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Wednesday, 20 February 2013 12:00

Intoxication alimentaire – Quand l’hygiène laisse à désirer Featured

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Après les récents cas d'intoxication, les précautions sont de mise. Cependant, certains commerçants font toujours fi des règlements. État des lieux.
Le dernier cas d’intoxication alimentaire, enregistré à Bambous A Government School,  a fait couler beaucoup d’encre. 111 écoliers ont été malades après avoir mangé du riz, des œufs et des légumes fournis par un traiteur de la région. La question a refait surface : faut-il faire confiance aux restaurants ? Malgré les nombreuses campagnes de prévention, les Mauriciens sont toujours aussi friands de fast-foods... au risque d’être contaminés.

Dans la capitale. Il est 13 heures et la gare Victoria, Port-Louis, fourmille de monde. Les nombreux restaurateurs ambulants qui s’y trouvent sont à pied d’œuvre. Près des étals, c’est la foule. Malgré les nombreux cas d’intoxication alimentaire, il semblerait que les Mauriciens n’en ont cure et préfèrent calmer leur petit creux en consommant des fast-foods.

C'est l’horreur dans « l’arrière-cuisine » de certains restaurateurs. La première chose qui attire l'attention c’est qu’aucun de ces marchands ne porte de gants ni de protection pour les cheveux. Pourtant, la Food Act de 1998 est très claire à ce sujet (NDLR : voir détails en hors-texte). Malgré la chaleur, aucune disposition n’a été prise pour préserver les aliments. Les sauces et les rougailles sont exposées au soleil et à la poussière que soulèvent constamment les autobus.

Claude Ramdoss, 71 ans, est venu acheter ses légumes au marché de Port-Louis. Même si c’est l’heure du déjeuner, Claude préfère de loin sa bouteille d’eau glacée. « Je ne mange presque jamais ces aliments vendus sur les trottoirs. Si j’ai vraiment faim, je peux me permettre un ‘dholl puri’ mais c’est rare. On ne sait pas comment ces aliments sont préparés et avec quels ingrédients. Pour tout vous dire, je n’ai jamais mangé de kebab », avance notre interlocuteur.

L’eau des toilettes
De l’autre côté de la gare Victoria, les choses ne sont pas mieux. En face des toilettes publiques, très connues pour le manque d’hygiène, une dizaine de marchands n’ont pas hésité à étaler de la nourriture destinée à la vente. Sous nos yeux ébahis, un marchand de fruits confits entre dans les toilettes pour récupérer de l’eau qu’il utilisera pour laver ses fruits et préparer sa salade.

Fi Madhoo, 44 ans, une habitante Grand-Gaube, se dit dégoûtée par les aliments vendus chez les marchands ambulants. « J’achète rarement de la nourriture en chemin. Je préfère cuisiner moi-même. S'il m’arrive d'acheter à manger dans la rue, je prends soin de bien choisir où.

Avec tous ces cas d’intoxication alimentaire, on ne peut pas prendre le risque de manger tout et n’importe quoi. On ne sait pas dans quelles conditions les repas ont été préparés », avance la quadragénaire. Sa collègue, Lovenah Ougur, 27 ans, abonde dans le même sens. « Les médecins ne cessent de nous mettre en garde contre le cholestérol, le diabète et l’hypertension. Ce sont ces aliments que nous achetons dans la rue qui provoque ces maladies. Nous devons être prudents », dit-elle.

À Curepipe, nous constatons que les règlements de la Food Act ne sont pas respectés à la lettre. Des marchands se sont installés tout autour du marché de cette ville. Les mouches envahissent les vitrines. Et il ne faut pas oublier les rats de la Ville-Lumière qui dansent à côté des fourneaux des marchands. Après les heures de classe, les collégiens se ruent vers ces marchands sans se poser de question sur la qualité des produits qu’ils achètent.

Dans l’Est de l’île, à Flacq, c’est même constat. Les marchands ambulants qui se sont amassés à la place de taxis ne semblent pas s’inquiéter des normes d’hygiène. C’est avec la même cuillère qu’un  des marchands sert ses différentes sauces, végétarienne et non-végétarienne.

