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Sunday, 17 February 2013 12:00

Le seggae

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Ras Natty Baby et Kaya ont créé le seggae. Ce sont des créateurs, des poètes de notre temps. Peut-être même des philosophes !
Un jour, nous réaliserons ce qu'ils ont apporté à notre culture et à notre identité nationales. J’espère qu'il ne sera pas trop tard. Ras Natty Baby s'inscrit dans cette longue lignée de personnes qui ont donné une part de leur intelligence à la musique qui fait aujourd’hui partie de notre patrimoine à tous. Quand on étudie les textes de nos ségatiers, de Ti Frer à Blackmenbluz, en passant par Cassiya et Ras Natty Baby, on s’aperçoit que ce sont de formidables artistes/auteurs, engagés pour certains, populaires pour d'autres. Mais tous ont ce timbre exceptionnel qui leur a permis de graver sur platine des mélodies magnifiques qui resteront dans les mémoires…

Dans tout pays, le travail des artistes est célébré et reconnu par tous comme faisant partie de l'identité locale. Mais à Maurice, alors que cela fait plus de 100 ans que le séga domine la scène culturelle, nous persistons à mépriser nos ségatiers. Dans « Bal Bobesse », le poète Serge Lebrasse nous donne une photographie instantanée des moeurs de l'époque de notre pays et nous apprend bien des choses sur nous-mêmes. Michel Legris, sans doute le plus mystérieux et le plus mystique de tous, nous livre son opus « Mo capitaine », une quasi référence aujourd’hui pour tous ceux qui veulent se lancer dans le séga. Roland Fatime a, lui, créé le « Soul sock sega ». Il y a tant d’artistes à avoir apporté leur pierre à l'édifice.

Pourtant, nous ne leur reconnaissons pas cette qualité intellectuelle propre à la création. Nous acceptons le séga pour danser, mais pas pour penser. Cela est regrettable car nos ségatiers, qui ont une valeur considérable, ne peuvent toujours pas gagner leur vie correctement. Sans indépendance financière, garante de la créativité et de la liberté artistique, il sera difficile pour nos ségatiers de développer et pérenniser leur oeuvre dans le temps.

Quand aurons-nous une ségathèque (au même titre qu’une bibliothèque) ? Quand organiserions-nous un festival dédié au séga et à la célébration de nos artistes ? Pourquoi n'avons-nous pas encore de musée du séga où nous pourrions découvrir la discographie de notre crooner Georgie Joe, par exemple ?  Il est encore temps de prendre conscience de cette terrible injustice. Il est temps de réhabiliter nos ségatiers pour ce qu'ils ont apporté à notre société. Vive le séga, vive le seggae.
europ didac

Le Dimanche/L' Hebdo

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