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Sunday, 17 February 2013 12:00

Double drame à Rivière-du-Poste – La mère de Dishtee : « Roubesh était comme mon fils » Featured

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La famille de Roubesh Boolaky. La famille de Roubesh Boolaky.
« Mo lavi inn ale ! » lâche Pitambur Puttur, 46 ans, le père de Dishtee, qui ne peut cacher sa tristesse. Idem pour sa mère Soodevi, qui a parlé pour Le Dimanche-L'Hebdo de son chauffeur, qui a ôté la vie à sa benjamine.
Virendrasing Boolaky, dit Roubesh, 27 ans, a pris de l’emploi chez les Puttur il y a deux ans. Il tombe alors amoureux de leur fille, Dishtee, une collégienne de 13 ans à l’époque. Depuis, les tourtereaux sont souvent vus ensemble dans le quartier.

Lundi, Roubesh donne rendez-vous à Dishtee après le collège. Elle devait se rendre à ses leçons particulières. Dans un texto retrouvé dans un portable saisi par la police, elle demandait au jeune homme les raisons de cette rencontre impromptue.

Après avoir récupéré Dishtee sur la route principale à Savanne, Roubesh s’est dirigé vers sa maison, à la rue Coopérative, Rivière-du-Poste. Sur place, avant qu’elle ne descende du tout-terrain, il sort un fusil de chasse et ouvre le feu sur l’adolescente, puis retourne l’arme contre lui. L’autopsie, pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a attribué le décès de Roubesh à une blessure par balle à la tête. Alors que la collégienne a été touchée par deux balles, une à la poitrine et une à l’abdomen. Personne ne saura ce qui a été dit entre les deux amoureux.

Depuis ce drame qui a frappé Rivière-du-Poste, le flou persiste quant aux raisons ayant poussé Roubesh à commettre cet acte meurtrier. Amoureux, il aurait déjà fait part de ses sentiments à l’égard de Dishtee à ses parents. Non sans les avoir priés de ne rien divulguer. Il aurait décidé d’attendre que la jeune fille termine ses études avant de se déclarer.

Mais dimanche dernier, soit la veille du drame, leurs mères se sont rencontrées lors d’une séance de prières dans le quartier. Sunita Boolaky, 65 ans, la mère de Roubesh, a alors profité de l’occasion pour évoquer la question : « Roubesh pe dir li konta ou tifi ! » C’est là que Soodevi Puttur a appris que son chauffeur s’était amouraché de sa benjamine.

« C’était la première fois que quelqu’un évoquait cette histoire avec moi », nous a déclaré la mère de Dishtee. Surprise, elle a alors répondu à la mère de Roubesh qu’elle devait voir cela avec son mari : « Toutes les décisions concernant notre fille, c’est son père qui s’en occupe. Mai mo tifi ankor bien zen. » Et les deux femmes n’ont rien ajouté. « Je ne me suis pas trop souciée de ce qu’elle m’avait annoncé. C’est la raison pour laquelle je n’ai rien dit à mon mari. Dimanss nou ti koz sa, lindi inn arriv sa problem la », se souvient Soodevi.

Nul ne s’attendait à ce qu’une telle tragédie s’abatte sur ces deux familles. Pendant les deux années où Roubesh travaillait comme chauffeur pour Soodevi, les Puttur ne se sont pas un instant douté de l’amour grandissant entre les deux jeunes gens. « Li ti enn zanfan lakaz », lâche Pitambur Puttur, le père de Dishtee. Tout le monde avait une confiance aveugle en Roubesh. « Ma fille était toujours joviale. Elle ne pouvait avoir de petit ami, car elle s’appliquait dans ses études », ajoute-t-il.

