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Sunday, 03 February 2013 12:15

Premcoomar Beeharry : « Ne pointez pas le CPB du doigt » Featured

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La perception est trompeuse, dit-il. Premcoomar Beeharry défend l’organisme qu’il préside. Le Central Procurement Board, insiste-t-il, travaille en toute transparence. 
> Le Central Tender Board (CTB) a été remplacé par le Central Procurement Board (CPB), dont vous êtes le chairman. Qu’est-ce qui a changé concrètement ?
À l’époque du Central Tender Board, la législation n’était pas aussi stricte. Il y a eu une étude afin de revoir tout le système. D’où la Public Procurement Act, qui préconise la création d’un Central Procurement Board, afin d’encadrer les procédures d’appels d’offres et la création des Standard Bidding Documents en vue d’assurer la bonne marche du système. Puis, il y a eu la création de l’Independent Review Tribunal (IRT) qui permet à un soumissionnaire mécontent de chercher justice.

> Au sein du CPB, est-ce des professionnels qui analysent les exercices d’appels d’offres ou des nominés politiques ?
Le CPB a pour tâche de superviser tout ce qui a trait aux appels d’offres des ministères et des corps paraétatiques. Pour ce qui est des professionnels, on s’assure que dans chaque ministère, il y ait des cadres compétents pour évaluer les offres. Souvent, on fait appel à des professionnels qui ne travaillent pas dans des ministères pour constituer un comité d’évaluation (Bid Evaluation Commitee). On s’assure toutefois qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts et que ces professionnels ne sont pas liés avec aucun des soumissionnaires.

> Le CPB ne murmure-t-il pas à l’oreille des évaluateurs ?

Pas du tout ! Le CPB ne dicte rien aux évaluateurs. Ils ont carte blanche.

> Le CPB s’est souvent fait, disons, rabrouer par l’IRT, qui a renversé beaucoup de ses décisions...

J’estime qu’il est tout à fait normal qu’un tribunal renverse des décisions du CPB. C’est comme une cour de justice qui renverserait des décisions d’autres institutions. Nul n’est parfait. Nous sommes dans une démocratie. Il arrive que l’IRT détecte des manquements et c’est tant mieux. It’s a healthy situation que le tribunal relève des manquements techniques.

> Vous avez confiance dans les membres du CPB ?

Le gouvernement a confiance dans le CPB. Jusqu’ici, il n’y a eu aucune allégation de corruption à l’encontre d’un membre du CPB. Certes, il y a une perception de corruption entourant le CPB… Mais elle est fausse. Il ne faut pas pointer l’institution du doigt.

> La transparence a donc cours au sein de l’organisme ?

Le CPB travaille dans la transparence la plus totale et veille à ce que les règlements soient respectés. Ce n’est pas le conseil d’administration qui examine les offres. Le Board ne s’ingère pas dans le processus de sélection. Néanmoins, nous échangeons des informations avec le comité d’évaluation. We keep aloof.

> Le Board a-t-il le droit de conseiller un soumissionnaire ?
We don’t deal with bidders.

> Est-ce qu’un soumissionnaire peut apporter des amendements après la clôture d’un appel d’offres ?
Les amendements doivent être apportés avant la clôture de l’appel d’offres, non après. Lors de l’examen des offres, s’il y a des éclaircissements à rechercher auprès des soumissionnaires, on le fait. Mais les amendements ne doivent en aucun cas avoir un impact sur le prix coté.

> Quel genre d’amendements, par exemple ?
Par exemple, si le soumissionnaire a oublié d’inclure son bilan financier… C’est un cas de figure que nous rencontrons régulièrement. Mais je répète qu’il n’est pas possible d’apporter des amendements après la clôture d’un appel d’offres. Chercher des éclair-cissements fait partie de la routine.

> Venons-en au projet de péage, au coût de Rs 30 milliards. L’un des deux ‘final bidders’ a porté plainte au tribunal. Qu’est-ce qui cloche ?

Ce projet de péage, au coût de Rs 30 milliards, tombe sous la Public Private Partnership Act (PPP Act). Le PPP est un concept nouveau. Les discussions finales sont approuvées par le CPB. Tout projet tombant sous le PPP doit nécessairement passer par le PPP Committee et le Cabinet. C’est le Transaction Adviser qui chapeaute les projets soumis.

> Quel est le rôle d’un Transaction Adviser ?

C’est une firme de consultants comprenant toutes les compétences versées dans les projets tombant sous le PPP. C’est-à-dire des légistes, Quantity Surveyors, architectes, ingénieurs, experts comptables… Ils préparent les docu-ments de l’appel d’offres avec toutes les spécifications. Pour le projet de péage, on a dû faire appel à une société sud-africaine, car à Maurice il n’y a pas de firme de ce genre. Toutefois, le Transaction Adviser est soumis au contrôle du Bid Evaluation Committee du CPB. Pour le projet de péage, ce n’est pas le gouvernement qui investit, mais le soumissionnaire qui décroche le contrat. Chaque soumissionnaire a l’occasion de défendre son concept.

> Vous dites que des amendements ne peuvent être apportés après la fermeture d’un appel d’offres. Nous avons en notre possession une lettre émanant de votre bureau, daté du 16 novembre 2012, soit trois semaines après la clôture de l’appel d’offres, demandant au ‘Preferred Bidder’, soit Bouygues/Colas, d’apporter des amendements. La lettre donne même des conseils sur la façon de contourner certains manquements. Vos commentaires ?
Selon la PPP Act, un soumissionnaire peut apporter des amendements après la fermeture d’un appel d’offres. Ce qui n’est pas le cas des exercices d’appels d’offres ‘normaux’… Pour le projet de péage, les deux soumissionnaires sont au même niveau de compétence. Le problème est le coût du projet. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé au soumissionnaire sa Best and Final Offer (BAFO). Il faut néanmoins souligner que le coût n’est pas le seul facteur. Si les négociations avec le Preferred Bidder n’aboutissent pas, le soumissionnaire qui vient juste après n’est pas hors course. Bouygues/Colas a jusqu’à juillet pour envoyer sa BAFO.

> Concernant le projet Dream Bridge, des rumeurs font état de documents ‘back dated’ concernant le pylône au milieu de la rade...

La Mauritius Ports Authority (MPA) est au courant de tous les détails concernant le projet. Des discussions ont d’ailleurs démarré depuis un bon moment entre la MPA et la Road Development Authority.

> Vous avez donc la conscience claire au sujet du projet de péage ?

C’est le premier projet PPP du gouvernement, il faut qu’il réussisse. J’ai la conscience claire. Voulez-vous une preuve que nous prônons la transparence ? Sachez que nous avons fait provision, dans cet exercice, afin que les soumissionnaires ne puissent contester tout choix du CPB devant le tribunal. Alors que la PPP Act ne prévoit pas un tel recours.




Jean Claude Dedans

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