Délit en col blanc : des approches plus stratégiques

Par Rudolph Veerapatren O commentaire
CCID

Le couperet est tombé pour deux membres de la famille Karamuth, Osman et Hahad ainsi que pour Nohman Heathy. Ils ne pourront disposer de leurs biens à la suite d’une fraude de Rs 50 millions au préjudice de la Barclays Bank. C’est le juge David Chan Kan Cheong qui a tranché et a émis un ordre de gel interlocutoire le 1er septembre. Ce délit considéré comme un crime en col blanc est un problème très répandu à Maurice.

Les exemples classiques des crimes en col blanc : fraude dans le secteur commercial, le secteur bancaire, l’assurance, la pension, les cartes de crédit, la possession illégale d’argent, le détournement, l’évasion fiscale, les faux billets, l’infraction aux droits d’auteur, l’extorsion, le faux en écriture, la corruption, les cybercrimes et les escroqueries qui affectent l’économie de l’État.

L’inspecteur Navindranath Baramdoyal, Forensic Document Examiner au Central Criminal Invesgitation Department (CCID) affirme qu’il importe de reconnaître les délits en col blanc qui affectent de nombreuses personnes. « Un simple vol commis dans la rue fait une ou deux victimes. Par contre, les délits en col blanc sont si traumatisants qu’ils peuvent affecter psychologiquement des personnes pendant des mois », dit-il.

De nos jours, ajoute notre interlocuteur, les crimes en col blanc diffèrent des délits commis dans la rue. « Autrefois, les auteurs de crimes en col blanc opéraient d’une certaine manière. Aujourd’hui, leurs techniques sont plus sophistiquées : ils utilisent une approche plus stratégique et agissent méticuleusement », indique l’inspecteur Baramdoyal. Il ajoute que le comportement des auteurs des crimes en col blanc est motivé par la voracité, plus que par la satisfaction de leurs besoins.

Au CCID, indiquent les enquêteurs, avec les avancées technologiques, les crimes en col blanc prennent une tout autre dimension. Avec l’utilisation de l’Internet, les cybercrimes sont devenus une menace sérieuse qui affecte l’intérêt général. Malgré des précautions (coûteuses), les cybercriminels parviennent à pénétrer le système des données bancaires et chapardent des millions de roupies aux institutions financières.


Délits en hausse

Aux Casernes centrales, le nombre de délits enregistrés ne cesse d’augmenter. Les données indiquent que les plaintes sont en hausse de 2012 à 2015. En 2012, le nombre d’offenses était de 14 323, contre 15 094 plaintes en 2013. Pour 2014, leur nombre était de 14 765, et en 2015, il s’élevait à 17 737. En 2015, le quartier général de la police a enregistré 663 cas de détournement, 354 cas d’escroquerie et 371 cas de chèques sans provision. Les policiers notent aussi 120 cas de faux en écriture. Concernant l’usage de faux documents, 27 dépositions ont été enregistrées.