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Sunday, 11 November 2012 10:17

Pierre Dinan : « Un budget sans grande vision » Featured

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Il a beau feuilleter le Budget 2013, Pierre Dinan dit n’avoir vu aucune grande idée pour un exercice aussi important. L’économiste le qualifie d’ailleurs de « mi-figue mi-raisin ».
> Que vous inspire le budget présenté vendredi ?
C’est un budget de continuité avec la politique de ces dernières années, avec néanmoins quelques idées nouvelles. C’est un budget en demi-teinte, sans grandes envolées, sans fla-fla et sans grande vision.

> À quoi vous attendiez-vous ?

Je m’attendais à un changement de cap par rapport aux nouvelles lignes directrices. Il n’y a pas d’idées novatrices, à l’exception d’une nouvelle stratégie concernant l’Afrique et l’entrée dans l’ère numérique. Je dois préciser que j’apprécie le début du ciblage de l’aide sociale avec l’introduction de certaines conditions. Par exemple, il y a l’obligation pour les parents d’envoyer leurs enfants à l’école afin d’être éligibles à une assistance financière. C’est le concept Bolsa Familia mis en place par un pays d’Amérique latine (le Brésil, ndlr). Je salue également l’initiative d’opérer des vols directs vers la Chine.

> Quelles sont les mesures visant à relancer la croissance ?

Il y a quelques initiatives d’ordre technique pour aider l’instrument que sont les mesures fiscales. Autre mesure intéressante : le gouvernement veut embellir les centres-villes en encourageant la rénovation et le relooking des commerces. Cela aura un bienfait collatéral et attirera sans doute les touristes, qui négligent les villes.

> Les investissements du secteur privé sont en chute libre. Pourquoi ?
Cela est dû premièrement à cette perception qu’il y a trop de risques. Cela fait hésiter. C’est au gouvernement d’essayer d’atténuer cette impression. Il l’a fait en facilitant l’octroi de visas aux investisseurs et en permettant à plus d’étrangers de s’installer chez nous. Mais là où le bât blesse, c’est quand le ministre des Finances ne pipe mot sur le port, qui est le poumon du pays.

> Il n’a également rien dit sur le pouvoir d’achat…

Dans ce budget, il faut lire entre les lignes. Le ministre parle d’un glissement de la roupie à 3,5 % par an entre 2013 et 2015 et prévoit une inflation de 6 % en 2013. Il a incorporé dans ses comptes les Rs 4,6 milliards du PRB.

> Un repas chaud à chaque élève des écoles ZEP... Ce pari est-il réalisable ?

Ce sera un projet réussi si, sur le plan administratif, on ne traîne pas la patte. Ces enfants sont déjà identifiés, de même que leurs parents. Je souhaite que ceux qui décrocheront le contrat pour le catering soient à la hauteur. J’espère qu’ils privilégieront la qualité et non la quantité. Je tiens à souligner qu’il existe d’autres enfants dans la même situation, mais qui ne fréquentent pas les écoles ZEP.

> Que pensez-vous de l’idée d’offrir Rs 750 à chaque enfant d’une famille dont le salaire est inférieur à Rs 6 200 ?

C’est une manière moderne d’aider. C’est bien que cette aide soit accompagnée de conditions strictes.

> Xavier-Luc Duval prévoit un déficit budgétaire de 2,2 % pour la prochaine année financière. Comment s’y prendra-t-il ?

En 2012, le déficit s’élevait à Rs 8,4 milliards, alors qu’en 2013, il sera de Rs 9,5 milliards. En 2012, le déficit était à 2,5 % du Produit intérieur brut (PIB) et il est prévu qu’il baisse à 2,2 % en 2013.

> Pouvez-vous décoder ?

Selon les prévisions, le déficit devrait être de l’ordre de Rs 13,6 milliards. Mais les chiffres indiquent Rs 8,4 milliards.

> Pourquoi cet écart ?

La différence s’élève à Rs 5 milliards. Rs 4 millions représentent le montant qui aurait dû être englouti par des projets infrastructurels non concrétisés. Le gouvernement a des problèmes avec la mise en chantier de projets. Ceux-ci prennent du retard. Et Rs 1 milliard proviennent de la baisse du taux d’intérêt de la dette publique à travers le monde. En 2012, le ministre des Finances nous avait annoncé un déficit de Rs 13,8 milliards, équivalent à 3,8 % du PIB. En 2013, Xavier-Luc Duval annonce qu’il sera à 2,2 % du PIB.

> Le ministre prévoit une croissance de 4 % pour l’année prochaine. Est-ce réalisable ?
Le ministre fait un pari risqué. Est-ce que la croissance de 4 % est réalisable ? Tout repose sur des hypothèses. Primo, on se base sur une reprise éventuelle de l’économie mondiale. Secundo, on prend pour acquis la réalisation de tous les projets infrastructurels. Tertio, avec les vols directs sur la Chine, le gouvernement prévoit une croissance touristique qui oscillera entre 5 % et 8 % durant la période 2013-2015. Et si rien ne se passe comme les économistes qui entourent le ministre l’espèrent ? Sans une croissance de 4 %, le déficit budgétaire va grimper à plus de 2,2 % du PIB.

> L’emploi semble être le souci majeur du gouvernement. Que faudrait-il faire, selon vous ?
C’est un grave problème qu’il faut attaquer sérieusement. C’est la croissance qui créera des emplois productifs. Mais qu’est-ce qui a été prévu pour la croissance ? Je ne vois rien.

> Le chômage touche principa-lement les jeunes. Ne serait-ce pas la faute au mismatching entre la demande réelle du monde du travail et les filières choisies par les universitaires ?
Il y a un urgent besoin de revoir les programmes scolaire et universitaire. Avec le CPE, on s’achemine vers une Education cliff, comme ce qui se passera aux États-Unis, où toutes les taxes abolies par George Bush seront réintroduites, avec les conséquences que l’on devine. Nos jeunes aspirent à devenir des salariés. Ils ne développent donc pas leur sens de l’entrepreneuriat. Il faut un changement de mentalité. Il faut que les jeunes se prennent en charge. Il faut l’aide de l’État, mais les principaux concernés ne doivent pas agir comme des assistés et attendre que tout leur arrive sur un plateau… et rapidement.

Viser une croissance de 5 %
Lors de la Budget Breakfast Consultation de samedi (voir page 5), Pierre Dinan a déclaré qu’une « croissance de
4 % ne suffisait pas » et qu’il « fallait viser plus de 5 % », notamment « en laissant notre économie ouverte ». Il a aussi commenté le déficit budgétaire. « Un déficit budgétaire de 2,2 % paraît magique, mais il faut voir les chiffres de près, notamment le Public Sector Investment Programme, qui n’a pas encore été publié », a-t-il soutenu.

Pierre Dinan s’est aussi prononcé pour la mise sur pied d’un economic thinktank pour viser les marchés émergents : « Nous sommes tous dans le même bateau. Nous devons tous apporter notre contribution ». Il estime qu’il faut revoir notre système éducatif, tout en déplorant que la productivité, qui devrait être, selon lui, une des priorités du pays, soit « absente » du budget. « Le fonds de la Loterie nationale a rapporté moins d’argent, soit uniquement Rs 567 millions, contre des attentes de Rs 690 millions », a conclu Pierre Dinan.



Last modified on Sunday, 11 November 2012 11:10
Jean Claude Dedans

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