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Wednesday, 06 February 2013 12:00

Journée mondiale sans téléphone portable – Les accros du mobile mis à l’épreuve Featured

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Pour la majorité des personnes, ce serait un sacrilège de ne pas pouvoir utiliser son téléphone portable pendant 24 heures. Pourtant, en ce 6 février, l'on observe la Journée mondiale sans téléphone portable. Seriez-vous prêt à vous en passer ?
Outil de communication par excellence, votre mobile vous permet de rester connecté au reste du monde 24h/24. Ainsi, le téléphone portable est devenu indispensable pour bon nombre de Mauriciens. En effet, vous êtes plus de 90 % de la population, selon le dernier rapport des TIC en 2012, à être abonnés à un service de téléphonie mobile.

Cependant, seriez-vous prêt à oublier votre téléphone le temps d’une journée? Car le 6 février, l'on observe la Journée mondiale sans téléphone mobile et ce, depuis 2001. Cette année, la journée est placée sous le signe de la lutte contre l’adikphonia.

Le téléphone portable occupe une place cruciale dans la société mauricienne. Selon le sociologue Surendr Nowbuth, le mobile a envahi le marché mauricien et est devenu très accessible. « Au début, c’était un luxe. Seule la classe aisée pouvait en acquérir. Le téléphone portable rehaussait le statut de celui qui en possédait et cet appareil était très envié par les autres classes sociales. Vers la fin des années 80, un portable se vendait au minimum à Rs 40 000 », explique notre interlocuteur.

Selon Surendr Nowbuth, la cherté du téléphone mobile n’était qu’une simple stratégie de marketing. Un produit qui est cher attise l’envie de ceux qui ne peuvent s’en procurer. « Dans les années 90, le coût de la production du portable a baissé. Son prix a donc logiquement baissé. Depuis, il a envahi le marché mauricien. À Maurice, tous ceux en âge de se servir d'un portable en possèdent un. C’est devenu un outil de communication indispensable. Aujourd’hui, avec l’arrivée des Smartphones, les utilisateurs arrivent à envoyer des documents, à surfer sur internet et à faire du Social Networking », ajoute Surendr Nowbuth.

Pour notre sociologue, bien que le téléphone portable ait aidé à l’évolution de la communication à Maurice, il présente également des inconvénients. « Certaines personnes sont devenues accros au portable. Elles souffrent d'un manque si elles n'ont pas leur mobile à portée de main. Mais la société pâtit aussi de l’ampleur que prennent les mobiles, notamment les Smartphones », soutient ce dernier. Il explique qu’il y a un retrait de l’individu des activités de la communauté. Il n’y aurait plus d’interaction entre les membres de la société car les Smartphones représentent un loisir qui ne demande pas d’interaction avec les autres.

Surendr Nowbuth insiste sur le fait que les portables ont changé le comportement humain au sein de la société. « Ce changement de comportement apportera une transformation de la culture mauricienne avec le temps. Il faut se demander pourquoi on opère une Journée mondiale sans téléphone portable tout comme la Journée sans tabac ou sans alcool. Je pense que c’est justement à cause de ces impacts négatifs sur la société. Les liens entre les individus d’une même communauté ou sinon d’une même famille se sont considérablement affaiblis. Les téléphones portables ont créé une nouvelle forme de société qui est la Cyber Community », termine Surendr Nowbuth.

Abhisheik Dowlattea, expert en informatique
Selon Abhisheik Dowlattea, expert en informatique, le téléphone portable comporte des avantages comme des inconvénients. « Le principal avantage du mobile est qu’il permet à son utilisateur d’être accessible en permanence. Pas besoin d’être abonné aux infrastructures de téléphone traditionnelles pour pouvoir communiquer. Du côté des désavantages, c’est une autre paire de manches. Il s’avère que les batteries des portables contiennent des polluants qui affectent la santé et la nature. De plus, les émissions de CO2 causées par la production de milliards de portables qui circulent à travers le monde sont estimées à 40 millions de tonnes, ce qui est très dangereux pour l’environnement ainsi que pour l'homme », explique ce dernier.

Ce qu’ont révélé des études
C’est à l’université de Clermont-Ferrand, en France, que des chercheurs se sont intéressés aux ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables. Ces derniers ont fait émettre ces ondes électromagnétiques sur des plants de tomates. Et le résultat s’est révélé très inquiétant. Au bout de dix minutes seulement, les tomates se sont mises à produire des molécules de stress.