Oliver Saminaden, 24 ans, un habitant de ce village, se montre très critique envers les marchands ambulants de la région. « Ils n’ont pas l’allure de restaurateurs dignes de ce nom. Ils ne portent pas de gants et servent la nourriture et manipulent l’argent. Leurs récipients sont sales. Toutefois, je ne peux pas généraliser. Il y a des marchands qui font preuve de beaucoup d’hygiène. Auparavant, je mangeais chez les restaurateurs de rue mais depuis que j’ai été intoxiqué l’an dernier, je préfère de loin ce qui est préparé chez moi », avance le jeune homme.

Dr Riyaz Ameerudden, médecin généraliste: « Des nausées et des douleurs abdominales »
Selon le Dr Riyaz Ameerudden, médecin généraliste à l’hôpital Apollo Bramwell, une intoxication alimentaire est généralement caractérisée par une injection bactérienne. Les symptômes de telles infections sont souvent retardés car les bactéries ont besoin de temps pour se multiplier. « En général on ne les observe pas avant 12 à 36 heures après la prise du repas contaminé. La médecine a identifié plusieurs bactéries qui causent des intoxications alimentaires telles que la salmonelle, Escherichia coli, Clostridium, Campylobacter et le Staphylocoque doré, entre autres », souligne-t-il.

Comment reconnaît-on les symptômes d’une intoxication alimentaire ? D’après le médecin généraliste, une personne victime d’une intoxication alimentaire présente les symptômes suivants : des nausées, des douleurs abdominales, des vomisse­ments, de la diarrhée, de la fièvre ou une gastro-entérite.

« Le patient peut également avoir des maux de tête ou se sentir très fatigué. Bien que le malade doive passer par une période d’indisposition, dans la plupart des cas, les symptômes s’estomperont le lendemain et disparaîtront sans laisser de séquelles », explique le Dr Riyaz Ameerudden. Toutefois, notre interlocuteur précise, qu’ « il peut y avoir des complications, par exemple chez les bébés, les femmes enceintes et les personnes âgées ou malades, ou ceux ayant un déficit du système immunitaire. Dans les cas de complications très graves, une hospitalisation peut s’avérer nécessaire pour soigner l’intoxication alimentaire », dit-il.

Samantha, habitante de Curepipe, ex-caissière : « On éteignait les frigos le soir »
Samantha a travaillé comme caissière dans un supermarché des Plaines-Wilhems pendant trois ans. La Curepipienne se dit consternée par une pratique de ses anciens employeurs. Ces derniers vont à l’encontre des règlements sur la conservation des aliments frigorifiés stipulés dans la Food Act. « Au supermarché où je travaillais, on éteignait les réfrigérateurs à la fermeture.

Ces réfrigérateurs stockent de la viande, des fruits de mer, entre autres. Le matin lorsque nous arrivions à 8 heures nous devions rallumer les frigos et les clients n’avaient pas le droit d’entrer tant que les réfrigérateurs n’avaient pas atteint la température recommandée, soit une trentaine de minutes plus tard. Les produits sont ensuite recongelés pour que les clients ne voient rien de suspect. Dans ce supermarché, essuyer de l’eau qui provenait des réfrigérateurs éteints était la routine du matin »,  raconte cette dernière.

Satish Beharee, Public Health & Food Safety Officer : « Les consommateurs sont nos principaux partenaires »
>  Quelles sont les dispositions de la Food Act en rapport avec la température à laquelle les aliments doivent être conservés ?
Concernant la conservation des aliments, la Food Act stipule plusieurs réglementations par rapport à la température à laquelle les aliments surgelés ou réfrigérés doivent être maintenus. La loi prévoit de conserver les aliments réfrigérés entre 1OC et 8OC. La température des aliments surgelés, quant à elle, doit être inférieure à -18 ° C.  L'article 69 de la Food Act interdit la vente des aliments totalement ou partiellement décongelés  ainsi que les aliments recongelés.

