffer l’affaire pour préserver la réputation de leur enfant mais aussi celle de la famille. »

Toutefois, afin de regagner la confiance du coupable, la psychologue affirme que la victime devra, avant tout, rebâtir une meilleure relation avec une excellente communication. 

D’un point de vue sociologique…
Asrani Gopaul: « Revoir la méthode de socialisation... »
Le sociologue Asrani Gopaul brosse un tableau élargi de ce fléau. D’abord, il évoque l’aspect de déviance avant d’expliquer la compétition entre amis et par la suite la socialisation. « En premier lieu, dans la société moderne, on voit la déviance qui est une notion des comportements non conformes aux normes sociales. La récurrence démontre que ces conduites échappent à la pression sociale, menaçant dès lors le système dans sa globalité.

Ensuite, l’aspect de la compétition entre amis. La mode influence beaucoup les jeunes. Et, de ce fait, pour trouver une solution plus facile, ils commettent des délits. Au début c’est dans leur maison. Puis, c’est la socialisation de ces adolescents qui manquent de respect envers leurs parents. Ces facteurs poussent ces jeunes à commettre le vol. Il y a aussi ceux qui sont criblés de dettes », analyse-t-il.

Dans ce même chapitre, le sociologue avance plusieurs mesures pour contrer ce problème. « Pour attaquer ce conflit, il faut tout reprendre à la base. C’est-à-dire, revoir la méthode de socialisation où les parents doivent combler ce manque de communication qui persiste. En deuxième lieu, faire régner le respect mutuel. La meilleure solution pour combattre le manque de confiance est la prévention. » Asrani Gopaul observe que les médias et l’éducation devront assumer leur rôle pour contrôler ou éliminer ce type de vol.

Criblé de dettes, il vole les bijoux de sa belle-mère
Les bijoux ont été transformés en lingots d’or par un bijoutier. Oomar M., 21 ans, s’est retrouvé derrière les barreaux pour avoir volé les bijoux de sa belle-mère. Les faits se seraient produits dans la journée du 13 septembre 2012 au domicile de cette dernière. La valeur du butin emporté est de Rs 574 000. Le motif de ce vol serait l’endettement.

La victime, Yasmine (prénom fictif), 40 ans, est une habitante de Vallée-Pitot. Le 13 septembre dernier, la quadragénaire qui gère un snack dans la région, s’absente de la maison. Avec sa belle-mère, elles se rendent à l'enterrement d’un proche à Beau-Bassin. À son retour à la maison, elle avouera n’avoir rien remarqué de suspect. Cependant, en ouvrant le tiroir de la commode, qui se trouve dans sa chambre, elle découvre avec effroi que ses bijoux en or, dont des chaînes, boucles d’oreille, bracelets, entre autres, avaient disparu. La quadragénaire se rendra alors au poste de police de Vallée-Pitot pour signaler ce vol.

C’est la police criminelle de Port-Louis Nord qui s’est saisie de cette affaire. Le jeudi 20 septembre, une opération est mise sur pied afin de procéder à l’arrestation d’un suspect. Il s’avère que c’est le gendre de la dame qui serait l’auteur de ce délit. Conduit dans les locaux de la CID, le jeune homme passera aux aveux. En effet, le jour du vol, il a profité que la maison soit déserte pour vider la commode de sa belle-mère. Il a expliqué aux enquêteurs qu’il a commis ce vol pour éponger ses dettes.

Il vend la voiture de son père à Rs 20 000
Un quinquagénaire a du mal à accepter la dure réalité. Son fils de 21 ans lui a volé sa voiture d’une valeur de Rs 400 000, pour ensuite la vendre pour la somme de Rs 20 000. Au début, le fils faisait pression sur les policiers pour retrouver le coupable. Mais en fin de compte, c’est vers lui que tous les soupçons étaient tournés. Il a été arrêté et est passé aux aveux.

Une Mitsubishi Lancer noire, immatriculée en 2004 et d’une valeur de Rs 400 000, disparaît du garage d'Abdool D., un quinquagénaire habitant Belle-Mare. Cela s'est produit le 28 juin dernier. Abdool D. et son fils Taheedj, âgé de 21 ans, se rendent au poste de police à plusieurs reprises pour faire pression sur les policiers pour retrouver la voiture. Quelques jours plus tard, des limiers de la Field Intelligence Unit, dirigés par le caporal Hosenbacus et le sergent Jokoo, ont eu vent que Taheedj faisait la fête au village et se rendait régulièrement dans une boîte de nuit à Rose-Hill.

