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Sunday, 13 January 2013 11:17

Cinéma – Les pirates ont la vie dure Featured

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Yash Chopra se retournerait dans sa tombe s’il pouvait voir le nombre de copies piratées de « Jab Tak Hain Jaan » en circulation à Maurice. De son vivant, sa maison de production, YashRaj Films, a mené une lutte sans merci contre le piratage. Malgré les bonnes intentions, le problème du piratage reste entier.
Le piratage est l’ennemi numéro un des propriétaires, importateurs, exploitants et distributeurs de films. Comme tout nouveau film indien est immédiatement disponible sur DVD en version piratée, à un prix concurrentiel, cette option est préférée à visionner un film en salle, surtout que le billet coûte entre Rs 200 et Rs 250. C’est le prix de 8 DVD !

Par les temps qui courent, il faut la sortie d’un film vraiment exceptionnel pour que la salle soit remplie à moitié. C’était le cas, par exemple, quand j’ai vu Skyfall au Star du Caudan. L’époque où les salles affichaient complet semble révolue.

« Les salles ne sont pas remplies à cause du piratage. Ce ne sont pas justes l’enlèvement de l’Entertainment Tax et de la taxe sur les billets qui vont ramener le public dans les salles. Le vrai problème demeure le piratage. Si le public peut librement se procurer un DVD pour Rs 50 ou moins, il n’ira pas le voir le film dans les salles. Les autorités doivent s’attaquer à ce problème », explique Rajesh Callicharan, gérant de la salle du Novelty.

La suppression de la TVA n’encourage pas le cinéphile à fréquenter les salles obscures. Les billets coûtent seulement Rs 25 en moins. Ainsi, les tarifs pratiqués au Novelty, qui étaient auparavant de Rs 175, Rs 125 et Rs 200 respectivement, sont maintenant passés à Rs 150, Rs 100 et Rs 175. (Le tarif le plus fort est celui des films en 3D).

Pirate et piratage
L’exploitation des copies pirates n’est plus l’apanage des commerçants qui vendent ce genre de films. Rajesh Callicharan révèle que même une salle gérée par une famille bien connue trempe dans le piratage, projetant des films de manière illégale. « Cette salle projette des films dont elle ne possède pas les droits et sans l’aval du Board of Film Censors. Quand j’ai alerté le BFC, on m’a dit : “Nous n’avons pas de Law Enforcement Officer. Il faut voir la police.” Quand je suis allé voir la police, on m’a dit de retourner vers le BFC et de produire des documents attestant que c’est bien moi qui aie importé le film. Au cas contraire, la police ne pouvait rien faire. »

Rajesh Callicharan dit que cette situation dure maintenant depuis maintenant quatre mois. « Pour chaque film que j’importe, puisque je suis aussi importateur, je paie Rs 3 000 pour la censure plus Rs 700 pour chaque copie additionnelle. Les pirates sont en meilleure situation que nous. Ils ne paient rien ! »
Un film hindi coûte en moyenne Rs 100 000 à un importateur. Le DVD du même film coûte Rs 100 (coût de fabrication + royalties). « En comparaison, pour les pirates, un DVD coûte seulement Rs 15 en termes d’investissements ! Vous imaginez le tort qu’ils nous causent et leur marge de profits comparée à nous ? » dit Rajesh Callicharan.

Frais
Une salle de cinéma digne de ce nom implique plusieurs frais. Le propriétaire doit investir dans l’électricité, un projecteur, un système acoustique, la sonorisation, la climatisation, les sièges, les frais d’entretien, sans oublier le salaire des employés. Ce qui peut sembler un paradoxe, c’est que bien que les salles restent à moitié vides la plupart du temps, on voit des nouvelles salles de cinéma dans pratiquement chaque nouveau centre commercial, comme à Bagatelle et à Flacq.

Bon goût et patience
« Je veux perpétuer cette culture d’aller au cinéma. Pour vraiment apprécier un film, il faut que toutes les conditions soient réunies : image parfaite, son parfait, ambiance parfaite. C’est seulement dans une salle de cinéma que l’on trouve cela. C’est là qu’on se détend. Amitabh Bachchan a dit un jour que vous pouvez posséder des millions, vous n’arriverez jamais à créer chez vous l’atmosphère propre à une salle de cinéma. C’est unique ! » dit Rajesh Callicharan.