L’attitude de Roubesh a toujours été irréprochable. Idem pour Dishtee, qui avertissait toujours ses parents de ses faits et gestes. « Tous les jours, sauf les mardis, elle se rendait aux leçons particulières. Peu importe où elle se trouvait, notre fille n’hésitait pas un seul instant à nous prévenir », explique Soodevi. « Bon garçon », selon cette dernière, Roubesh était un employé modèle : « Il n’a jamais fait l’objet d’aucun reproche. Je l’estimais plus qu’un employé, c’était comme mon propre fils. »

Les jours qui ont précédé la tragédie se sont déroulés normalement. « Vendredi, tout allait bien. Mais Roubesh m’a informée qu’il n’allait pas venir travailler lundi, car il avait la gastro-entérite. Il a ajouté qu’il reprendrait le boulot mardi », ajoute Soodevi. Jusque là, rien d’inhabituel. Mais dans l’après-midi, c’est le drame.

Des projets, Dishtee en avait plein la tête. « Elle voulait faire des études de comptabilité. Nous pensions qu’un jour elle allait reprendre le business familial. À son âge, elle n’hésitait pas à nous aider quand elle avait du temps libre », se souviennent ses parents. Neha, la sœur aînée de Dishtee – rentrée de Chine où elle entreprend ses études de médecine –, garde de bons souvenirs : « Nous nous parlions deux à trois fois la semaine. Elle était toujours souriante. Lors de nos conversations sur Skype, elle n’a jamais fait allusion à Roubesh. » Pour leur père, « le plus dur, c’est de ne pas savoir ce qui s’est passé entre 14 et 15 heures ce jour-là ».

Si, pour la famille Puttur, il n’y a pas eu d’histoire d’amour entre Dishtee et Roubesh, en revanche, chez les Boolaky, à quelques mètres de là, le jeune homme aurait déjà prévenu ses proches en ces mots : « J’attendrai qu’elle ait terminé ses études pour en informer ses parents. Même si je dois attendre jusqu’à mes 32 ans, je le ferai ! »

Ayant étudié jusqu’à la Form V, Roubesh, connu comme quelqu’un de calme, a suivi des cours en décoration d’intérieur. Mais il n’a pas poursuivi dans cette voie. Il vouait alors un intérêt pour la chasse. « Cela faisait environ quatre ans que nous chassions ensemble. Roubesh ne ratait jamais sa cible, il revenait toujours avec un gibier », nous a témoigné un ami.

Selon Yogesh Boolaky, le frère de Roubesh, ce dernier était supposé venir à la chasse dimanche, mais a joué aux abonnés absents : « Samedi, nous étions à une fête d’anniversaire et il était trop fatigué pour aller chasser. » Et, selon leur mère Sunita, « Roubesh donnait l’impression d’être triste, lundi matin, mai li pann dir nanye. Je lui ai dit de prendre son petit-déjeuner, mais il a préféré ne rien manger ».

Roubesh se serait comporté de façon étrange lundi. « Il a cherché à parler à un cousin vers midi. Mais celui-ci était déjà au boulot. Ce qu’il avait à lui dire semblait important, mais il n’a pu le faire. Peut-être que les choses auraient été différentes s’ils s’étaient parlé », se lamente Yogesh.

Le jour du drame, Dishtee avait téléphoné à son père pour lui dire qu’elle allait se rendre à ses leçons particulières. Mais elle ne s’y est pas rendue. Que s’est-il passé entre le coup de fil et la découverte macabre dans le garage de Roubesh ? C’est ce que tente de résoudre la police criminelle (CID) de Rivière-des-Anguilles. Entre-temps, les familles Puttur et Boolaky sont écrasées par la douleur d’avoir perdu un des leurs dans de si tragiques circonstances...

Roubesh : « Enn problem pa kapav rezoud »
Robesh Boolaky avait un problème personnel. Quelque chose le tourmentait depuis plusieurs jours. Selon son frère Yogesh, il a confié à une cousine : « Mo ena ene problem ki pa pe kapav rezoud. » Et il n’a rien ajouté. Quant à Yogesh, il ne compte plus retourner chasser : « Mo pe arete, mo pou vann mo fizi. Pa pou ena kouraz pou tir lor enn zanimo. Mo pou trouv mo frer devan mwa... »

Rivière-du-Poste et ses faits divers
Lundi après-midi, des détonations ont remué tout le village de Rivière-du-Poste. Peu après, le corps sans vie de Virendrasing Boolaky, dit Roubesh, est découvert. Il s’est tiré une balle dans la tête avec un fusil de chasse de calibre .12. À ses côtés gisait sa bien-aimée, Dishtee, 15 ans. Cette découverte macabre n’est pas une première dans ce village du Sud, réputé pour des faits divers ignobles.

