23 November 2014
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Sunday, 27 January 2013 09:00

42 ans d’existence – Textile : Un pilier incontournable Featured

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L’industrie du textile vient de célébrer ses 42 ans d’existence à Maurice. Son évolution croissante dès 1970 aura marqué une ère nouvelle dans le paysage démographique, macroéconomique et social du pays. Elle constitue, aujourd’hui, un incontournable pilier de notre économie. Survol.
Se tourner vers le textile dans la période post-indépendante aura été une décision judicieuse amenant un développement de taille. Ce qui a entraîné dans son sillage, primo, une diversification vers un nouveau et important pilier de l’économie ; deuzio, un pas vers l’émancipation de la femme et tertio, sur le plan social, le chômage, surtout urbain, s’est vu largement résorbé apportant, du même coup, un assainissement du climat social.

De ce fait, on peut constater que la portée du cheminement du textile va bien au-delà de ces dizaines de milliers paires de bras, engagées essentiellement dans la fabrication des produits d’exportation. Entre 1970 et 1976, l’industrie du textile a vu l’implantation de 85 entreprises créant ainsi plus de 17 000 emplois. En 1993, 550 entreprises s’y installent et créent 100 000 emplois dans le secteur du textile et 80 % dans l’exportation. Ces chiffres démontrent que ce secteur aura connu un essor certain au fil des années.

Chandan Jankee, observateur économique, qui aura également connu un passage à la Banque de développement, aura suivi cette évolution de manière privilégiée. Et il dit d’emblée que l’introduction de la zone franche aura apporté beaucoup de changements.

« Dans les années 70, suite au boom sucrier, l’île Maurice s’est retrouvée dans une mauvaise passe. On faisait face à la dépréciation de la roupie et une hausse marquante du taux de chômage. Le gouvernement s’est retrouvé quelque peu dans l’incapacité d’assumer son rôle, notamment en tant qu’employeur. L’introduction de la zone franche a engendré une transformation industrielle. Des milliers de gradués au chômage ont été embauchés. L’industrie du textile était très profitable. Le gouvernement percevait l’argent de la taxe qui était ensuite investi dans le développement du pays. L’argent était ainsi redistribué », souligne l’observateur économique.

D’un point de vue social, l’industrie du textile a grandement amélioré la vie des Mauriciens après l’Indépendance. Om Varma, sociologue, souligne que cette industrie a engendré un sentiment d’engagement dans la population. « Les gens à l’époque avaient le désir de travailler dur pour le développement du pays. Les entreprises locales de concert avec les autorités avaient les yeux fixés vers un seul but : le succès du pays », souligne le sociologue.

Et de faire remarquer que tout cela ne s’est pas opéré sans difficulté. « En dépit des obstacles, le pays progressait sur le plan économique et social. Il serait exagéré de dire que l’île Maurice était isolée et dépendait entièrement du secteur agricole avant l’implantation de l’industrie textile. On peut affirmer que les gens à l’époque se contentaient de très peu et menait une vie simple sur le plan matériel. La convoitise n’existait pas », explique-t-il.

Om Varma met, par ailleurs, l’accent sur l’impact qu’a eu le secteur du textile sur la vie des gens et de leur famille. « Grâce à l’industrie du textile, beaucoup d’argent est rentré dans le pays et des milliers d’employés parvinrent ainsi à toucher un salaire régulier. Avec plus d’argent en poche, le pouvoir d’achat de beaucoup de personnes est parti en flèche, ce qui a entraîné une hausse considérable dans la demande.

De l’argent qui a été utilisé afin d’acheter des biens matériels, améliorant ainsi la qualité de vie de la famille. De plus, de nombreux parents ont pu investir dans l’éducation de leurs enfants. Au milieu des années 70, il y avait un boom dans le secteur de l’éducation. Les générations actuelles profitent largement du savoir de ces personnes qui ont eu accès à l’éducation grâce à l’industrie du textile. En résumé, on peut dire que la zone franche a apporté des éléments nécessaires pour le développement économique et social de Maurice », souligne Om Varma.

Dolorès Arimond, « Most Loyal Employee »
Dolorès Arimond aura connu un parcours remarquable dans le textile. En effet, elle a pris de l’emploi en mai 1971 en tant qu’opératrice à la table de contrôle chez RT Knits, connue à l’époque comme « Resultant », la première usine de fabrication de gants à s’implanter à Maurice et dirigée par feu Tang Wing Hau.

