25 July 2014
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Sunday, 10 February 2013 10:10

Émeute à Sainte-Croix – Un jeudi soir en enfer Featured

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La tension était palpable jeudi soir. La tension était palpable jeudi soir.
Le chaos. C’est ce qu’ont vécu les habitants des rues Ducray, Dagorne et Tromelin, jeudi soir. Entre agression, jets de projectiles et affrontements entre des jeunes et la police anti-émeute, le spectacle était affligeant. Tout comme le bilan, avec plusieurs blessés, dont des policiers. Sans compter les dommages collatéraux...
Jeudi 22 h 30. Si la plupart des habitants de ce quartier sont chez eux à regarder la télé ou sont déjà couchés, d’autres, avec la chaleur étouffante, tentent de chercher un peu de fraîcheur dans les rues. Tout est calme et rien ne laisse présager que cette soirée allait virer au cauchemar.

Tout d’un coup, le silence de la nuit est perturbé par des cris de détresse et un bruit de verre brisé. Curieux, certains habitants sortent dans la rue. Une foule s’est massée à la croisée des rues Ducray, Dagorne et Tromelin. Un camion, utilisé pour le transport d’animaux, est immobilisé devant un snack, tandis que des jets de pierres fusent de toutes parts. Se répand alors la nouvelle qu’un habitant de la localité a été agressé par les occupants du camion, qui, eux, n’habitent pas le quartier. La tension monte. Trois des agresseurs présumés sont coincés dans la cabine du véhicule. Ils ne peuvent fuir. Les pierres pleuvent sur le pare-brise et les vitres des portières.

L’origine des incidents est diversement commentée. La victime est Josian Louise. C’est une altercation entre lui et d’autres individus qui a mis le feu aux poudres. Josian Louise a été agressé au sabre et avec un couteau de boucher. Il a été évacué vers l’hôpital. Entre-temps, les choses se sont envenimées dans le quartier.

Arrivent les policiers. Ils tentent de calmer les esprits. S’ils parviennent à éviter que les agresseurs présumés ne soient extirpés du camion par la foule pour être lynchés, ils ne pourront toutefois apaiser la colère et l’indignation des habitants. Des renforts sont sollicités et l’arrivée de la brigade anti-émeute ne dissuade guère les habitants. Dans un premier temps, du moins.

Affrontements
Une remorque de la police, toutes lumières dehors, fait son apparition pour tenter de dégager le véhicule et ses occupants. Mais ses tentatives resteront vaines. Pourtant l’une d’elles aurait pu réussir. Le véhicule de la police s’était approché du camion et avait déjà enclenché les manœuvres de remorque. Mais une jeune femme a fait capoter l’opération. « Pardon, pardon ! » Elle se fraie un chemin parmi la foule, un pavé à la main, qu’elle lance en direction du camion. Elle est imitée par d’autres. Et voilà la remorque de la police forcée de quitter les lieux sans son chargement !

Face à cette situation, l’ordre de faire usage de gaz lacrymogène est donné. Une première salve est tirée pour disperser les habitants. C’est la bousculade, chacun essayant de se protéger. Puis une autre est lancée pour faire écran devant le camion. Les policiers en profitent alors pour extirper les deux hommes du camion – le troisième ayant pu être évacué plus tôt. Ils sont conduits à l’hôpital où ils sont admis.

Puis surviennent les affrontements entre des jeunes et la brigade anti-émeute. C’est devant leur porte ou sur leur balcon que la plupart des habitants de ce quartier assistent à la scène. Dans une des ruelles, les choses se gâtent. Les policiers braquent leur projecteur sur les émeutiers et font usage du gaz lacrymogène. Derrière eux, les membres d’une unité de la police anti-émeute tambourinent sur leurs boucliers. Une parade d’intimidation.

Trois ou quatre cartouches de gaz lacrymogène sont lancées en direction des certains habitants qui n’avaient rien à faire avec les affrontements... Des victimes collatérales ! Les fenêtres sont ouvertes en raison de la chaleur et la fumée envahit les maisons. Des pleurs d’enfants, sortis brutalement de leur sommeil, résonnent. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils ont les yeux et la gorge qui piquent. Un cauchemar !

Les échauffourées se sont poursuivies jusqu’à fort tard. Le bilan est lourd : trois civils blessés et admis à l’hôpital, ainsi que plusieurs policiers, dont le Divisional Commander de Port-Louis Nord, le surintendant Reshade Delawarally. Un camion et plusieurs véhicules de la police ont été endommagés. Plusieurs arrestations sont intervenues (voir ci-contre) vendredi, pendant que les blessés pansaient leurs blessures !

Entre-temps, la vie a repris son cours, dans une chaleur infernale. À la croisée des routes Ducray, Dagorne et Tromelin, les débris de verres et les pierres jonchent le sol. On peut aussi voir des cartouches de gaz lacrymogène laissées çà et là. Ce sont les seules traces de ce qui a été la nuit la plus longue de ce quartier...

Détention prolongée
Première comparution  après les incidents survenus à Sainte-Croix, jeudi soir, suite à l’agression de Josian Louise. Désiré Michael Verte a été présenté devant la Bail and Remand Court, samedi. Deux accusations provisoires ont été logées contre lui, à savoir taking part in a riot et threatening arson.

La police ayant objecté à sa libération, il a été reconduit en cellule. Lundi, il sera de nouveau présenté en Cour. Les frères Wesley et Nicolas Jasmin sont, eux aussi, maintenus en détention. Ils sont soupçonnés d’avoir pris part aux échauffourées. Plusieurs autres personnes seraient aussi dans le collimateur de la police.

Par ailleurs, l’un des agresseurs présumés de Josian Louise, à savoir Moosa Oozeer, âgé de 34 ans, a pu quitter l’hôpital samedi. Il a été placé en état d’arrestation. Imran Dowlut est, lui, toujours sous observation médicale alors qu’un autre suspect, âgé de 21 ans, est en cavale depuis vendredi.



Le Dimanche/L' Hebdo

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