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Monday, 28 January 2013 12:00

Les enfants diabétiques – Une vie programmée Featured

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Le nombre de diabète chez les enfants et les adolescents ne cesse d’augmenter à Maurice depuis l’an 2006.
On compte, aujourd’hui, plus d’une centaine de diabétiques de Type 1.
Ce type de diabète touche, dans la plupart des cas, des enfants. Dans notre société, cette maladie est toujours taboue et bien souvent mal interprétée. Comment font ces enfants diabétiques pour mener une vie normale malgré les préjugés sur leur maladie ?

La prolifération du diabète à Maurice laisse à réfléchir. Nous sommes parmi les pays les plus affectés par cette maladie. Le diabète de Type 1, qui touche surtout les enfants, est en constante progression. Caractérisé par une production insuffisante d’insuline de la part du pancréas, ce type de diabète requiert un contrôle permanent et des injections fréquentes d’insuline. Le ministère de la Santé ainsi que de nombreuses associations non gouvernementales travaillent de concert afin de faciliter la vie des enfants diabétiques. Le but: les aider à mener une vie normale malgré leur maladie. Cependant, ces derniers se heurtent bien souvent aux idées préconçues.

Un séga contre le diabète
Le Diabetes Parents Support Group (DPSG et plusieurs artistes mauriciens ont réalisé un séga sur le diabète. Le séga s’intitule  « Pas Konsyon Diabète » est regroupe plusieurs artistes locaux tels que Zanzak Arjoon, Gréta Boulaye, Clarel Armel, entre autres. Le but de cette production est de sensibiliser les Mauriciens contre ce fléau qui prend de l’ampleur chez nous. Le tube est disponible sur le site officiel de DPSG.

Une maladie qui fait peur
Le diabète est une maladie qui suscite de la peur, d’où la raison que de nombreux parents se renferment. Selon Rani Balloo, responsable du Diabetes Parents Support Group (DPSG), le tabou sur le diabète perdure toujours dans la société mauricienne.

« De nombreux Mauriciens ignorent les causes et les symptômes réels du diabète. Lors des campagnes de sensibilisation sur le terrain, on a constaté que chez de nombreuses familles, les enfants ont un problème de surpoids mais cela ne semble pas les alerter. Le diabète est un sujet très tabou surtout dans les zones rurales. Par ignorance de la maladie, plusieurs personnes pensent qu’une fois qu’on est diabétique, on se fait amputer d’un membre.

C’est tout à fait faux, car une personne diabétique peut contrôler sa maladie et mener une vie normale. L’ignorance engendre une frayeur inutile de la maladie. Les parents cachent la maladie de leurs enfants de peur que ceux-ci soient  victimes de discrimination à l’école, ou que leurs filles ne soient pas demandées en mariage. L’objectif principal de notre association est de renverser de tels préjugés afin de faciliter l’accès aux soins mais, avant tout, de prévenir la maladie. C’est maintenant le temps d’agir sinon la future génération sera pénalisée », souligne Rani Balloo.

Mener une vie normale malgré la maladie n’est pas une chose facile pour les enfants diabétiques. Ces derniers doivent constamment être sur le qui-vive en dépit de leur âge. D’après Priscilla Rose, responsable de communication à T1 Diams, une association qui prend en charge les enfants qui souffrent du diabète de Type 1, les stéréotypes sont très ancrés dans notre société. « Les enfants diabétiques doivent sou­vent faire face à bon nombre de stéréotypes.  C’est un autre problème qui s’ajoute à leur calvaire. Notre but est alors de les aider à s’épanouir dans la société malgré l’hostilité qui y règne. Certains Mauriciens ne comprennent pas les causes et les symptômes du diabète et n’arrivent pas à faire la différence entre les Types 1 et 2.

Ces personnes ont une fausse perception de la maladie. De nos jours, il n’est pas rare d’avoir quelqu’un qui croit que le diabète est une maladie contagieuse et que les diabétiques sont stériles. Il y a encore un gros travail à faire pour changer la mentalité des gens. De plus, des négociations sont en cours pour mettre en place un programme de prise en charge des enfants diabétiques dans les écoles primaires», souligne Priscilla Rose.

