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Saturday, 19 January 2013 12:00

Salim Muthy, président du Mouvement Victimes Sale by Levy : « Les plus gros requins sont invisibles... » Featured

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Les épreuves qu’il a vécues, les moments de désespoir et les jours de joie retrouvée ont redessiné les contours de sa vie, pour en faire un homme de combat, allergique aux injustices. Salim Muthy, après avoir été spolié, est devenu malgré lui, le porte-drapeau de la cause des victimes à la barre.
«J’ai appris à connaître les rouages du dossier des ventes à la barre que certains jeunes avocats vien­nent aujourd’hui me demander des explications », sourit Salim Muthy, domicilié à la rue Labourdonnais, sur un terrain qui appartenait à sa famille et qu’il a dû racheter pour presque le double de son prix après une longue bataille judi­ciaire, prélude à son en­gage­ment en faveur de son engage­ment auprès des vic­times des ventes à la barre.

Issu d’une famille de pâtis­sier, lui-même pâtissier et propriétaire de commerces de gâteaux, l’un à Phœnix et l’autre à Castel, il a dû tout vendre lorsque ses ennuis avec la justice ont commencé en 1998. « Ma famille avait ce terrain de 98 toises dans cette ruelle de la rue Labourdonnais, et puis quelque temps après, mon frère l’avait hypothéqué pour obtenir un prêt. Personne ne connaissait les impli­cations, j’avais monté ma pâtisserie sur ce terrain ».

Un beau jour, un huissier de la Cour suprême se présente pour lui informer que la propriété sera saisie à cause des mensualités impayées. Un délai lui est accordé par la Cour. « C’était la première fois que j’étais entraîné dans l’univers des Cours de Justice. J’ai vu mon nom sur un ‘Notice Board’. Là, mon monde s’est écroulé », se souvient Salim. Dès cet instant, il va devenir le centre d’intérêt d’une faune d’individus – les courtiers de terre – qui lorgnent son terrain idéalement placé dans la capitale. « J’étais loin de soupçonner leur existence », explique-t-il.

L’oeil du cyclone
Mais ils ne sont pas les plus méchants dans ce sombre tableau. « Ils ne gagnent pas beaucoup lorsqu’ils arrivent à mener une affaire à bon port. Ils touchent peut-être Rs 8 000 à 10 000. Pas plus. Les plus gros requins sont au fond de l’iceberg, invisibles. Ils sont des notaires ou avoués, banquiers ».

Pris dans l’œil du cyclone, afin de pas perdre son terrain, Salim suit aveuglément les courtiers, sans savoir qu’il lui fallait les services d’un homme de loi. Puis, au bout de sept renvois et devant la perspective imminente de se voir spolié, il se résigne à se mettre en contact avec un homme de loi. « Dans ces cas-là, on croit que les gens de votre communauté vont vous aider. Au contraire, je me suis rendu compte que lorsqu’il s’agit d’argent, cet aspect ne compte
pas ».

Ce qui va se passer ensuite échappe totalement à sa compréhension et à sa volonté. « L’affaire s’est dénouée entre une banque, qui avait eu vent de la vente à la barre de mon terrain, entre un notaire et le courtier. J’ai dû débourser de l’argent de ma poche à deux reprises, une fois, j’ai dû vendre ‘pour dipin diberr’ un terrain à Albion ».

C’est en 2004, lors de son audience devant la commission ‘Sale by Levy’ présidée par l’ex-Chef-Juge Glover, que toute cette affaire sera connue du grand public. Grâce à son témoignage, le voile est enfin levé sur un des plus gros scandales qui ruinent des cen­taines de personnes et qui a connu son succès à cause de la complicité entre banques et notaires.
« Certes, reconnaît Salim, de nombreuses personnes ont perdu leur terrain par leur faute, mais ce qu’il fallait démontrer, c’était cette connivence à haut niveau et le mécanisme qui permettait qu’elle marche ».

Mais, selon Salim, la Commission n’a pas réussi à mettre la main sur les notaires véreux. « L’année dernière, devant la deuxième commission présidée par la magistrate Wendy Rangan, et grâce à mon expérience, j’ai fait des suggestions pour un meilleur système ».

Aujourd’hui, la famille de Salim porte encore les séquelles de ce drame. « Toute ma famille a été traumatisée, ma mère est devenue diabétique et elle a une jambe amputée. Dans d’autres familles, il y a eu des suicides ».



Le Defi Plus

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