Au bout d’une rue, assis sur une chaise et portant une chemise blanche, Vijay Pargass prend à la fois son temps et l’air qui passe. Les cheveux blanchis, le visage marqué de rides, l’homme a 67 ans. Il a toujours vécu là.
Fouillant dans sa mémoire, voilà qu’il ferme les yeux ! Se repassant probablement le film de son enfance, il raconte : « Mone grandi dan sa landrwa la. Avan, pa ti koumsa. Dimoune mem pa ti ena otan. Zordi tou fine sanzer. Mais lam vilaz la ine res parey ! Li ankor tuzur sa landrwa kot so bane habitan kontan viv heré. » Une bonne poignée de main plus tard, notre balade se poursuit. La gorge sèche nous cherchons en vain une boutique pour trouver une bonne bouteille d’eau fraîche. Je m’étais fixé cette noble mission quand un homme vient à ma rencontre.
« Ou zournalis mo tandé », me demande-t-il. Répondant par un ‘oui’ discret, je disais mentalement que les nouvelles fusent. Se présentant comme Rajiv il m’invite : « Vini mo montré ou ene zafer extra. » Curieux de nature, je me mets à le suivre, dans les ruelles de son quartier.
Poussant un grillage, il pointe du doigt une maison. « Regardez cette maison appartenait à mon grand-père. Il y a vécu jusqu’à l’âge de 97 ans. Il l’a reçu lui-même en héritage. Ce qui fait que cette maison est vieille de plus d’une centaine d’années. Elle serait la plus veille maison du village, » explique-t-il, avec de la fierté dans la voix.Baignant dans l’ombre à la rue Forbach, Sattee Ramchurn fait la causette avec ses amies. Dans le quartier, on la connaît comme celle qui nourrit des poules : « C’est une passion. J’en compte plusieurs. Vous voulez les voir ? » me demande-t-elle.
Une poignée de riz à la main, voilà qu’elle scande des ‘ha ha ha’, comme le faisait jadis ma grand-mère pour appeler ses canards. Par je ne sais quelle magie, les moins timides répondent effectivement à l’appel.
Son petit élevage, Sattee, le fait plus pour s’occuper pendant la journée. « Jadis, je travaillais. Quand j’ai cessé de le faire, j’ai voulu m’occuper et j’ai choisi les poules pour me tenir compagnie », raconte-t-elle en souriant.Car les habitants de Fond-du-Sac ont facilement le sourire.Nous découvrons une tabagie qui sort un peu de l’ordinaire. On y trouve des robes, du matériel scolaire et des boîtes de santales pour des puja. Mantee Jeewooth explique ce choix plutôt singulier : « J’ai ouvert cette tabagie pour faciliter la vie des gens du coin. Ainsi, en venant chez moi, ils trouveront tout ce dont ils ont besoin. Ce qui me permet de vivre de mon petit commerce. »
À bon entendeur...
Plus de loisirs pour les jeunes et de meilleures infrastructures routières ! C’est ce que demandent les habitants.
GPS
- Circonscription nº 6 (Grand-Baie/Poudre-d’Or.)
- District : Pamplemousses.
- Altitude : 142 m.
- Villages avoisinants : Aussailles, Belle-Vue Pilot et Bois-Rouge.
- Distance de : Port-Louis : 16 km. Grand-Baie : 3 km. Flacq : 22 km. Curepipe : 31 km. Surinam : 52 km.
- Nombre d’électeurs : 3 978.
Portrait d’habitant – Mme Panchoo
C’est après son mariage que Mme Panchoo est venue s’installer dans ce petit village. Mère de famille, cette femme au foyer rentre chez elle après une petite promenade. Coquettement vêtue, elle ne cache pas qu’elle adore son village. « C’est vrai qu’on n’a pas tout ce qu’on veut, mais on y vit bien. C’est un village paisible, malgré le fait que toutes les communautés ne vivent pas toujours en harmonie. »


Le sourire de Mantee Jeewooth.

L’endroit offre à perte de vue de verts pâturages.









