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Sunday, 25 November 2012 10:00

Villageoises – Le pari : combattre l’indifférence Featured

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Oodoo et Ranjiv Woochit disent avoir  « des arguments en béton ». Oodoo et Ranjiv Woochit disent avoir « des arguments en béton ».
Une habitante de Mare-La-Chaux qui ne connaît même pas le nom des candidats de son village pour les élections de dimanche prochain, une autre de Fond-du-Sac qui n’a constaté aucun changement dans son village depuis des lustres et qui ne compte même pas aller voter...
L’indifférence pour les élections villageoises est papable, après une tournée dans quelques importantes agglomérations du pays. Même si la région ouest fait exception. Et pourtant, presque un électeur sur deux est appelé aux urnes le 2 décembre. Ce scrutin dans les villages est habituellement caractérisé par une faible participation des électeurs.

Du coup, c’est l’abstention qui est devenue le principal adversaire des différents groupes en lice. Kema Oodoo, conseiller depuis des années et ex-président de conseil de district, est conscient qu’il a fallu changer de recette pour susciter l’intérêt chez les habitants de Triolet.

« Cet électorat s’est rendu compte que certains conseillers ne faisaient pas leur travail avec rigueur et ne se souciaient guère du bien-être du village. Pour combattre ces préjugés, le parti L’Unité et Progrés Nu Triolet a voulu proposer des jeunes universitaires comme candidats. Moi-même, j’ai cédé ma place à mon fils, mais ce parti a évidemment tout mon soutien. Ce renouvellement des équipes devrait inspirer confiance et nous aider à changer cette perception », soutient Kema Oodoo.

L’équipe Laptop à Trou-d’Eau-Douce veut insuffler le même espoir chez des électeurs peu intéressés. Celui d’une vision de jeunes qui voudraient faire la démonstration que leurs idées novatrices peuvent changer la destinée des villageois. Samir Sookoor, un habitant de cette région, est lui « révolté » par le manque d’intérêt des villageois pour ces élections. « Ce n’est que par le soutien massif des électeurs que l’équipe gagnante pourra envisager des projets intéressants pour le village. Le wi-fi à Trou-d’Eau-Douce est une aspiration des jeunes, mais il faut qu’ils votent pour que, par la suite, les conseillers soient leur porte-voix afin que ce projet devienne une réalité », soutient-il.

Nouvelle dimension
Le recours à l’informatique et aux réseaux sociaux est un autre moyen pour redonner confiance à cet électorat qui ne croit plus que ses conseillers de village et de district peuvent améliorer ses conditions de vie. Ce rajeunissement des équipes donne, en effet, une nouvelle dimension à la campagne. À l’aide de Facebook et de Sms, ces jeunes loups de la politique tentent de séduire. Avish Bahadoor, de L’Alliance Travailleurs Social de Goodlands, qui aide son père à ces élections, a créé une page Facebook qui suscite de l’intérêt.

« Je publie des photos de certaines parties du village qui, grâce à l’intervention de mon père qui s’y est engagé depuis 1992, ont pu se moderniser. Mes postings portent aussi sur ses projets, de même que sur le succès de nos réunions nocturnes. Je crois que j’ai pu, à travers Facebook, progresser sur ce terrain de l’indifférence des villageois », fait remarquer Avish Bahadoor.

Si les enfants du candidat Anand Bahadoor apportent une touche particulière à sa campagne électorale, lui aussi a choisi de se démarquer. « Nous sommes de plus en plus conscients de la nécessité de préserver l’environnement. Nos affiches sont collées sur des cartons. Ce qui nous permet de les enlever facilement après la campagne, sans que cela ne porte atteinte à notre environnement », soutient Anand Bahadoor.

Conscient, sans doute, que la faible participation des électeurs risque de jouer des tours le jour du scrutin, Anand Bahadoor a multiplié les affiches et les pamphlets pour faire passer son message. À sa résidence à Goodlands, les cartons et les affiches sont partout, à même le sol. On se croirait dans un atelier...

Si la modernité s’est quelque peu incrustée dans la campagne électorale dans les villages, certaines méthodes pour mobiliser les électeurs ont la dent dure. On retrouve ainsi, sur le terrain, de vieilles méthodes qui ne font pas toujours honneur au monde politique. Il est question de distributions de poubelles et autres « cadeaux » pour convaincre l’électeur. « Ce n’est pas parce qu’il faut combattre farouchement l’abstention que nous croyons que tous les moyens sont bons pour se faire élire », s’insurge Raj, un habitant de Triolet, qui, bien qu’il se dise « blasé », entend quand même accomplir son devoir civique.

L’adversaire principal du groupe Oodoo, dans le Nord, est le Parti Socialiste de Triolet, dont un des meneurs est Ranjiv Woochit. Un des moyens pour susciter davantage l’intérêt est de mettre en avant le progrès qu’a connu le village quand ses amis et lui étaient à la barre. C’est un argument en béton, selon lui. « Si, toutefois, les villageois ont des doutes sur la portée de ces élections, ils doivent consulter nos projets pour être convaincus du contraire. D’ailleurs, notre slogan donne une idée de l’orientation que nous allons donner à notre vision. La devise est Triolet aujourd’hui est un village et devra demain avoir un statut de ville. C’est pour cela, je crois, qu’ils ne devraient pas s’abstenir lors de ce scrutin », soutient Ranjiv Woochit.

L’ancien président du conseil des districts de Moka/Flacq, Prakash Bhunsee, attribue cette « indifférence » au fait que le gouvernement ne valorise pas suffisamment les villageoises, comme c’est le cas pour les municipales. « Ce manque de parité est un signal fort et, tant que le gouvernement central négligera les villages, il y aura toujours le risque d’avoir moins d’intérêt », précise Prakash Bhunsee, qui ajoute que tant que les habitants ont un service de voirie, des lampadaires et quelques autres services basiques, ils ne s’inquiètent pas d’améliorer le sort du village.

Situation similaire dans le Sud. Jay Lallchand, qui soutient l’un des principaux candidats à Chemin-Grenier, a mis en place toute une stratégie pour vaincre l’abstention. « Nous espérons obtenir une participation d’au moins 60 %. Alors que le taux était de 43 % aux dernières élections. Nous avons mis quelques stratégies en place pour y arriver », fait ressortir Jay Lallchand.

Seule exception au tableau : la région ouest. « Il y a un grand intérêt autour de ce scrutin et cette effervescence ne peut que nous motiver à donner le meilleur de nous-mêmes », note Roshan Gungaram.



Last modified on Sunday, 25 November 2012 11:51
Jane Lutchmaya

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