Pour faire preuve de bon goût et apprécier un film dans sa plénitude, le gérant du Novelty demande aux cinéphiles de faire aussi preuve de patience. « Souvent, les gens sont pressés. Et dans leur empressement, ils n’attendent pas la sortie officielle d’un film et achètent une version piratée, dès qu’elle est disponible ».

Solution
Le propriétaire du Novelty a sa petite idée pour combattre le piratage. « Les autorités devraient introduire une loi réclamant au marchand de prouver que son film est original. Si une telle loi entrait en vigueur, la situation s’améliorerait grandement pour nous », dit-il.

À l’étranger, depuis quelques années, on a introduit une nouvelle technique pour projeter des films : la projection digitale. Cette nouvelle technologie signifie qu’un film n’a plus besoin de voyager. Au Novelty, elle est déjà en place. « C’est un grand pas en avant dans la lutte contre le piratage. Certes, on continuera à copier un film en installant l’appareil dans la salle même, avec la complicité du gérant ou d’un membre du personnel, mais au moins, ce n’est pas la copie originale venant du producteur qui tombera entre les mains des pirates », explique Rajesh Callicharan.

Cinematograph Act
Le Board of Film Censors opère sous l’égide du ministère de la Culture et il est régi par la Cinematograph Act de 1940. Les deux tâches principales du Board sont de contrôler l’importation de films et d’émettre des visas avant leur exploitation en public.

Selon la Cinematograph Act, le BFC ne prend pas en charge la censure des films en vidéo. Donc, aucun visa pour les films commercialisés sous ce format. Une large majorité des films projetés par la Mauritius Broadcasting Corporation est prévisionnée par le personnel de cette corporation. Les permis sont délivrés gratuitement pour l’importation de longs métrages.

Board of Film Censors : « Nous ne nous occupons pas de droits de distribution »
« Notre tâche est d’apposer notre hologramme pour certifier que le film est original et non piraté, et de délivrer des visas. Si un importateur de films a une doléance, il doit déposer une plainte auprès de l’Anti-Piracy Unit. C’est à la police de déterminer qui possède les droits de distribution. Nous ne sommes pas habilités à le faire », déclare un officiel du Board of Film Censors.

Salle mythique
Le Novelty est une salle de cinéma mythique encore opérationnelle à Maurice. Elle a été fondée en 1951. Rajesh Callicharan en a pris le contrôle en 2002. « Cette salle a une histoire derrière elle. Des cinéphiles aujourd’hui d’un certain âge se remémorent avec plaisir des temps quand ils fréquentaient cette salle alors qu’ils étaient jeunes. Certains y viennent encore et m’en font part quand ils me rencontrent », dit-il.
Dans les années 70, le Novelty a accueilli les légendaires chanteurs indiens Mohammed Rafi et Mukesh pour des représentations.

Rajesh Callicharan éprouve une reconnaissance pour les cinéphiles d’antan, ce qui l’a incité à organiser en octobre dernier une séance spéciale à prix réduit pour le public du 3e âge. « Ce qui m’a touché, c’est qu’une dame a sorti ses Rs 50 en pièces de monnaie pour payer son billet », raconte-t-il.

Une preuve, s’il le fallait, qu’il y a encore des cinéphiles du 3e âge qui seraient intéressés à aller voir un film en salles à condition que le prix soit à leur portée. Rajesh Callicharan ne compte pas en rester là et a exprimé son intention d’organiser d’autres séances spéciales de ce genre.

Novelty, spacieuse et bien entretenue, compte deux salles de cinéma d’une capacité de 350 et 200 sièges respectivement. Les films sont projetés avec une nouvelle technologie qu’on appelle le système DK.
Quels sont les films qui ont le mieux marché cette année au Novelty ? « Housefull 2, Ek Tha Tiger, Rowdy Rathore et actuellement Taalash. Côté occidental, ce sont Avengers, The Amazing Spiderman et Batman (The Dark Knight Rises) », révèle Rajesh Callicharan.

Le Novelty projette, depuis le 7 janvier, Matru Ki Bijli Ka Mandola de Vishal Bhardwaj avec Imran Khan et Anushka Sharma.



Raj Bissessur

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