La CSR d’une compagnie qui tient vraiment à laisser un impact sur la vie communautaire et l’environnement ira au-delà des paramètres légaux établis. Depuis le 1er janvier 2012, chaque firme profitable se doit d’utiliser 50 % de son fonds CSR pour financer au moins l’un des quatre secteurs prioritaires : (a) le relogement social (b) la pauvreté absolue et le renforcement communautaire (c) le bien-être des enfants au sein des groupes vulnérables et (d) la prévention des maladies non transmissibles.
Les objectifs du fonds CSR sont :
- d’encourager les compagnies à gérer leurs propres programmes financiers pour le développement social et environnemental ; l de faciliter la contribution des compagnies dans leur soutien aux programmes nationaux implantés par des firmes, des agences gouvernementales ou des ONG, programmes approuvés par le gouvernement ;
- de promouvoir une communauté fonctionnelle au sein des ONG, avec des plans de travail complémentaires et qui sont en phase avec le programme de développement national.
Quels programmes financer ?
Le comité national CSR publie une liste des programmes éligibles pour le financement.
Projet concerté
Les trois parties engagées dans la CSR sont le secteur public, le secteur privé et des ONG. « Chaque partie peut soutenir financièrement un projet et gérer elle-même ses finances, à condition qu’elle respecte les directives définies par le gouvernement », explique Sanjeev Gopal, Officer in Charge du comité national CSR, dont le CEO est Serge Petit.
Ce comité fonctionne sous l’égide de la National Empowerment Foundation, qui est elle-même sous le ministère de l’Intégration et de l’Economic Empowerment. La partie doit soumettre sa demande au comité qui examinera comment son projet fera avancer la cause de la CSR nationale. Une fois approuvée, elle peut aller de l’avant. Le comité mesurera, à partir de là, l’impact du projet, s’il bénéficie vraiment au groupe concerné.
Les deux objectifs majeurs du gouvernement sont le bien-être et le développement de l’enfant et l’éradication de la pauvreté. Quelque 29 poches de pauvreté ont été identifiées où 7 000 familles vivent au-dessous du seuil de la pauvreté. « Des 2 % des profits allant au fonds CSR, 1 % est directement employé à soutenir les familles touchant moins de Rs 5 000 par mois. Depuis juin 2011, une centaine de maisonnettes a été construite pour ce groupe vulnérable. Cette année, nous visons la construction de 150-200 autres maisonnettes », explique encore l’Officer in Charge.
L’aide matérielle apportée au fonds CSR ne concerne pas que les maisonnettes – il est aussi question de l’achat de matériel scolaire, de l’octroi de bourses au niveau secondaire comme au niveau tertiaire, des learning classes ou des cours de rattrapage pour les recalés. Une centaine de projets a été mise sur pied depuis la création du fonds CSR national en 2009 et l’accent est mis sur les familles sans toit, qui ne peuvent payer l’uniforme de leurs progénitures et qui ne peuvent mettre leurs bébés dans une garderie. Le fonds CSR fait aussi provision pour les athlètes de haut niveau (50 % de leurs salaires proviennent de ce fonds).
Les autres projets sociaux du fonds CSR national concernent la réintégration des ex-prisonniers, les handicapés, ainsi que le respect de l’environnement.
Caroline Martial : « Le groupe Veranda aide les familles vulnérables »
Le groupe Veranda Leisure & Hospitality (VLH) soutient des organisations non gouvernementales qui œuvrent en faveur de la protection des lagons et du développement communautaire. VLH soutient plusieurs projets : le recyclage de déchets, une crèche, le soutien aux enfants des rues, entre autres. Entretien avec Caroline Martial, manager de la Corporate Communication & Social Responsibility (CSR) de VLH.
Décrivez-nous les activités du groupe hôtelier Veranda Leisure & Hospitality dans le cadre de sa responsabilité sociale ?
