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Thursday, 22 November 2012 12:00

Une journaliste française victime du système policier et judiciaire

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Père d’une journaliste française actuelle­ment retenue à Mau­rice dans le cadre d’une affaire judiciaire inique, je tiens à dénoncer ce nouveau cas d’abus et de dysfonctionnement du système policier et du système judiciaire de Maurice dont sont, ou ont été, également victimes plusieurs ressortissants français dernièrement.
Le comportement de la police et le fonctionnement du système judiciaire font la une de l'actualité dans la presse mauricienne et internationale, notamment irlandaise, depuis un certain temps déjà. Les médias ont récemment évoqué la situation dramatique de jeunes Françaises incarcérées à Maurice depuis de longs mois, en attente de jugement ou seulement en attente d’une décision de poursuites.

Par ailleurs, des actes de violences policières, que l'avocat Jean-Claude Bibi avait déjà dénoncés à plusieurs re­prises, ont été au centre des débats dans la récente « affaire Harte ».
Les journaux mauriciens se font aussi l’écho régulièrement de nombreux exemples d’entrave à la liberté de la presse.

Pour confirmer le comporte­ment de la police et les lenteurs de la procédure judiciaire mauricienne,  notamment à l'encontre des ressortissants français, je souhaite vous informer de la situation de ma fille, Catherine Boudet, qui, assignée à résidence dans l’île, est en attente d'un procès depuis plus de 20 mois maintenant, pour le simple motif d'accu­sation : « déclarations fausses et mensongères » (« false and malicious denunciation in wri­ting »), pour lequel elle risque un an de prison.

Ma fille, Catherine Boudet, est Docteur en Sciences Po de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Bordeaux. Elle est spécialiste de l’île Maurice et contribue régulièrement dans des revues scientifiques internationales concernant son champ de recherche, la démocratie mauricienne (entre autres la Revue Internationale des Migrations Interna­tionales ou encore le Canadian Journal of African Studies). Depuis 2009, elle travaillait à l’île Maurice en tant que journaliste-analyste.
En avril 2011, elle a été arrêtée par la police mauricienne dans le cadre de ses fonctions dans les bureaux mêmes de sa rédaction, puis emprisonnée avant comparution devant un juge le lendemain, sous une accusation provisoire de « false and malicious denunciation in writing ».

Depuis le 20 avril 2011, date de son arrestation et de son incarcération temporaire, elle subit un véritable harcèle­ment psychologique. La procédure judiciaire voit s’accumuler les violations des droits fondamentaux (pourtant garantis par la Constitution mauricienne), ce qui soulève bien des questions. Ainsi :

1 - Le délit reproché (« false and malicious denunciation in writing ») justifiait-il une arrestation par plusieurs poli­ciers dans les bureaux de sa rédaction suivie d’une incarcé­ration ?
 
2 - Pourquoi une arrestation (20 avril 2011) et une inculpation malgré les preuves présentées, que la police a refusé de prendre en considération ? Un conseiller du Premier ministre a lui-même confirmé, dans une déclaration officielle à la presse mauricienne (article du Défi du 04 mai 2011, « Le bureau du PM confirme que des faux ont été utilisés », les dires de ma fille concernant l’escroquerie qu’elle avait dénoncée et qui lui a valu cette arrestation.

3 - Pourquoi le Parquet mau­ricien a-t-il attendu juin 2012 (soit 14 mois après l’arrestation) pour transformer le motif d’accusation provisoire en charge formelle ? Les représen­tants du Parquet et de la police se permettant même de ne pas être présents à une audience (25 avril 2012) programmée par la juge. La règle du délai raison­nable de l’instruction, inscrite dans le droit mauricien, se trouve foulée aux pieds.

4 – Pourquoi cette charge formelle a-t-elle été modi­fiée pour orienter différemment la poursuite et cela le jour même où devait s’ouvrir le procès (29 juin 2012) ?

5 – Pourquoi aux trois dates successives auxquelles devait s’ouvrir le procès (29 juin 2012 – 10 septembre 2012 – 14 novembre 2012), les témoins de l’accusation n’ont-ils pas été convoqués ?
Mercredi 14 novembre 2012, le procès a une nouvelle fois été reporté, cette fois-ci au 17 décem­bre 2012. Combien de fois encore lui faudra-t-il subir de nouveaux reports avec les conséquences que cela implique ?

Depuis 20 mois, ma fille se trouve privée de toute possi­bilité de ressource, sa carte de presse ainsi que son titre de séjour et son passeport lui ayant été retirés par les autorités. La confiscation de passeport sur une longue durée est, rappe­lons-le, une atteinte aux droits de l'homme, ainsi que le spécifie un arrêt de la Cour européenne de justice.

Ma fille, à qui vient d’être décerné un prix de poésie en France (le Grand Prix de poésie Joseph Delteil), est placée dans l’impossibilité de se rendre à la cérémonie de remise de son prix, le samedi 8 décembre prochain à Montpellier, du fait de cette situation.

Les violations des droits fondamentaux du justiciable sont toujours choquantes et inadmissibles, et prennent une signification particulière lorsqu’elles s’exercent à l’encontre d’un journaliste qui, de ce fait se voit privée de la possibilité d’exercer son activité, comme c’est le cas pour Catherine Boudet.
J’ai par ailleurs adressé des courriers officiels au Quai d’Orsay afin de tenir informé le ministre des Affaires étrangères de cette situation.

Serge Boudet
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 Catherine Boudet : http://catherineboudet.weebly.com




Le Défi Quotidien

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