29 July 2014
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Sunday, 27 January 2013 10:42

T. P. Seetharam, haut-commissaire indien à Maurice : « Ce viol a éveillé la conscience des Indiens » Featured

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Le viol et le meurtre d’une jeune étudiante à New Delhi auront permis de secouer l’Inde et de faire la population prendre conscience de ce problème. Le gouvernement indien a pris les mesures correctives qui s’imposaient. C’est l’avis du haut-commissaire indien à Maurice, T.P. Seetharam.
> Comment se passe votre fonction de haut-commissaire indien chez nous ?
Permettez-moi d’abord de souhaiter une bonne et prospère année à vos lecteurs. L’Inde et Maurice partagent d’excellentes relations d’amitié, de culture et d’histoire, et nous vivons dans le pluralisme. Les liens multidimensionnels qui unissent nos deux États ont pu se faire grâce à une interaction politique qui a permis de développer des accords bilatéraux couvrant divers secteurs. C’est pour davantage raffermir tous ces liens que je suis à Maurice.

> Le président de l’Inde, dans son Global Tour, a inclus Maurice sur sa liste et il sera notre invité d’honneur pour l’Independence Day. Est-ce que cela consolidera davantage nos relations et peut-on s’attendre qu’il apporte dans ses valises des Memoranda of Understanding (MoU) qui toucheront divers domaines ?
Depuis des décennies, nos relations et les interactions politiques au plus haut niveau ont été déterminantes pour nos deux pays. La visite d’État de l’ex-présidente Pratibha Patil en 2011, celle de Navin Ramgoolam en Inde en 2012, la visite d’État du président mauricien Kailash Purryag dans la Grande péninsule en janvier sont des preuves, s’il en est, de nos excellentes relations de partenariat. Elles ont permis de renforcer nos relations bilatérales. Notre président Pranab Mukherjee a accepté l’offre de votre Premier ministre d’être l’invité d’honneur pour le 45e anniversaire de l’Indépendance de Maurice. Il existe déjà différents MoU à travers un réseau extensif intergouvernemental couvrant plusieurs secteurs. Il y a, en attente, quelques autres qui, nous l’espérons, seront finalisés et paraphés bientôt.

> On constate qu’il y a de plus en plus de Mauriciens qui prennent le chemin des universités indiennes. Qu’est-ce qui les attire autant ?

L’éducation est une facette importante dans les relations bilatérales entre nos deux pays. Maurice a fait beaucoup de progrès dans le domaine éducatif et cela a permis un excellent développement socioéco-nomique. L’Inde demeure l’une des destinations préférées des Mauriciens pour des études supérieures. Chaque année, quelque 300 étudiants y vont dans diverses filières, allant des sciences au management, de la médecine aux langues, entre autres. Les liens historiques, les cultures similaires, une riche variété de secteurs d’éducation de qualité et le coût sont les principales raisons de cet engouement pour aller en Inde.

> Il y a également les bourses indiennes…
L’Inde offre chaque année 100 bourses avec le billet retour pour des Undergraduate/postgraduate Courses dans différentes filières, comme les sciences, l’ingénierie, les sciences humaines et l’art. On offre également la possibilité pour des études plus poussées dans le domaine médical à la Banaras Hindu University. Toutes ces bourses sont coordonnées par l’Indian Council for Cultural Relations (ICCR). Sans compter qu’il y a environ 200 étudiants qui font des demandes d’admission directement à l’université de leur choix.

> On note la présence d’institutions universitaires indiennes à Maurice. Est-ce une bonne chose pour nous ?
Le gouvernement mauricien veut attirer 100 000 étudiants étrangers d’ici 2020 et vous voulez vous positionner comme un Educational hub en augmentant les infrastructures éducationnelles, ce qui permettra d’accueillir des étrangers. Ce qui a poussé certaines institutions indiennes à faire leur entrée à Maurice, comme la JSS Academy, la CDAC ou la School of Advanced Computing, l’Amity University, la Kukukshetra University. La University Grants Commission et la Tertiary Education Commission (TEC) sont entrées en accord pour l’échange de personnel enseignant et non-enseignant, et d’étudiants pour des programmes de recherches et pour upgrade leurs qualifications.

> Le pays craint que la Double Taxation Avoidance Convention (DTAC) ne soit revue par l’Inde. Existe-t-il des preuves que Maurice pourrait être un paradis fiscal ? Quelles sont les faiblesses de cette convention selon le gouvernement indien ? Même si la DTAC ne sera opérationnelle que dans trois ans, devons-nous la craindre ?
Le Joint Working Group (JWG), mis en place pour voir de près la DTAC, a eu deux sessions de travail en décembre 2011 et août 2012. Ces rencontres viennent après trois ans. Une date commune pour la prochaine rencontre est en préparation. L’Inde voit la reprise du dialogue sur la DTAC comme un développement positif et nous espérons que ce processus continuera d’une manière constructive. Le gouvernement indien a repoussé l’application des provisions du GAAR, qui devait entrer en vigueur en avril 2014. Elle le sera en avril 2016. Il y a des indications d’un regain de confiance au niveau des investisseurs en Inde. L’économie va redémarrer et nous espérons une croissance d’environ 8 %.

> Il y a un médecin mauricien porté disparu en Inde. Est-il si difficile de le retrouver ?
Le haut-commissariat indien à Maurice suit de près tous les développements dans cette disparition. Je suis confiant que le haut-commissariat mauricien en Inde, avec la collaboration des autorités indiennes, feront tout pour retrouver le Dr Vivekanand Koonja bientôt. La police de Mumbai est responsable de l’enquête et je viens d’apprendre que deux officiers de police mauriciens sont partis prêter main forte à leurs confrères en Inde.

> Après le viol et le meurtre de cette étudiante à New Delhi, il y a eu d’autres viols. Quels sont les principales causes de ces actes ?

Le viol et le meurtre de cette jeune étudiante ont choqué la conscience de toute la nation indienne. L’Inde est une grande démocratie, avec des institutions indépendantes, une société civile active, une presse libre et une jeunesse progressiste et éduquée. D’où la prise de position de cette nation qui a manifesté vivement, mais pacifiquement.

> Peut-on avancer que ce viol a poussé le gouvernement indien à revoir certaines lois pour les durcir ?

Ce viol a éveillé la conscience des Indiens et a poussé le gouvernement indien à initier des actions rapides, comme la mise en place d’un Judicial Committee sous l’égide de l’ancien chef juge, J.S. Verma, pour qu’il recommande la révision de certaines lois pour la sûreté des femmes, la mise en place de Fast-track Courts, qui se pencheront plus rapidement dans des cas de viol avec des conséquences aggravantes. En un mois, le comité a reçu plus de 80 000 suggestions faites par diverses sections de la société et a soumis son rapport, sur lequel se penchera le gouvernement. Ce viol va faire de l’Inde un meilleur endroit pour vivre.

> Quel est le plat mauricien que vous préférez ?

J’aime bien votre curry de poisson et de poulet. Mais mon préféré demeure le dholl puri. Cela n’existe pas en Inde. Quand je n’ai pas beaucoup de temps, j’en mange volontiers. C’est si bon…



Jean Claude Dedans

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