Une équipe le piste avant de le coincer. Selon Taheedj, il est allé rencontrer un ami pour louer une voiture, mais aucune n'était disponible. C’est alors que Riad lui propose d’acheter la Mitsubishi de son père pour la somme de Rs 30 000. Le jeune homme fait, alors, un double de clés du véhicule avant de mettre son plan à exécution. Il affirme avoir reçu Rs 20 000, alors que Riad lui en avait promis Rs 30 000.

La force policière : « Le vol est en baisse et 40% concernent le vol intérieur »
Le National Policing Strategic Framework (NPSF), enclenché le 24 février 2010, porte ses fruits. La force policière se réjouit de son collaboration avec le public. « Depuis notre campagne du NPSF en février 2010 et l’introduction du Neighbourhood Watch, le nombre de cas de vol est en baisse au cours de ces trois dernières années. Pour les voleurs de nuit, on a recensé 868 cas en 2010, 624 cas en 2011 et 519 cas en 2012. En ce qui concerne ceux qui opèrent durant la journée, on a eu 625 cas en 2010, 533 cas en 2011 et 434 cas en 2012.

Puis, pour les vols par effraction, on a relevé 78 cas en 2010, 65 cas en 2011 et 62 cas en 2012 », confie Darmarajen Mooroogan, le responsable de communication de la police. Il poursuit que « Mais après une analyse interne pour les six derniers mois, 40 % des cas rapportés sont les vols intérieurs dont les coupables sont des proches des victimes.

On conseille aux gens de toujours changer la place où ils gardent leurs objets de valeur et l’argent. » Toutefois, une fois le coupable retrouvé, la victime a souvent tendance de retirer sa plainte. La force policière peut-elle poursuivre le coupable après une enquête assidue ? Non, rétorque Darmarajen Mooroogan. « Après l’enquête, la police ne peut pas poursuivre le coupable si la victime a retiré sa plainte. Néanmoins, on envoie le dossier au Parquet et c’est à la Cour de décider si elle poursuivra le voleur ou pas », affirme-t-il.

Jacqueline, une quinquagénaire de Saint-Pierre : « Mon fils a pris ma carte bancaire pour offrir un cadeau à sa petite amie »
Elle reste toujours sur ses gardes désormais. Jacqueline (prénom fictif) que nous avons rencontrée à Saint-Pierre raconte sa mésaventure avec son fils, étudiant du HSC. « C’était à l’approche du Nouvel An. J’ai constaté qu’un retrait a été effectué de mon compte dans une banque de la localité. Après avoir obtenu des informations auprès de la banque et visionné les caméras, j’ai vu que le coupable n’était autre que mon fils. Pressé de questions, il a fini par m’avouer avoir prélevé la somme de Rs 4 000 pour offrir un cadeau à sa petite amie. »

Pallavi, 69 ans, Cap Malheureux : « Ma fille m’a volé plus de Rs 50 000 »
Elle a profité de l’analphabétisme de sa mère pour lui voler de l’argent. « C’est mon manque d’éducation qui m’a coûté plus de Rs 50 000. Ma fille m’a volé presque toute ma pension. Quand je recevais des lettres bancaires, c’est elle qui les lisait et me donnait toujours des réponses bidon. J’ai élevé ma fille pour qu’après, elle me vole. Je ne savais quoi faire, si je devais porter plainte ou pas. Finalement, je l’ai fait », confie Pallavi.

Retrait sur le compte de sa mère à son insu
Cette habitante de Sainte-Croix s’est rendue à sa banque pour effectuer un retrait. Un scénario somme toute très banal. Elle est toutefois tombée des nues en constatant qu’un retrait important avait été effectué sur son compte.

Après renseignement auprès des préposés, elle a appris, toute consternée, que Rs 21 000 avaient été ponctionnées de son compte. Le comble, c’est que cette quinquagénaire était certaine que sa carte de retrait était bel et bien à l’abri chez elle, lorsque les délits ont été commis. Celle-ci étant rangée dans un tiroir à son domicile. La dame a aussitôt sollicité l’assistance de la police en portant plainte au poste d’Abercrombie. Le fils de la victime, âgé de 21 ans, a été arrêté sur le champ. Le jeune homme a immédiatement craché le morceau. Il a avoué avoir effectué des retraits sur le compte de sa mère à 17 reprises. Il aurait fait la fête avec l’argent volé.








Cedric Ramasawmy

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