Elle est désespérée. C’est pourquoi elle a lancé un appel à l’aide sur les ondes. Virojinee Ghurburrun, habitant de Baie-du-Tombeau, n’a plus de nouvelles de son époux, Rajeshwar Ghurburrun. Cela fait 15 ans qu’elle attend son retour ou d’avoir la confirmation de son décès.
La famille vit dans l’incertitude et dans l’angoisse de cette situation inconfortable depuis des années. « C’est un choc terrible. Nous essayons de comprendre ce qui a pu se passer. Nous passons notre temps à ressasser toutes sortes d’hypothèses : accident, suicide, mauvaise rencontre. Pire : je ne sais toujours pas si mon époux est mort ou s’il est encore vivant», nous confie Virojinee. Elle a fondé tous ses espoirs dans les recherches et le travail des autorités concernées. Avec le temps qui a passé, cette espérance s’est muée en désespoir.
C’est le 4 avril 1998 que Rajeshwar Ghurburrun s’est évanoui dans la nature. Depuis, ces proches n’ont cessé de multiplier les recherches. Cet employé d’une usine de plastique de Terre-Rouge ne présentait aucun trouble psychique. Un mois après sa disparition, le 22 mai, Virojinee a consigné une déposition au poste de police de la localité.
A l’époque, Virojinee, désarmée, ne connaissait pas les procédures ni les démarches à entreprendre. Sa vie est restée suspendue au moindre coup de téléphone. Chaque fois qu’une voiture ralentissait devant sa demeure, elle s’attendait à voir réapparaître son époux. Toutefois, avec deux enfants à charge, elle ne pouvait rester les bras croisés. La mère
devait trouver les moyens de subvenir aux besoins de sa famille. Un proche suggère à Virojinee de formuler une demande auprès de la Sécurité sociale pour bénéficier d’une allocation sociale.
C’est un premier choc. Comment prétendre aux bénéfices d’une veuve alors qu’elle porte encore son alliance (mangalsutra) au cou ? « On m’a recommandé d’enlever le signe de mon alliance pour pouvoir percevoir une aide sociale. J’ai dû vivre comme une veuve, ne sachant pas si mon mari était mort ou pas. Le cœur brisé, j’ai dû m’y résoudre pour le bien de mes enfants. »
Les années passent, les enfants grandissaient. Et la prestation sociale ne suffit plus pour subvenir aux besoins de la famille. Virojinee prend de l’emploi comme bonne à tout faire. Un beau jour, elle apprend qu’après sept ans (conformément à l’article 122 et suivant du Code civil) elle peut réclamer une déclaration de disparition de son époux. Mais est-il vraiment mort?
Virojinee entame des démarches auprès de l’état civil pour bénéficier d’un acte de décès en vue de percevoir une pension veuve. La quinquagénaire doit jurer un affidavit en Cour suprême le 6 juillet 2005. Le 5 décembre de la même année, un ordre constatant la présomption d’absence de Rajeshwar a été émis par cette instance judiciaire.
Le 29 octobre 2011, Virojinee adresse une lettre au bureau de l’Attorney General pour faire part de cette disparition et réclamer la poursuite des procédures, mais en vain. Depuis, elle attend toujours que l’état civil émette un acte déclarant le décès de son époux pour qu’elle soit enfin autorisée à toucher une pension de veuve.
Car, au bout de toutes ces années, Virojinee a abandonné tout espoir de revoir en vie Rajeshwar. La lassitude a pris le dessus. « Au début, c’est une situation déchirante, mais nous avons appris à vivre sans lui, avec toutes ces questions, ces hypothèses angoissantes qui nous empêchent de mener une vie normale. » Les membres de cette famille de Baie-du-Tombeau doivent apprendre à faire le deuil de Rajeshwar. Sauront-ils un jour si le disparu est mort ou encore vivant quelque part.
24 May 2013

Friday, 22 February 2013 12:24
Il a disparu depuis 15 ans - Sa femme ne peut toucher sa pension de veuve Featured
Cela reste un vrai mystère. Depuis quinze ans, Rajeshwar Ghurburrun a disparu sans laisser de trace. Inlassablement, son épouse tente de comprendre ce qui a pu lui arriver. En l’absence d’un acte de décès, elle ne peut toucher sa pension pour veuve.
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Emma Chelumbrum
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