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Sunday, 20 January 2013 11:08

Sooryaanand Mohadoo : « J’aimerais connaître le meurtrier de ma femme » Featured

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La vie de Sooryaanand Mohadoo a basculé le jour où sa femme a été retrouvée morte dans la baignoire de leur domicile à Chemin-Grenier. Cela fait 13 ans qu’il attend que justice soit faite et que le meurtrier soit connu et puni. Il a décidé d’en parler afin de faire bouger les choses. 

Survivre au meurtre de son épouse doit être douloureux. Ne pas savoir qui est le meurtrier doit ajouter à cette peine. Sooryaanand Mohadoo, 48 ans, n’en peut plus d’attendre. Treize ans, dit-il, c’est long. Il ne peut ni ne veut se taire. Surtout que la police, allègue-t-il, « semble avoir relégué » cette affaire aux oubliettes. « Trop, c’est trop ! C’est inacceptable la façon dont on a traité le meurtre de ma femme. Comme si c’était une affaire banale. À ce jour, je ne sais toujours pas ce qui s’est passé. Mes enfants et moi sommes dans le flou », fustige Sooryaanand Mohadoo.

Il n’oubliera jamais ce fameux 24 août 1999, jour où son monde s’est écroulé en quelques secondes. Sooryaanand était sur son lieu de travail, à Saint-Aubin, alors que sa femme, Santabhai, était à la maison avec leur fils Neptaalan. Ce dernier était alors un nourrisson de 14 mois. Ce matin-là, comme à l’accoutumée, Santabhai s’est réveillée tôt pour préparer les affaires de son mari. Puis elle est allée déposer leur fille Nilinka, à l’époque âgée de 4 ans, à la crèche.

Égorgée
C’est aux alentours de midi que Sooryanand Mohadoo reçoit un appel de ses proches l’annonçant que sa femme a été retrouvée morte dans la baignoire. « Je ne savais plus quoi faire. Tant bien que mal, j’ai regagné notre domicile à Chemin-Grenier. Le cauchemar avait commencé et il ne s’est pas encore terminé. Je ne m’en suis pas encore réveillé », souligne le quadragénaire.

Sooryaanand travaille à son propre compte. Il est propriétaire de plusieurs poids lourds. En rentrant, il constate que sa cour est bondée de monde. Il s’est précipité à la salle de bains. Là, il découvre l’horreur. Sa femme gît inerte dans une mare de sang. « C’était épouvantable. Cette scène me hante. Je revois toujours ma femme, la gorge tranchée. Et, à côté d’elle, deux couteaux de cuisine », se souvient-il.

L’autopsie est pratiquée le jour même et les funérailles de Santabhai ont lieu le 25 août. Depuis, les Mohadoo attendent toujours que justice soit faite. Une attente interminable. Sooryaanand ne sait plus à quel saint se vouer. « Je me sens impuissant face à tout cela. Mais ce que je sais, c’est que personne ne s’émeut de ce que mes proches et moi vivons », déplore-t-il.

Suspect
Deux semaines après le meurtre, Sooryaanand a été embarqué par des policiers. Considéré comme un suspect, il a passé 23 jours en cellule. Un vrai « traumatisme », souligne-t-il, « alors que le vrai coupable » est en liberté. « On m’a traité comme un criminel. Alors que je n’avais aucun motif pour tuer ma femme. J’ai des doutes sur l’identité du meurtrier », lance-t-il.

Dans le cadre de l’enquête policière, plusieurs proches de Sooryaanand ont été arrêtés avant d’être mis hors de cause. Parmi, son père, son employé, un chauffeur et le moniteur d’auto-école de son épouse. Mais, souligne le veuf, un « ami » n’a jamais été inquiété. « Pourquoi a-t-on interrogé tout le monde sauf lui ? Dans ma cour, il y avait deux chiens, des bergers allemands, qui ne laissaient entrer personne, sauf les proches, dont cet ami », raconte-t-il.

Sooryaanand n’en peut plus d’attendre. Il a pris son courage à deux mains en mai 2012 et est entré en contact avec le commissaire de police suppléant afin de relancer le dossier. Mais il s’est vu répondre qu’il n’y a pas de preuves. « Je ne peux plus supporter les regards des autres. Pour certains, je suis le meurtrier de Santabhai. Il faut rouvrir ce dossier. Je n’aurais pas la paix aussi longtemps que le meurtrier de ma femme ne sera pas derrière les barreaux. Je veux le voir être puni avant de fermer définitivement les yeux », s’exclame-t-il.

Pour Sooryaanand, il y a trop de crimes impunis à Maurice. «Je demande aux autorités, à la police, mais aussi au Premier ministre, de considérer ma requête. Je vis l’enfer », affirme Sooryaanand Mohadoo. Aujourd’hui, ses enfants sont âgés de 15 et 19 ans. Ils  veulent avoir des réponses concernant le meurtre de leur mère. Leur père ne peut les répondre, étant lui-même dans le flou.




Adila Mohit

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