Le lundi 21 février 2011, Sujata Tania, 22 ans, quitte la maison de ses beaux-parents à Rivière-du-Poste, où elle habite. Cette mère de famille ayant des tendances suicidaires tient, dans les bras, son nourrisson d’à peine 10 jours. Il était alors très tôt. Pendant la journée, ne voyant pas sa femme rentrer, l’époux de Sujata prévient la police. La jeune femme fera son apparition vers 19 heures, mais sans son bébé. Elle avait alors expliqué aux enquêteurs avoir laissé l’enfant dans un immeuble à Ébène. Une histoire qui avait tenu en haleine toute l’île Maurice.

Deux jours plus tard, soit le mercredi 23 février 2011, le nourrisson est repêché dans une rivière. Macabre découverte des habitants de la région. L’autopsie avait révélé que le bébé avait succombé à une fracture du crâne. Sujata Tania avait jeté le nourrisson dans la rivière et tenté de se suicider en se jetant elle aussi dans la rivière, mais n’avait pu le faire.

Le 19 juin 1987, Vasoodev Leelachand, dit Dadoune, égorge la petite Aarti, dans un temple à Rivière-du-Poste. Il disparaîtra dans la nature. Environ 15 jours plus tard, le corps en état de décomposition de Dadoune est retrouvé dans un champ de cannes. Avec, à ses côtés, la tête de la petite victime.

La chasse, une histoire d’amour
Comment Roubesh Boolaky a-t-il pu se procurer un fusil de chasse, alors qu’il n’en possède aucun ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres, après la tragédie de Rivière-du Poste, qui a coûté la vie à deux personnes.

L’homme de 27 ans ne possède pas de permis de port d’armes à feu. Mais il n’a éprouvé aucune difficulté à en trouver une. Car, entre les Boolaky et les fusils, c’est toute une histoire d’amour. Ils ont la chasse dans le sang. Dans leur résidence, les policiers ont confisqué deux fusils et des munitions.

Roubesh, le jour du drame, aurait pris les clefs du coffre-fort où était rangé le fusil de chasse de son frère Yogesh, 31 ans. Le passe-temps de celui-ci est de s’adonner à des parties de chasse. Lors de la perquisition de leur maison, les enquêteurs n’ont décelé aucune irrégularité. Mais Yogesh ne comprend toujours pas comment son frère a pu utiliser son fusil : « Zame linn rod tir fizi. Il ne savait même pas où se trouvaient les clefs du coffre-fort ! »

Du côté des Casernes centrales, l’on précise que les règlements sont stricts : « N’importe qui ne peut posséder une arme à feu. Avant de délivrer un permis, les officiers du Central Firearm Index mènent une enquête approfondie sur celui ou celle qui en fait la demande. La personne ne peut être un repris de justice », assure Darmarajen Mooroogan, Police Public Relation Officer.

Qui est qualifié pour obtenir un permis de port d’arme à feu ? « La demande doit être faite auprès du bureau du commissaire de police (CP). Par exemple, les chasseurs et les cultivateurs sont éligibles, alors que les convoyeurs de fonds optent, eux, pour un permis de pistolet », ajoute-t-il.

Avant de délivrer la Firearm Licence, la police se rend chez le demandeur pour des vérifications. Selon les règlements de la Firearm Act, l’arme à feu et les munitions doivent être rangées dans deux coffres-forts séparés, à l’abri des regards.




Cérémonie funèbre chez les Boolaky.



Le Dimanche/L' Hebdo

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