Elle a grimpé les échelons chez RT Knits, en occupant plusieurs postes pendant ces 41 années. Actuellement responsable de l’équipe d’échantillonnage, elle est à la tête d’une équipe composée de plus de 40 personnes.
Dolores Arimond fait le point sur son parcours. « Au début, les machines n’étaient pas sophistiquées. J’ai été témoin de l’évolution technologique ainsi que des avancées, qui ont fait de ce secteur une icône mondiale. Je crois fermement en l’avenir du textile.

Il y a, définitivement, un savoir-faire à Maurice. De plus, les jeunes s’intéressent au secteur de la mode et du textile. Ils vont ainsi se perfectionner dans des domaines tels que le Garment Design, le Graphic Design, le Pattern Making, entre autres. L’industrie du textile a beaucoup changé et elle est devenue très technique, nécessitant un réel savoir-faire ». C’est ce que cette employée modèle confiait tout récemment à une équipe du Défi Media Group.

Jane Raggoo, (CTSP) : « Il faut instituer un salaire minimal »
Le slogan : « Zonn Frans, Zonn Souffrans » a toujours cycliquement fait surface pour décrire certaines mauvaises conditions dans le secteur du textile et presque toujours ce slogan aura émané du monde syndical et de l’opposition.

Jane Raggoo, représentante syndicale de la Confédération des travailleurs du Secteur privé (CTSP), estime que, valeur du jour, les conditions de vie des travailleurs demeurent sombres, comme pour dire que ce slogan serait toujours d’actualité. « L’industrie du textile est le seul secteur où les employés effectuent 55 heures par semaine, soit 10 heures de plus que les autres secteurs. Un autre facteur à déplorer, c’est le salaire des employés.

D’après les statistiques du Central Statistics Office (CSO), le salaire minimal du seuil de pauvreté est de Rs 6 200. Cependant, de nombreux travailleurs de la zone franche ne touchent que Rs 4 200. Ces derniers n’ont pas de boni de fin d’année s’ils prennent leurs congés de maladie et leurs « local leaves ». Les femmes ne touchent que Rs 500 comme « maternity allowance », alors que les employées d’autres secteurs touchent Rs 2 000 », explique la syndicaliste.

Par ailleurs, cette dernière fait ressortir que la situation en termes de sécurité d’emploi serait incertaine. « L’industrie du textile ne garantit pas une sécurité d’emploi, car de nombreux travailleurs sont mis à la porte sans justification et ne perçoivent aucune compensation. Je pense qu’il est temps de revoir les heures de travail et d’éliminer les pratiques discriminatoires. Il faut aussi instituer un salaire minimal, afin de permettre aux employés de l’industrie du textile de vivre décemment. Du fait que Maurice est signataire des Conventions 100 et 111 du Bureau international du Travail, les autorités concernées doivent fournir des efforts pour éliminer les pratiques discriminatoires dans le domaine du travail », souligne la représentante syndicale.

Rookmala Raggoo, 56 ans, de Quatre-Bornes : « J’ai beaucoup appris en 23 ans »
Le parcours de Rookmala Raggoo vient démontrer que l’industrie du textile a contribué largement au développement social des Mauriciens. C’est avec une fierté qu’elle nous fait part de ses 23 années d’expérience. « À l’époque, on traversait une période difficile sur le plan financier. Avec trois enfants à ma charge, je n’avais pas d’autre choix que d’aller travailler dans une usine à Phoenix. Malgré le fait que le salaire n’était pas conséquent, l’atmosphère qui y régnait était amicale. J’ai beaucoup appris et j’ai rencontré des amis formidables.

Pendant ces 23 ans, j’ai aussi appris plusieurs métiers tels que la couture et la gestion de la banque de données d’un entrepôt. Je travaillais sept jours et il y avait des jours où je devais faire des heures supplémentaires jusqu’après minuit. Heureusement, que le chauffeur de la compagnie, nous déposait devant le seuil de notre porte. Ces années de sacrifices m’ont permis de faire des économies pour l’éducation de mes enfants. Par ailleurs, cela m’a aussi permis d’améliorer ma personnalité. J’ai fait d’énormes progrès et j’ai pu comprendre plusieurs aspects de la vie. Ma vie de femme au foyer se limitait à s’occuper des enfants et de la maison. Grâce à l’industrie du textile, qui employait beaucoup de personnes à l’époque, j’ai pu être indépendante. Je suis aujourd’hui, une femme épanouie et c’est un sentiment inexprimable », avance fièrement la quinquagénaire..

