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Sunday, 03 February 2013 12:07

Une employée de la CDU agressée à l’école Raoul Rivet – Indiren : « Ma fille aurait pu être tuée ce jour-là »

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Les parents de Richanda sont indignés. Les parents de Richanda sont indignés.
Cette affaire a fait grand bruit au cours de la semaine écoulée. Mardi, une préposée de la Child Development Unit (CDU), venue récupérer une fillette à l’école Raoul Rivet, Port-Louis, se serait fait malmener par le père de l’élève.
Richanda P., âgée de 25 ans, est traumatisée à la suite de cette mésaventure. Pour ses parents, c’est une affaire qui est en train de lui porter préjudice, d’autant que cet incident serait un acte « prémédité ».

Selon Indiren, 55 ans, le père de la jeune femme, « c’est la mort qui attendait ma fille ce jour-là. Elle ne faisait que son travail ». Le quinquagénaire et son épouse soutiennent leur fille dans cette dure épreuve.

Dans sa plainte pour agression consignée au poste de police des Line Barracks, la jeune femme, originaire des basses Plaines-Wilhems, dit qu’elle connaît le père de la fillette. Quelques jours auparavant, elle l’avait rencontré dans l’enceinte de la CDU à Bell Village.

Elle explique ce qui s’est passé. Le vendredi 25 janvier, Richanda reçoit un appel de la police. Un policier lui demande de se rendre à l’école Raoul Rivet. La raison : depuis quelque temps, une fillette de 5 ans se rend à l’école, mais son nom ne figure pas dans les registres de l’établissement.

La jeune femme, qui compte environ un an et demi de service à la CDU, s’exécute. C’est ainsi que, dans un premier temps, elle aurait pu parler à la fillette. À son retour au bureau, elle aurait alors contacté Parvez Nuckcheddy, le père de l’élève. Les parents seraient venus la rencontrer. Selon la jeune femme, « le père de la fillette aurait affirmé qu’il continuerait à envoyer son enfant à l’école Raoul Rivet ».

Mardi matin, une fois de plus, la police appelle la CDU. La fillette était devant le portail de l’école, l’accès lui ayant été interdit. La fonctionnaire est venue s’enquérir de la situation. À son arrivée, en compagnie d’un policier en civil, les éléments de la brigade des mineurs étaient déjà sur place. Elle a cherché les parents de la fillette, ceux-ci n’étaient pas encore arrivés. Richanda se serait alors dirigée vers la fillette, sous les yeux de quelques badauds. Elle comptait conduire la petite à Bell Village et la référer ensuite à un psychologue, selon les instructions de son supérieur. Cela en attendant que ses parents ne viennent la récupérer.

Mais les choses ne se seraient pas passées comme prévu. Alors que la fillette prenait place dans le véhicule de la CDU, Reza Uteem, député MMM de Port-Louis Centre/Sud serait intervenu. « Ki drwa ou pe pran sa zenfan-la ? » aurait-il lancé à la fonctionnaire.

« C’était une action préméditée, car à l’arrivée de ma fille, il y avait des gens qui filmaient toute la scène. Ils savaient ce qui allait se passer » s’élève la mère de la fonctionnaire.

Humiliation
Quelques secondes plus tard, le père de l’élève est arrivé. « Hors de lui, il m’a giflée au visage et m’a griffée. Il a dit qu’il ne me connaissait pas, alors que nous nous étions rencontrés vendredi », soutient-elle, à la police. Elle est cependant parvenue à se sortir de cette situation.

« Ma fille a été humiliée dans l’exercice de ses fonctions et en public », lâche Indiren, qui ne peut contenir son indignation. La fonctionnaire a consigné une plainte pour agression contre Parvez Nuckcheddy.

« La CDU dépassée par la situation »
Le député Reza Uteem se dit révolté par la façon d’agir de la CDU qui n’a pu faire face à cette situation. « Cela faisait environ une heure que la fillette attendait en dehors de l’école. C’est des parents de la région qui m’ont informé de cet incident. Je suis alors venu m’enquérir de la situation. L’officier m’a dit qu’il y avait un Court Order, mais j’ai appris que c’était faux. CDU pan kapav handle sityasion-la », dit-il. Et d’ajouter : « À aucun moment, je n’ai arraché la fillette des mains de la représentante de la CDU. Le père ne l’a pas agressée non plus. Il n’y jamais eu de tension. Tout s’est passé dans le calme. Il y avait des gens qui n’étaient pas contents, certes, mais il y avait une raison à cela. C’est une persécution sur la fillette et ses parents au niveau du ministère ».