De nombreux cas de diabète de Type 2 chez les jeunes
Le diabète de Type 2 se retrouve généralement chez les individus âgés de 40 ans et plus. Malheureusement, depuis quelques années, on constate que ce type de diabète apparaît chez des personnes de plus en plus jeunes. Le Dr Sulleiman Shimjee, consultant en diabétologie et endocrinologie, fait état des facteurs responsables du diabète de Type 2 chez les jeunes. « Il y a quelques années, nous entendions très rarement parler d’un enfant qui souffrait du diabète de Type 2. Pourtant, de nos jours, de plus en plus d’enfants à travers le monde et à Maurice développent le diabète de Type 2.

L’un des facteurs principaux demeure le surpoids chez les enfants. Ce problème, bien évidemment, est causé par de mauvaises habitudes alimentaires et un manque d’exercice. Il y a un autre facteur qu’il ne faut pas négliger : le facteur stress. Nos enfants grandissent dans un monde où le niveau de stress est très élevé. Ils sont stressés par rapport à leurs études, par exemple, lorsqu’ils doivent passer des examens importants, tels que les examens du CPE. Il faut donc assurer un équilibre dans la vie de l’enfant », explique le Dr Sulleiman Shimjee. 

Selon Rani Balloo, le taux de diabète chez les jeunes grimpera en flèche si les actions nécessaires ne sont pas prises à temps.  « À DPSG, on a effectué un travail de terrain qui nous a permis de cibler plus de 10 000 jeunes. Parmi ces jeunes 18 % sont en surpoids et sont à risque de développer le diabète de type 2 car ils présentent un taux de glycémie supérieur au seuil normal. Un suivi médical est alors important afin de prévenir le diabète », affirme-t-elle.

Jassodah Domur, psychologue clinicienne : « L’enfant peut vivre sa maladie comme une punition »
Selon Jassodah Domur, une psychologue qui travaille depuis quelques années auprès des enfants diabétiques, les conséquences d’une maladie peuvent bouleverser la vie d’un enfant au point de le rendre anxieux et dépressif. « Lorsque l'enfant est confronté à une maladie, le jeune a du mal à comprendre ce qui lui arrive. La maladie est alors vécue comme une énigme cachée à l’intérieur de son corps.

Face à cette inconnue, il peut ressentir de l’anxiété voire développer  des symptômes de dépression. Ces émotions peuvent, par exemple, se traduire par une perte du désir d'aller à l’école. Parfois, en réponse à l’anxiété et à la frustration de voir ses capacités réduites, il arrive que l'enfant ressente de la colère qu'il dirige par la suite contre ses parents, son médecin ou son traitement, à défaut de pouvoir la diriger contre une cause qu'il ne maîtrise pas. Il arrive également qu'il vive sa maladie comme une punition et qu'il ressente une culpabilité à l’idée de faire souffrir sa famille », souligne la psychologue. 

« Les parents jouent un rôle très important dans la prise en charge de l’enfant diabétique. Ces derniers doivent veiller à ne pas faire de différence entre l’enfant malade et les autres. Les parents doivent s’efforcer de donner à l’enfant malade, une information juste et adaptée à sa compréhension de la maladie. Il faut éviter de simplifier et d’être exagérément optimiste. Il faut surtout aider l’enfant à accepter l’impact négatif de la maladie sur sa vie. Il est aussi important de laisser l’enfant s’épanouir et ne pas le surprotéger », explique-t-elle.

Dr Vinit Radhakrishna, diabétologue : « On ne guérit pas le diabète, on le contrôle »
> Quelles sont les causes du diabète de Type 1 ?
Les causes exactes de l'apparition du diabète de Type 1 demeurent inconnues. Dans la majorité des cas, les cellules productrices d’insuline (cellules béta), situées dans le pancréas, sont détruites par le système immunitaire. On ne sait pas ce qui déclenche cette attaque ni pourquoi elle débute. Les chercheurs pensent qu’une prédisposition génétique et certains facteurs liés à l'environnement contribuent au développement du diabète de Type 1.