Pawan Seewoorutun, 23 ans, Fashion Designer : « Le stylisme est ma passion »
Les jeunes s’intéressent de plus en plus à l’industrie du textile. Pawan Seewooruttun, 23 ans, a pu réaliser son rêve : être styliste dans une usine textile. « Le stylisme est ma passion. Pour pouvoir être embauché dans l’industrie du textile, je m’étais inscrit pour un Bsc Hons Textile and Fashion Design à l’université de Maurice. Lors de mes études, j’ai eu l’occasion d’apprendre le b.a.-ba du métier et de développer les aptitudes élémentaires.


J’ai confectionné plusieurs robes pour des défilés et mes œuvres ont été appréciées par beaucoup de personnes. Avec ma licence en poche, j’ai rejoint une des grandes entreprises du textile à Maurice en octobre de cette année. J’assume le poste de Fashion Designer et je confectionne des vêtements de tous les jours tels que des chemises et des robes. Côtoyer des professionnels au quotidien m’a permis de développer ma créativité et de bâtir les fondements de ma carrière », fait ressortir le jeune homme.

Danielle Wong, directrice de la MEXA : « Sans le textile, Maurice ne serait rien »
> Quel est le rôle de la Mauritius Export Association (MEXA) dans l’industrie du textile ?
Notre rôle est de promouvoir les intérêts des entreprises engagées dans l’exportation dont les usines textiles. Fondée en 1976, la MEXA est l’unique association privée à Maurice regroupant les entreprises d’exportation. On a été appelé à se restructurer en 2007, afin de pleinement représenter le secteur d’exportation. Ce secteur a considérablement évolué au cours des dix dernières années. De nouveaux secteurs ont émergé, notamment la production de fruits de mer, l’agro-industrie, la bijouterie et les produits chimiques, entre autres. Maurice se tourne aussi vers des marchés émergents tels que l’Australie, le Japon et les pays africains.

> Quelle est, à votre avis, la contribution de l’industrie du textile dans le développement social de Maurice ?
L’industrie textile a joué un rôle important dans le développement du pays. Grâce à l’introduction de la zone franche en 1970, beaucoup de Mauriciens ont pu sortir de la misère. Le salaire était maigre, mais régulier. Les employés du textile, plus particulièrement les femmes, ont pu s’épanouir. L’industrie textile a grandement participé dans l’émancipation de la femme. Les femmes, autrefois dépendantes de leurs maris, étaient désormais capables de voyager et d’apprendre de nouvelles choses.

De plus, de nombreux parents ont pu financer les études de leurs enfants. Les employés du textile sont constamment en train d’apprendre. La discipline et la hardiesse sont parmi les qualités d’un employé du textile. Ce dernier comprend que le dur travail est à la fin bien récompensé. L’industrie du textile a permis à Maurice de croître sur le plan économique. La zone franche a placé Maurice sur le marché international, ce qui a obligé les usines engagées dans l’exportation de former leurs employés à être des ouvriers sérieux. On peut dire que la contribution de l’industrie du textile dans le développement social du pays est tout simplement incommensurable.

> L’industrie textile a besoin de nouveaux diplômés. Comment peut-on attirer les jeunes dans cette industrie en constante évolution ?
L’industrie du textile est un secteur résilient qui double sa capacité. De ce fait, on a effectivement besoin de nouveaux diplômés. L’industrie du textile offre des postes dans le domaine de la chimie, le stylisme entre autres. Pour attirer les jeunes dans cette industrie en constante expansion, la MEXA organise plusieurs activités telles que des séminaires afin de susciter l’intérêt.

Cette année, nous avons organisé des « Career Day » et « Journées Portes Ouvertes » au sein des entreprises, afin de montrer aux jeunes toutes les possibilités de carrière qu’offre l’industrie du textile. Notre objectif, c’est de démontrer toute la créativité et la dextérité des employés du textile. C’est une industrie où on se développe et où on est amené à faire des recherches et des analyses. Le rôle de la MEXA est d’établir un lien entre les universités et les entreprises de l’industrie du textil, afin d’encourager plus de jeunes. Nombreux sont ceux qui, âgés entre 20 à 30 ans, ont changé d’avis sur l’industrie du textile. Ils ont été impressionnés par le nombre de choses innovantes qu’on y découvre au quotidien.


Last modified on Sunday, 27 January 2013 11:22
Le Dimanche/L' Hebdo

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