Selon Gérard Ledoigt, responsable de l’Équipe de recherche sur les tumeurs et l’autosurveillance cellulaire (Ertac) et qui a chapeauté cette étude, les plants se sont défendus comme s'ils avaient été blessés ou abîmés par du gel ou par une forte canicule. Il faut savoir que les cellules végétales et humaines sont proches.

De plus, en septembre 2007, une enquête d’Interphone menée dans 13 pays, révélait que les accros du téléphone portable ont un risque deux fois plus élevé de développer un cancer du cerveau.

Stéphanie Ramanjooloo, 39 ans et habitant Rose-Hill : « Nous pouvons appeler notre fille pour savoir ce qu’elle fait »
Offrir un portable à son enfant est devenu chose courante de nos jours et ce n’est pas Stéphanie Ramanjooloo qui nous dira le contraire. C’est à l’occasion de Noël, en 2010, qu’elle a offert un portable à sa fille alors âgée de huit ans. « Elle a demandé à avoir un portable et nous avons accepté. Si d'un côté, c'est un cadeau, de l’autre c’est utile et pratique », dit-elle.  Stéphanie Ramanjooloo explique qu’elle peut joindre sa fille à n’importe quel moment grâce à ce portable. « Je peux facilement communiquer avec elle surtout quand elle se rend aux leçons particu­lières. Si nous sommes de sortie, nous pouvons l’appeler pour savoir ce qu’elle fait », dit-elle.

Pour cela, Stéphanie Ramanjooloo a préféré acheter pour sa fille un portable assez basique, avec peu de fonctionnalités. « Nous lui avons donné un téléphone portable sur lequel nous n’avons pas activé l’accès à internet. Elle utilise toujours son portable sous notre surveillance », termine Stéphanie Ramanjooloo.

Qui est derrière cette Journée ?
C’est en 2001 que l’écrivain français, Phil Marso, a lancé la première Journée sans téléphone portable. Ce rendez-vous annuel propose trois jours consécutifs de réflexion sur le téléphone portable, soit les 6, 7 et 8 février.

L’écrivain Phil Marso a toujours mené campagne contre les méfaits de cet outil de communication qui aurait changé le comportement humain depuis son apparition. Il publie en 1999 un livre intitulé « Tueur de portable sans mobile apparent ». Ce livre met en scène le crime du portable. Dix ans plus tard, il publie un ouvrage qui a pour titre « Braquage de neurones ! Tu meurs ! ». Ce livre a pour but de sensibiliser les adolescents sur les dangers du téléphone mobile.

Le langage SMS inspire aussi Phil Marso, qui sort en 2004, le premier livre en SMS qui s’intitule « Pa sage a taba vo SMS ».

Elle préfère ne pas en avoir
Premda Buthun, 35 ans, est une jeune femme pas comme les autres. Alors que toutes les femmes de son âge possèdent un mobile, elle préfère ne pas en avoir. « Je n’aime pas les portables. Cela n’attire que des problèmes. Je n’en ai jamais eu et je n’en aurai jamais », dit-elle sans hésitation.

Cette mère de cinq enfants a quand même décidé, d’un commun accord avec son époux, de donner un portable aux deux aînés de ses enfants. « Ils sont en Forms IV et V et ont besoin d'un téléphone portable pour nous contacter en cas de problème. Vu que je n’ai pas de téléphone, ils appellent leur père ou ma tante qui habite à côté de chez nous », avance-t-elle.

Karuna Rajiah, psychologue : « Il est vrai qu’une personne se sentira plus en sécurité si elle possède un portable »
> Comment expliquer qu'une personne devient adikphonia (accro à son téléphone portable) ?
L'adikphonia est une maladie mais toutes les personnes accros ne sont pas concernées. L’adikphonia est une maladie addictive. Les personnes qui en souffrent vivent accrochées à leur téléphone 24h/24 de peur d’être coupées du monde. Mais certaines personnes ont leur portable sur elles toute la journée sans pour autant être adikphonia. Il y a celles qui l’utilisent pour rester en contact avec leurs proches, d’autres pour jouer et celles qui le gardent sur elles en permanence pour ne pas le perdre.