Le diabète de Type 1 était autrefois connu sous le nom de diabète insulinodépendant ou diabète juvénile. La personne diabétique de Type 1 dépend des injections quotidiennes d’insuline ou d'une pompe à insuline pour assurer sa survie.

> Comment identifier les symptômes de la maladie ?
Dans la plupart des cas, les symptômes du diabète de Type 1 peuvent apparaître progressivement ou subitement : fatigue, somnolence, augmentation du volume des urines, soif intense, faim exagérée, amaigrissement, vision embrouillée, cicatrisation lente, infection des organes génitaux, picotements aux doigts ou aux pieds et changement de caractère.

> Quelle est la prise en charge adéquate du diabète de type 1 afin d’éviter les complications ?
Le diabète ne se guérit pas. Cependant, il peut être contrôlé. Le traitement du diabète de Type 1 comprend un plan d'alimentation personnalisée, de l’activité physique et, dans tous les cas, des injections d'insuline quotidiennes. Une bonne gestion du stress contribue également au contrôle de la maladie. Le type de traitement peut varier d’une personne à l’autre. Les complications surviennent suite à un excès de glucose dans le sang. Les reins, les yeux, le cœur, les vaisseaux sanguins ainsi que le système neurologique peuvent être affectés. Un bon contrôle des glycémies permet de retarder et parfois même de limiter l’apparition des complications.

> Les injections d’insuline ont-elles des effets secondaires sur les enfants ?
Tous les médicaments, insulines ou analogues d'insuline, peuvent entraîner des effets indésirables. Ce sont des hypoglycémies, qui génèrent les contre-effets suivants : transpiration, tremblements, palpitations, anxiété, faim, irritabilité et fatigue. Dans ce cas, il faut de suite se « resucrer » : 3 cuillerées à café de sucre, diluées dans un peu d’eau, une pâte de fruit ou un verre de soda (non light). Si les hypoglycémies sont trop fréquentes, il faut en parler au médecin traitant.

Témoignages
La famille Hoota  – Quand la vie change du jour au lendemain
Plus d’une centaine de familles mauriciennes  sont sur le qui-vive au quotidien à cause du diabète de leurs enfants. Chez les Hoota, la maladie de leur fille Mehrina  leur a permis de renforcer leurs liens. « Au début c’était très difficile pour moi d’accepter la maladie de ma fille. À l’âge de 8 ans, elle était souvent malade. Coliques, fièvres et migraines étaient son calvaire au quotidien. Après plusieurs tests pour découvrir les causes de ces symptômes, on a découvert qu’elle est diabétique car son taux de glycémie était de 24,5. C’était pour moi un choc car en tant que parent, on ne s’attend pas à ce genre de nouvelle sur ses enfants.

Le fait qu’elle souffre du diabète de Type 1, elle devait faire des injections d’insuline tous les jours et s’assurer que son taux de glycémie est sous contrôle. Notre vie avait changé du jour au lendemain. J’ai dû mettre de côté mon chagrin et mes inquiétudes pour soutenir ma fille. On est passé par des moments très douloureux. Ma fille a été dans le coma à plusieurs reprises. Mais malgré le stress au quotidien, on s’efforce de rester positif et d’accepter la maladie de Mehrina. Je peux dire qu’on mène une vie normale », relate Shehnaz Hoota, la mère de Mehrina.

Mehrina Hoota : « Je mène une vie presque normale »
De son côté, la jeune fille aujourd’hui âgée de 15 ans s’efforce à ne pas laisser sa maladie ôter sa joie de vivre. « Même si je suis souvent malade et que je dois faire des injections d’insuline tous les jours, je m’efforce de garder le sourire et mener une vie normale. Au début, j’étais souvent triste car je ne pouvais pas manger ou jouer comme mes amis. Avec le temps, j’ai compris que ma santé était la chose la plus importante à mes yeux. Je garde le contrôle sur mon alimentation. À l’école, je fais du sport et je m’amuse comme les autres. Je ne laisse pas la maladie gâcher ma jeunesse », dit la jeune fille.

Le Défi Quotidien

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