Comprendre le Catchment Area
Le Catchment Area est un concept qui existe à travers le monde. Défini par le ministère de l’Éducation pour l’exercice d’admission dans les écoles primaires, ce critère a été introduit en 1989 et amendé en 1997.

Le principe du Catchment Area est de permettre aux enfants de fréquenter l’école la plus proche de leur domicile et de s’y rendre à pied. « à l’époque, il y avait une concurrence féroce pour l’admission dans certaines écoles. De ce fait, le Catchment Area a été introduit », explique un cadre du ministère de l’Éducation.  

« Un Catchment Area est établi autour de chaque école primaire par le ministère de l’éducation. Mais se pose la question de sa constitutionnalité. De plus, il existe un système de diversion. Par exemple, si un enfant habitant Candos demande son admission à la Sir Veerahsamy Ringadoo G.S., qui n’est pas dans son Catchment Area, le ministère le fait admettre à l’école Émilienne Rochecouste, considérée comme la second-best school et non à la Candos G.S. », explique Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union (GTU).

Il ajoute qu’auparavant, le ministère prenait en considération la liste électorale et les factures pour déterminer le Catchment Area de l’enfant, mais que, depuis quelques années, la liste électorale n’est plus tenue en compte.
 Dans les écoles du Bureau d’éducation catholique (BEC), le Catchment Area est considéré en premier lieu. Les places restantes sont allouées selon les critères du BEC. C’est-à-dire, les siblings (les frères et sœurs, les enfants du personnel enseignant et non-enseignant), ainsi que les enfants des régions défavorisées. Vinod Seegum ajoute toutefois que, même s’il y a de la place dans une école hors du Catchment Area, un parent ne peut pas faire admettre son enfant à cette école.

Pour sa part, Steven Obeegadoo souligne que « c’est pour veiller qu’une école n’ait pas trop d’élèves et qu’une autre qui se trouve dans la même région en ait moins », étant donné que des parents sont convaincus que certaines écoles font mieux que d’autres.

Comme l’indique Steven Obeegadoo, c’est un phénomène très mauricien : « à cause de l’hyper compétition, que les parents préfèrent envoyer leurs enfants dans une école se situant dans un quartier huppé ou dans un centre-ville. Les infrastructures et facilités dont bénéficient les élèves sont des attraits supplémentaires ».

Bunwaree : « Il y aura toujours un problème... »
Le ministre de l’Éducation assure que, s’il obtient des informations sur d’autres élèves qui sont admis dans une école qui ne se trouve pas dans leur Catchment Area, une enquête sera initiée. « Je demanderai aux parents de se rendre à la station de police de la région et de prendre un papier qui atteste qu’ils habitent dans le Catchment Area de l’école », explique Vasant Bunwaree.

Commentant le cas à l’école Raoul Rivet, il affirme que le père de l’enfant avait été informé que l’enfant n’avait pas été admise dans cet établissement, mais à la Dr Onésime Beaugeard G.S., vu que la rue Louis Decotter se trouve dans le Catchment Area de la seconde école citée. « Mais le père a insisté pour l’envoyer à l’école Raoul Rivet depuis la rentrée, lui faisant porter l’uniforme de l’école sans autorisation. Il a été agressif envers le maître d’école.

Le père était au courant des mesures que le ministère allait prendre », explique le ministre. Selon lui, après tous ces jours, le ministère n’avait d’autre choix que d’avoir recours à la police, à la Child Development Unit et à la Brigade pour la protection des mineurs. « On devait retrouver le père et il n’y avait que la police pour faire ce travail. Nous avons fait appel aux services de la CDU, d’un psychologue et d’un sociologue, puisqu’il s’agissait d’une fillette de 5 ans. De plus, le père de l’enfant n’était pas présent », continue Vasant Bunwaree. Il affirme que le ministère suit cette affaire de près.

« Il y aura toujours un problème de Catchment Area. Tout le temps, il y aura une école qui sera hors du périmètre par quelques mètres. Depuis 1989, la rue Louis Decotter se trouve dans le Catchment Area de l’école Dr Beaugeard et il n’y a pas eu de problème avec les habitants », ajoute le ministre.




Last modified on Sunday, 03 February 2013 13:01
Kendy Antoine

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