Dans le premier volet de sa trilogie autobiographique annoncée, intitulé « Edge of the Cliff: The Revival », il retrace son enfance, sa scolarité et ses choix politiques.
La nouvelle génération connaît peu, sinon rien, d’Anand Mulloo. L’homme lui-même ne paie de mine, laissant aux livres parler de lui, donc de sa pensée. En trois volets, Anand Mulloo s’est fixé l’objectif de s’exprimer dans un anglais qui sert ses desseins à perfection.
Tout commence à Mumbai, la capitale du Maharastra, d’où est originaire la petite communauté marathie de Maurice. Du port de Mumbai jusqu’à Mare-Gravier, où les frères Mulloo s’enracineront, ce sont deux générations de Marathis qui s’échinèrent pour que leurs enfants reçoivent la meilleure éducation possible. Les ancêtres sont des fervents arya-samajistes et tout au long de sa carrière, Anand fera valoir les causes progressistes du swami Vivekanda.
La description que livre l’auteur à propos des relations au sein de sa famille et d’autres parents rejoint parfaitement celle faite par des auteurs qui se sont penchés sur la vie des travailleurs engagés du Bihar. Ensuite, les localités qu’Anand Mulloo cite sont toujours restés à forte concentration de Marathis. L’auteur se rappelle aussi qu’Azor Adelaïde, le docker abattu par des hommes de main du PMSD, l’emmenait sur le dos. « As a well-built, muscular, tough-looking Creole boy, he used to tease me ‘Ti Japonais’, because of my smallness, my buttons sharped eyes, my fair complexion and my Japanese features. »
Dans la famille, le petit Anand est attentif aux articles de presse dont le père est un fidèle lecteur. Ce dernier est un fervent admirateur du Pandit Bissoondoyal qui brave le pouvoir colonial et qui, lui-même, sert de modèle pour avoir décroché une maîtrise en Inde. Le père Mulloo, en disciple arya-samajiste, exerce aussi une grande influence sur la pensée d’Anand. « Il refusait de croire au fatalisme et était fermement convaincu que ce sont aux hommes de forger leur destin. »
La naissance de deux garçons, Veer et Prem, explique l’auteur, allait lui donner un sens de responsabilité, mais la famille reste résolument pauvre, et est contrainte de vendre sa seule vache.
‘Aya Colecotté’
À l’école d’État de Beau-Bassin, le petit Anand se sent perdu dans l’immensité de l’établissement et, comme partout ailleurs, il subit les coups du bâton de bambou de M. Lebon lorsqu’il lui arrivait d’oublier ses tables de multiplication. Au ‘baitka’ de la localité, c’est un drôle d’individu répondant au nom de Guru Dev qui se charge de parfaire son éducation.
Un jour, au Jardin de la Compagnie, où le Parti travailliste tenait un meeting, il découvre la figure emblématique de Renganaden Seeneevassen, connu sous le sobriquet d’Aya Colecotté, un homme qu’il dépeint avec des termes élogieux.
Quant au Dr S. Ramgoolam, s’il ne possède pas l’éloquence de Seeneevassen, ni la flamboyance d’un Rozemont, son discours est convaincant et il impose le respect. D’autres figures éminentes du Labour finiront par donner une dimension socialiste aux idées politiques naissantes du jeune Anand. C’est tout naturellement, et malgré sa timidité, qu’il deviendra un agent actif du Labour à Lower Beau-Bassin en 1953, et son adoubement sera le fait des personnalités telles que Guy Forget, Régis Chaperon et Raymond Rault.
Après ses études au collège New Eton, et sa formation au Teachers Training College, il se joint à l’enseignement. Nourri de la pensée de Marx, Lénine et Fanon, des réformateurs arya-samajistes, du combat des indépendantistes indiens, il est confronté à la véritable misère sociale lors de son affectation à l’école de Cassis.
Paul Bérenger écrit dans Advance
Il faudra sans aucun doute attendre la publication des deux autres volets de cette trilogie autobiographique pour comprendre la pensée d’Anand Mulloo. Mais d’ores et déjà, ce premier volet montre un homme qui a un sens aigu de l’histoire sociopolitique et économique de Maurice. La peinture sociale qu’il en livre est saisissante de réalisme et à aucun moment, l’auteur a cédé la complaisance. Cet ouvrage-là tient donc toutes ses promesses. Et comme il sait rendre justice aux faits, il n’hésite pas à citer Paul Bérenger qui, commentant dans les colonnes du journal travailliste d’Advance, le départ massif des anti-indépendantistes, écrit : « Let those who wish to run away do so as soon as possible. They’ll go away with their money and their pessimism, their defeatism and their prejudice of a past age. »
Edge of the Cliff. Vol. The Revival, par Anand Mulloo (292 pages)
Imprimé par Quad Printers
24 May 2013

Saturday, 19 January 2013 08:00
L’enfance d’Anand Mulloo, le ‘Ti-Japonais’ arya-samajiste Featured
Il est de ces Mauriciens qui sont convaincus que leur parcours, dans sa diversité, mérite d’être partagé. Anand Mulloo est de ceux-là. Chaque détail de sa vie, des origines marathies de ses ancêtres, à ce jour, en passant par ses engagements politiques, a fait de lui un observateur scrupuleux de la société mauricienne.
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Pradeep Kumar Daby
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