« Il est impensable que notre fils ait pu se donner la mort. Il avait des projets plein la tête. Il voulait acheter une maison et une voiture. Il devait contracter un emprunt auprès d’une banque pour réaliser ses rêves. Mohammad Aadil voulait avancer dans la vie. Il la croquait à pleines dents. Il prenait soin de son corps et faisait de la musculation. Je ne vois aucune raison pour qu’il commette l’irréparable », lâche le père, Cassam Bhye, en rejetant la thèse du suicide. Cet homme de 58 ans précise que son fils était « croyant et pratiquant, et la religion interdit à quelqu’un de se donner la mort ».
Même pas un PanadolTout comme pour la thèse du suicide, les Meer-Hossen rejettent l’idée que leur enfant ait été victime d’une overdose. « Il ne prenait jamais de médicaments. Il croit en la médecine naturelle. D’ailleurs, lorsqu’il a subi une intervention chirurgicale à la main récemment, après une agression, Mohammad Aadil avait refusé qu’on lui fasse des injections. Kan so latet fermal, enn Panadol li pa pran », confie sa mère. Elle est remontée contre ceux qui font croire que son fils s’est suicidé ou a été victime d’une overdose. « Mon fils ne fumait pas et ne consommait pas de boissons alcoolisées. Il ne se droguait pas non plus. C’était un bon vivant », poursuit Farozia Meer-Hossen.
Complot et meurtre
Comment cet infirmier de 27 ans est-il mort dans les toilettes de l’hôpital, une seringue à ses côtés ? La famille Meer-Hossen est convaincue qu’il y a eu complot autour du décès de Mohammad Aadil. Pourquoi ? Farozia avoue que son fils n’avait pas que des amis. « Beaucoup de gens étaient jaloux. Kan li sorti travay, li dir mwa pass disel lor li tansion li gayn lizie parski li enn zoli garson. Vremem li ti enn zoli garson », poursuit la mère.
Selon Farozia, la récente nomination de son fils comme Nursing Officer ne faisait pas que des heureux, tant sur son lieu de travail qu’au sein de la famille. « Mo bann zanfan inn bien arive. Zot tou dan gouvernma », dit la mère. « Mon fils était un élève brillant. Après avoir réussi aux examens du School Certificate, il avait rejoint le collège Royal de Curepipe. Son père souhaitait qu’il devienne médecin. Mais faute de moyens, nous n’avons pu lui payer ces études. Il est tout de même devenu infirmier », dit-elle. Elle raconte que son fils a été agressé par un de ses proches, il y a quelques années, et qu’il a même témoigné en Cour.
Jalousie d’un côté, vengeance de l’autre, Cassam Bhye et Farozia sont convaincus que leur fils a été tué. « Il y a eu complot. La présence d’une seringue à ses côtés relève d’une mise en scène. Nous pensons qu’il a été tué avant d’être abandonné dans les toilettes. Comment se fait-il qu’entre 3 et 7 heures, personne n’a constaté sa disparition ? On doit faire tout notre possible pour que la vérité éclate. Justice doit être faite », lancent d’une seule voix ses parents.
La sœur : « C’est une mise en scène »
La sœur de Mohammad Aadil, qui travaille dans le même hôpital, n’arrive toujours pas à comprendre ce qui s’est passé. « Il n’y a aucune raison qui aurait poussé Aadil à se suicider. Je ne crois pas en cette thèse, car mon frère avait des bleus sur le corps », dit-elle. « Je ne savais pas qu’il s’était absenté durant plus de trois heures. Depuis une semaine, mon frère disait à ma mère qu’il voulait faire des démarches pour être transféré de l’hôpital Dr Jeetoo pour aller travailler à l’hôpital Brown-Séquard. Mon frère ne s’est jamais drogué. Cette histoire de seringue est une mise en scène. Aadil ne prenait même pas de médicaments, alors pourquoi se serait-il drogué ? La lumière devra être faite sur cette affaire », poursuit-elle.









