D’ailleurs, il n’a pas cessé de se déhancher sur la chanson de Siven Chinien Soldat Lalit Militant et sur Ratsitatane devant ses proches tout émerveillés, dont Arline, sa femme, Joana et Julie, ses filles, Emmanuel, son fils et Marie-Claire, sa sœur. Absence remarquée : Marraine. « Elle est alitée », dit Paul Bérenger et elle n’a pas encore appris la nouvelle. La salle est pleine comme un œuf, alors que d’autres s’entassent dehors. Parmi, Sheila Babajee, venue « apporter une bougie et une photo du père Laval à Paul ». Une autre dame tient une pancarte sur laquelle est inscrit : « Jésus va te guérir, Paul ».
Dans l’assistance, de nombreuses têtes connues. Les femmes sont en force, toutes de mauve vêtues. Les discours comportent tous le même message : « Paul, nous avek toi, to fami ek to pays bizin toi ». Dans la salle, une militante pleure à chaudes larmes quand Paul Bérenger lance : « Je ne suis pas pressé pour aller là-haut, mo pou revini ». L’atmosphère n’était pas à la tristesse, mais on sentait qu’au fond d’eux, les militants étaient quelque peu désemparés. Pourtant, ils gardent espoir que leur camarade Paul leur reviendra, car le principal concerné leur a fait comprendre qu’il « ne faut pas avoir peur du cancer ». Après une vingtaine de minutes de « koz koze » avec ses militants, Paul Bérenger savait, comme le chantent les supporters de son équipe, Liverpool, que « he will never walk alone ».









