Aussi loin que se pose notre regard, les rares habitants que nous croisons sont pressés. Tant pis, nous en arrêtons quelques-uns. Une habitante nous accorde une minute. Top chrono. « Mon frère est malade et je m’en vais de ce pas lui rendre visite à l’hôpital. J’habite à Lower Vale depuis 18 ans et j’avoue que cela change de l’individualisme de Vacoas, ma ville natale. Ayo, vous m’excuserez, mais je dois vous laisser », déclare Prateema Caunhye, en passant un dernier coup de serpillière sur sa terrasse.
Nos pieds nous conduisent par la suite à un atelier de menuiserie. Si le sol est bien recouvert des flocons de bois, le maître des lieux ne travaille pas pour autant. Abdool Hadool s’accorde une petite causette entre amis. Ça tombe bien, parce qu’on peut s’inviter à la conversation. « Je suis né ici. Mon village, j’en suis fier même si on dit qu’on délaisse Lower Vale au détriment de upper Vale. On pousse selon moi, le bouchon un peu trop loin en disant cela. C’est vrai qu’upper Vale est plus animé, mais ce n’est pas autant qu’on manque de facilité. »
Piqué par la curiosité, on décide d’aller voir ce qui diffère tant de l’Upper Vale de sa petite sœur. Pas grand-chose, si ce n’est qu’Upper Vale dispose de plus de boutiques. On remarque aussi que certaines routes sont mieux asphaltées. En parlant de route, le hasard met sur la nôtre Waweid Mohanuth. Travaillant dans une compagnie d’asphaltage que gère son père, Waweid s’en va faire un tour sur sa bicyclette. « Nous travaillons actuellement à Phoenix. Nous sommes debout depuis 6 heures et ne travaillons qu’une demi-journée. Ce qui fait que moi à 11 h 30 je peux déjà me balader. » De question en question, le jeune nous donne une singulière information. « Vous cherchez une particularité à mon village. Si vous ne le savez pas, sachez que la localité compte cinq mosquées. C’est plutôt extraordinaire pour un petit village », dit-il.
Le chômage est aussi une triste réalité ici : « 75 % des jeunes d’ici ne travaillent pas. S’ils le font, c’est aussi qu’ils ont dû accepter un emploi quelconque, rien que pour gagner leur vie », indique Farzad.Sabeena Bissoonauth gagne son pain à la sueur de son front. Oiseau de nuit, elle profite de sa journée avant de se rendre à Grand-Baie à la tombée de la nuit pour y travailler jusqu’aux petites heures du matin. « Je travaille dans un club à Grand-Baie. Je profite de ma journée pour m’atteler à des tâches ménagères », avance-t-elle.
Et ça donne quoi d’être jeune à The Vale ? « On n’est pas différents des autres jeunes. C’est vrai que les loisirs font défaut. Mais les jeunes d’ici vont les chercher là où ils se trouvent. »
À bon entendeur...
Un jardin d’enfants, des routes correctes et un meilleur ravitaillement en eau. Les habitants de The Vale ne sont pas très exigeants.
GPS
Circonscription : n° 6 ( Grand-Baie/Poudre-d’Or.
District : Rivière-du-Rempart.
Altitude : 115 m.
Villages avoisinants : Fond-du-Sac, Grand-Baie et Petit-Raffray.
Nombre d’électeurs : 2 723.
Distance de : Port-Louis - 18 km. Flacq - 22 km. Curepipe - 33 km. Surinam -
54 km.
Portrait d’habitant – Anand RamguthAnand Ramguth est âgé de 59 ans. Il a grandi à The Vale. Vigile, il se rendra ce soir à Réduit : « Mo on night duty tanto. La mo kas kas ene poz lakaz mem avek mo bane ti enfant. » Il attend ses soixante bougies avec beaucoup d’impatience. « En janvier de l’année prochaine, j’aurai 60 ans. Je suis impatient d’y être. Entre vous et moi, je ne sais pas encore si je vais prendre ma retraite. Tout dépendra de ma santé », dit-il.

Le sourire de Sabeena Bissoonauth.