Par ailleurs, selon les sections 70 et 71, les revendeurs ne sont pas autorisés à éteindre leur réfrigérateur si celui-ci contient des aliments congelés ou réfrigérés. En cas de coupure d’électricité pendant une période de plus de 12 heures, le revendeur n’est pas autorisé à vendre les aliments.
En ce qui concerne les aliments qui doivent être conservés au chaud, la Food Act recommande que la température ne soit pas au-dessus de 63 degrés centigrades. Il est aussi recommandé de veiller à la cuisson et le réchauffage des aliments. Toutes les parties de l’aliment doivent être à une température supérieure à 63 ° C.

> Quelles sont les procédures d'enquête en cas d'intoxication alimentaire ?
En cas d'intoxication alimentaire, les officiers du ministère de la Santé ainsi que les inspecteurs sanitaires mènent une enquête épidémiologique afin de retracer la source du problème. Selon la procédure, les victimes d’intoxication alimentaire sont interrogées, suite à quoi les officiers font une liste des aliments ou boissons consommés. La période d’incubation des microbes et la détection des premiers symptômes sont aussi considérées.

Les enquêtes épidémiologiques aideront à identifier les responsables de l’intoxication. Des échantillons de l'aliment incriminé sont également envoyés pour des fins d’analyses bactériologiques et chimiques.

> Quelle est, selon vous, la responsabilité des consommateurs ?
Les consommateurs sont nos principaux partenaires dans la lutte pour la sécurité alimentaire. Ils détiennent le pouvoir d’achat et  le libre choix sur leurs aliments. Les consommateurs peuvent dissuader les marchands qui vont à l’encontre des codes d’hygiène et sanitaire. En addition, les associations des consommateurs ont la responsabilité de travailler de concert avec les autorités pour faire valoir les droits des consommateurs et permettre à ces derniers de faire le bon choix.

> Par rapport au cas d'intoxication alimentaire chez les élèves de Bambous A Govt School, quelles sont les mesures entreprises pour que cette situation ne se reproduise pas ?
Les autorités ont renforcé les mesures pour empêcher une telle situation de resurgir. Les traiteurs ont été sujets à de rigoureuses inspections sanitaires. Les contrevenants se sont vus retirer leurs contrats de fourniture de repas chauds aux écoles ZEP. Des échantillons d’aliments ont été envoyés aux laboratoires à des fins d’analyses bactériologiques. Les traiteurs ont été avertis concernant le respect des normes sanitaires du ministère de la Santé ainsi que la mise en pratique des concepts de HACCP (Hazard Analysis Critical Control Points). Les autorités vont tenir des inspections régulières chez les traiteurs et aussi s’assurer que ces derniers bénéficient des séances de formation sur la sécurité alimentaire.

Ce que dit la Food Act sur l’hygiène personnelle
Toute personne engagée dans la vente, la préparation, la fabrication, le service, l’emballage, la cuisson, le transport ou la livraison de tout aliment destiné à la vente pour la consommation devra :
(a) garder et maintenir ses vêtements, ses mains, ses cheveux, ses ongles et son corps propres ;
(b) porter un bleu de travail propre et lavable pour empêcher la nourriture d’être en contact avec une partie quelconque de ses autres vêtements;
(c) porter un protège-cheveux propre dans le but d’empêcher efficacement ses cheveux d’entrer en contact avec les aliments ou toute surface qui sera en contact avec la nourriture ;
(d) ne pas porter de parfum avec une forte odeur ou de l’après-rasage de façon excessive, des boucles d’oreilles ou des bijoux avec des pierres, de montre, de vernis à ongles et de bagues ;
(e) ne pas utiliser de chiffon sale ;
(f) ne pas manger, fumer, mâcher du tabac ou cracher ; et
(g) maintenir une hygiène personnelle de haut niveau.





Last modified on Thursday, 21 February 2013 11:25
Melanie Duval

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