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Sunday, 27 January 2013 11:14

Ilot – Terre d’eau ! Featured

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On la traverse des fois sans même s’en rendre compte ! Entouré de rivières, le village d’Ilot ne manque cependant pas d’attrait. Nous y avons promené notre ombre sous son soleil…
Le vent caresse les feuilles, dont les plus fébriles viennent mourir nonchalamment sur le bitume. Jouant avec elles du bout des doigts, elles me devancent en faisant traîner derrière elles, un petit bruit.

Pour votre bulletin météo, sachez amis lecteurs, qu’il faisait ce jour-là un temps radieux. Les rivières étaient remplies. On ne fait pas 100 pas dans ce village sans tomber nez à nez avec une berge. Ce serait d’ailleurs pour cette raison que l’endroit porte un nom aussi océanique.

Du moins, c’est ce que nous raconte, un monsieur assis sous un arbre. « Ilot pa apel ilot, pou narien. Akoz ena buku la rivier isi ki sa vilaz la apel koumsa », dit avec une ferme conviction Ismaël.

De son village, il ne manquera pas de m’apprendre : « Ilot ene vilaz aristocrate sa. Tou ban bel palto ki reste ici. Guet sa lakaz droite divan ou la. Sa lakaz ene dokter sa. Kosté ar li ou pou gagne lakaz ene dentis. Alé koumsa mem. Pou sa raison la mem ki mo ti la boutik pa marché. , Gran dimoune fer komisison dan sipermarsé pa cot Ismael ti boutiquier. »

Reprenant ma route, sous l’ombrelle que me tendent les manguiers gorgés de fruits juteux, le périple se poursuit dans la candeur d’âme de la localité. Tant et si bien que je me mets inconsciemment à siffler, question de m’occuper et surtout les neurones carburent mieux avec des chansons.

« Ki manière dadi », lancé-je en direction d’une femme d’âge mûr ! M’accueillant avec le sourire elle me répond avec une petite voix que le temps a un peu éraillée : « Mo byen do. »

Les présentations complétées, Sona Burhoo se met, comme je le voulais, à parler de sa vie, de son époux qu’elle a perdu trop tôt, de ses enfants, dont elle en est fière, mais surtout de ce village qu’elle porte dans son cœur. « À la mort de mon mari, je suis retournée vivre chez mes parents à l’Ilot. C’est d’ailleurs, les bons moments que j’ai passés ici qui m’ont aidé de surmonter cette soudaine disparition. Et effet, mon mari se portait bien. Du jour ou lendemain, il est tombé sévèrement malade et sa santé s’est dégradée rapidement », raconte-t-elle avec nostalgie.

Un peu plus loin, dans une impasse, Ravin Bawa est également un natif du village. Et contrairement à Ismaël, Ravin ne passe pas par quatre  chemins pour dire que son village est un bled perdu en pleine nature et dont personne ne se soucie. « Nous manquons de tout ici. Le comble, c’est que personne ne lève le petit doigt pour améliorer notre condition de vie. La preuve, la précarité est ici à son paroxysme », indique Ravin, avant d’ajouter : « Saki ris, ris mem et saki pov mari pov isi. »

Sur les conseils de Ravin, je prends tout droit. Celui-ci me disait un peu plus tôt : « Si ou al droite la. Ou pou gagne ene pon. Zis apres pon gagne ene la rivière. Zoli laba. »

La grande aiguille de ma montre n’a à peine eu le temps de boucler sa boucle que j’y étais déjà. Parsemé de quelques rares nénuphars, l’endroit a un cachet qui aurait pu être exploité par les autorités pour le rendre plus attrayant. Mais que voulez-vous, tous les villages ne sont pas égaux en ce qu’il s’agit de développement !

Nous faisons un petit tour, dans un quartier proche de cette rivière et nous tombons sur Vimla Bissessur. Confortablement assise dans un sofa en osier et regardant les rares passants, elle se souvient, quant à elle, de sa localité, du temps quand elle n’était pas encore alimentée en eau courante, encore moins en électricité. « Heureusement pour nous que la modernité a fini par nous donner des infrastructures qui sont venues nous simplifier la vie », dit-elle.

Deux heures plus tard, ma virée s’achève. Grimpant dans le véhicule qui démarre, je salue en route de la main, les habitants que j’ai croisés et qui sont intervenus dans ce reportage. Soudain, je demande à notre ami chauffeur de s’arrêter en lui lançant : où diable ai-je encore oublié mon calepin ?      

À bon entendeur...
Les villageois déplorent l’irrégularité des transports en commun à Ilot. Le service de voirie y ferait également des siennes. De plus, un jardin d’enfants serait aussi le bienvenu dans la localité. »

GPS
Circonscription : nº 5 (Pamplemousses/Triolet)
District : Pamplemousses.
Ilot fait partie du village de D’Epinay.
Altitude : 141 m.
Villages avoisinants : Mon-Goût, The-Mount, Camp-Créole, Grande-Rosalie, Petite-Rosalie, Jouvence et Résidence-Le-Plessis.
Distance de - Pamplemousses : 3 km. Curepipe : 21 km. Flacq : 16 km. Surinam 43 km.
Nombre d’électeurs : 3 971.

Portrait d’habitant
Paul Bordelais
Paul est peintre en Italie. Ce citadin a épousé une Mauricienne dans son pays d’adoption. C’est la tranquillité d’Ilot qui l’a encouragé à bâtir sa maison dans le village. « C’est pour fuir le bruit et la pollution des grosses agglomérations que je me suis installé ici. L’endroit est très paisible. Cela ne ressemble en rien à la Sicile, où nous habitions, ma famille et moi. Je suis actuellement à Maurice pendant des travaux de rénovation chez moi. Je repars à la fin du mois et je dois dire que ce charmant petit village va me manquer. »



Thierry Léon

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