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Sunday, 27 November 2011 12:02

Il a passé sept jours au « High Security Ward » de l’hôpital Brown-Séquard – L’avoué Kaviraj Bokhoree : « Je ne suis pas fou » Featured

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Brillant, l’avoué Kaviraj Bokhoree a tout pour devenir une référence du barreau mauricien. Sauf que ce jeune homme de 32 ans a, jusqu’ici, davantage occupé la rubrique « faits divers ». À tel point que, la semaine dernière, il a été interné à l’hôpital psychiatrique Brown-Séquard. Mais, l’homme de loi insiste sur le fait qu’il n’est pas fou.
Pour rencontrer Kaviraj Bokhoree, ce n’est pas dans une cour de justice que nous nous sommes rendus, le samedi 19 novembre, mais plutôt à l’hôpital psychiatrique Brown-Séquard, dans le High Security Ward. Ses malheurs ont commencé dans la soirée du lundi 14 au mardi 15 novembre, à la suite d’une plainte consignée contre lui au poste de police de Montagne-Longue.

Cette nuit-là, l’homme de loi a été arrêté par la police. Il est accusé d’avoir fait du grabuge à deux endroits durant la soirée. Kaviraj Bokhoree s’est d’abord rendu chez sa belle-famille, à D’Epinay. Là, il aurait endommagé plusieurs panneaux vitrés. La police a dû être mandée sur les lieux. Les policiers ont tenté de le calmer. L’avoué a ensuite mis le cap sur Camp-Fouquereaux où habite son frère. Et là, rebelote ! Il se serait, une nouvelle fois, attaqué à des panneaux vitrés, causant un vacarme pas possible.

Une fois de plus, la police a été alertée. Les policiers ont encore tenté de le ramener à la raison. En vain ! D’ailleurs, ils ont eu beaucoup de mal à s’approcher de l’homme de loi. Ce dernier était incontrôlable. « Si zot rentré, zot pu mort. Cadavres ki pu sorti », aurait hurlé Kaviraj Bokhoree à plusieurs reprises, avant de se mettre à saccager les meubles de la maison. Il était alors 7 heures. Quand les policiers ont finalement pu le maîtriser, ils se sont aperçus que l’avoué présentait des signes de troubles psychiatriques.

L’homme de loi a donc été interné à l’hôpital psychiatrique Brown-Séquard. Mais, quelques heures plus tard, Kaviraj Bokhoree prenait la poudre d’escampette. Sa fuite l’a mené à Port-Louis, où il a été repris par la police. Il est donc retourné à l’hôpital psychiatrique, cette fois-ci dans le quartier de haute sécurité. C’est là que Le Dimanche/L’Hebdo l’a rencontré le samedi 19 novembre. Cet ancien lauréat affirme qu’il ne souffre pas de démence.

« Je ne suis pas fou ! Je souffre simplement de désordre bipolaire (Bipolar Disorder). C’est une maladie comme une autre. Winston Churchill en souffrait. Jean-Claude Van Damme en souffre. Puis, ce n’est pas bien de stigmatiser les patients de l’hôpital Brown-Séquard », souligne-t-il. Kaviraj Bokhoree ajoute qu’il ne se sentait pas bien depuis le décès de son beau-père, le 11 novembre. « J’étais très occupé avec les funérailles. Je n’ai pas dormi suffisamment. J’ai donc fait une rechute », ajoute l’avoué.

Entraînement commando
Le fait, précise-t-il, qu’il soit appelé à prendre part à des examens chaque quinzaine n’a pas arrangé les choses. « Je n’en suis pas à ma première rechute », dit-il. Au sujet des incidents l’ayant conduit à l’hôpital psychiatrique, l’avoué explique que son objectif était de conscientiser les membres de sa famille. « Je ne me souviens pas trop de ce qui s’est passé cette nuit-là. Mo finn kraz 2 lakaz à D’Epinay. Ti ena 6 dimoune ki ti pé dormi, mais personne pann blessé. Sachez que j’ai bénéficié d’un entraînement comparable à celui que suivent les membres des commandos. J’ai pratiqué sept arts martiaux », poursuit-il.

Kaviraj Bokhoree est le benjamin d’une famille de trois enfants. Son père, marchand de bananes, était son modèle. Le jeune Kaviraj s’est classé 23e aux examens du Certificate of Primary Education (CPE). Comme il l’avait promis à son père, il a fréquenté le collège Royal de Curepipe. Il a décroché sept unités au School Certificate(SC) et a fini lauréat. Il a fait son LLB à l’université de Maurice avant de poursuivre ses études, en comptabilité précise-t-il, en Australie. Il a aussi fait cinq années de théologie pour devenir pasteur.

Ce fameux samedi, cet habitant de Castel, père d’une fillette de 15 mois, pensait déjà à ce qu’il allait faire une fois sorti de l’hôpital Brown-Séquard, où il a passé sept jours. Il a quitté l’établissement hospitalier jeudi. Nous l’avons rencontré une nouvelle fois le samedi 26 novembre. « J’ai déjà enfilé la toge. Je me porte à merveille. Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont aidé », affirme-t-il.

Valayden chef juge
Les propos de l’avoué Kaviraj Bokhoree risquent de ne pas plaire à certains.
Il affirme qu’il fait partie d’un cercle de jeunes hommes de loi qui pensent que Rama Valayden ferait bien à la tête du judiciaire. «  Il a fait ses preuves en tant qu’Attorney General. Je suis d’avis qu’il fera un bon chef juge un jour », souligne-t-il.

Carrière politique
Kaviraj Bokhoree, qui se présente comme quelqu’un « qui a la foi, la patience, la bonté et la fidélité », n’écarte pas une carrière politique à l’avenir. « Je suis très intéressé. Si c’est le MMM qui m’octroie un ticket, je serai candidat au No 5. Si je pose sous la bannière du PTr, ce sera au No 17 », dit-il.

Controverses
Kaviraj Bokhoree n’en est pas à sa première controverse. Il avait déjà fait parler de lui en septembre 2001. L’avoué était soupçonné d’avoir insulté deux policiers dans l’enceinte de la Cour suprême. Il a dû comparaître devant le tribunal de Port-Louis où une accusation provisoire de rogue and vagabond avait été retenue contre lui. Quelques jours après sa comparution, l’avoué avait fait l’objet d’une autre plainte. Un religieux de 72 ans l’avait accusé d'agression. Selon la victime présumée, il l’aurait frappée à coups de serpillière dans un temple, à Camp-Fouquereaux.

« Sad day »
Il se chuchote que l’Attorney General pourrait enclencher les procédures menant à la radiation de l’avoué. Invité à commenter ces rumeurs, Kaviraj Bokhoree affirme : « It would be a sad day for the Judiciary and for poor people. »




Last modified on Thursday, 08 December 2011 18:20
Irfaad Olitte

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