Dans d’autres circonstances en revanche, être pendu à son portable peut devenir inquiétant. Rester en contact permanent avec la technologie peut engendrer des troubles obsessionnels du comportement.

Être accro à son téléphone portable peut aussi créer des problèmes de sociabilité. Ainsi, la personne donnera plus d’importance à son mobile, qui est dans sa poche, plutôt qu’aux gens qui l'entourent. Être trop accroché à son téléphone peut aussi diminuer la concentration au travail et à l’école. Toutefois, l'adikphonia peut se guérir grâce à des thérapies et à la volonté de la personne.

> Y a-t-il vraiment ce sentiment de sécurité quand on a un téléphone portable sur soi ?
Il est vrai qu’une personne se sentira plus en sécurité si elle possède un portable. Elle sait qu’elle peut appeler ses proches en cas de problème pour qu’ils lui viennent en aide.

> Est-il conseillé de donner un portable à un enfant ?
Oui et non. Oui parce que les enfants qui font des activités en dehors de la maison peuvent joindre leurs parents à tout moment en cas de besoin. Les parents sont aussi tenus au courant de tous les déplacements de leurs enfants. D’un autre côté, on ne peut pas donner n’importe quel portable à un enfant et là je parle des Smartphones. Une fois qu’un enfant a accès à d’internet sans que ses parents ne soient là pour le surveiller, il peut facilement aller sur des sites qui ne correspondent pas à son âge.

Témoignage
Manveer Aubeeluck, 30 ans et habitant St-Pierre : « Je ne peux vivre sans mon téléphone portable »
Il est de ceux qui ne peuvent vivre sans téléphone portable, à tel point qu’il refuse catégoriquement d’observer la Journée mondiale sans mobile ce 6 février. « C’est impossible pour moi. Je ne peux vivre sans mon téléphone portable », dit-il d’emblée.

Cela fait plus de 10 ans que Manveer a goûté au plaisir du mobile et, depuis, il ne peut plus s’en passer. « En 1997, je me suis acheté mon premier téléphone. A l'époque, c'était un gros appareil avec une longue antenne pour capter le réseau. Je pouvais seulement faire des appels et envoyer des SMS. Je l’avais acheté pour frimer à l’époque car je n’en avais pas vraiment besoin. Aujourd’hui, j’ai un téléphone dernier cri que l’on appelle Smartphone, qui me permet de faire beaucoup plus de choses », dit-il.

Par beaucoup plus de choses, Manveer parle de l'accès à internet à n’importe quel moment. « Je peux me connecter à tout moment de la journée. Cela me permet d’être au courant des dernières nouvelles en ce qui concerne Maurice et le reste du monde. En plus, sur mon portable, j’ai un système GPS. Pas plus tard que la semaine dernière, je voulais me rendre à la plage de St-Félix mais je ne connaissais pas la route. J’ai donc activé mon GPS qui m’a donné l’itinéraire exact et cela a été tellement facile », soutient Manveer Aubeeluck.

Quand le mobile n’existait pas encore
Poonith Chumun, 65 ans, se souvient encore de l’époque où le téléphone portable n’existait pas. « Si on avait un message à transmettre et si c'était urgent, on prenait un taxi pour aller voir la personne en question. C’était ainsi que l'on procédait quand il fallait annoncer le décès d’un proche. On prenait un taxi pour se rendre chez tous les membres de la famille qui habitaient loin. Le téléphone traditionnel est arrivé il y a une trentaine d’années et seuls les médecins ou avocats en possédaient », raconte avec nostalgie Poonith Chumun.

Le plus gros inconvénient était, selon Poonith Chumun, les jours de cyclone. « Avant, les cyclones étaient intenses et ils détruisaient tout sur leur passage. On n’avait aucune nouvelle de nos familles. Seule la radio nous fournissait des informations. Ce qui nous permettait de savoir si les endroits où vivaient les membres de nos familles avaient été sévèrement touchés », dit-il.

De nos jours, le téléphone portable permet aux amoureux de rester en contact. Comment faisaient ceux de la génération de Poonith Chumun ? « Le garçon se déplaçait toujours pour pouvoir converser avec sa fiancée. Si elle habitait loin, il restait chez elle toute la semaine. Et son père, qui lui était sans nouvelles de son fils après plusieurs jours, prenait le bus et allait le chercher chez sa fiancée. » Une anecdote qui fait encore rire Poonith Chumun.






Melanie Duval

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