Le groupe soutient deux projets à Bel-Ombre, où il est représenté par Heritage Resorts. Le premier est Plankton, première unité communautaire de recyclage de déchets de l’île. Le second est le Centre d’Éveil pour les Enfants du Sud, une crèche qui ouvrira ses portes ce mois-ci et qui s’adressera aux familles les plus vulnérables. Nous soutenons aussi un projet de l’ONG SAFIRE pour les enfants des rues d’African Town, à Riambel.
Les hôtels Veranda Resorts, sont partenaires de l’ONG Reef Conservation depuis quatre ans et viennent de financer la création de leur Training Centre et la formation des onze premiers candidats du Marine Eco Guide Training.
Par ailleurs, nous aidons trois écoles ANFEN et de la ZEP à Trou-aux-Biches et à Grand-Gaube. Depuis quelques mois, nous appuyons le Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire, qui s’occupe de 30 familles du Quartier Lumière, à Grand-Baie.
Heritage Resorts du groupe VLH est le principal promoteur du projet Plankton. Pourquoi avoir choisi ce projet en particulier ?
Parce que Plankton est un formidable challenge pour la région de Bel-Ombre. Il va apporter des réponses durables à plusieurs problèmes environnementaux et socio-économiques. C’est un projet d’entreprenariat créateur d’emplois. Les revenus générés par la vente des déchets financeront des projets d’intérêt général. Le projet cadre avec le projet Maurice Ile Durable. Il va permettre à la région de préserver sa propreté et la qualité de ses lagons, et limitera les émissions de gaz carbonique.
Comment comptez-vous soutenir ce projet ?
Dès les premières discussions en 2010, nous avons témoigné notre soutien de principe à la fondation. Nous avons suivi sa conception durant un an et nous continuons de participer à sa mise en place. Les directeurs d’hôtels et chefs d’opérations d’Heritage Resorts ont mis en place la logistique du tri sélectif, que nous avions déjà initié partiellement dans nos établissements depuis 2008. Les déchets triés d’Heritage Le Telfair, Heritage Awali, Heritage The Villas, le C Beach Club et Le Golf du Château sont désormais collectés par Plankton. En outre, nous sommes le bailleur de fonds du projet. Notre contribution s’élève à un peu plus à Rs 2 millions.
Il y a trois ans, les priorités du groupe VLH étaient (i) la prévention du Sida (ii) la protection de l’environnement et (iii) le développement communautaire. Avez-vous atteint vos objectifs ?
Nous soutenons des ONG très professionnelles. Le choix des projets est guidé par leur caractère réaliste, la « mesurabilité » de leur impact, et nous suivons tout au long de l’année leur évolution. Nous finançons la lutte contre le VIH/Sida via la Rogers Foundation. L’objectif du 1er plan triennal était la prévention chez les 15-24 ans. Les objectifs ont été atteints, les jeunes connaissent bien le VIH, ses modes de transmissions et les moyens de protection.
Au niveau des lagons, entre 2008 et 2010, le projet de Reef Conservation a permis de donner à 2 900 écoliers et à 240 enseignants du primaire une formation sur l’environnement marin et sur ces écosystèmes.
Nous avons aussi financé une bouée d’amarrage dans le lagon de Grand-Baie en 2007 et une plongée sera effectuée en début 2012 pour mesurer son impact sur la biodiversité et sur la santé des coraux. D’autres projets comme le Plankton sont en cours. Le Marine Eco-guide Training de Reef Conservation vient, lui, de voir ses 11 premiers candidats diplômés.
Elzette Balgobin, manager de Bel-Ombre Foundation for Empowerment : « Tous nos projets visent à éradiquer la pauvreté »
Comment est née la Bel Ombre Foundation For Empowerment ?
La Bel Ombre Foundation for Empowerment a vu le jour en 2008 afin d’accompagner les bénéficiaires d’aides pour qu’ils réalisent pleinement leur potentiel et cela, dans des projets d’entreprenariat, de formation, d’éducation et d’intégration sociale.
Le projet Plankton est censé venir en aide à Bel-Ombre et aux villages avoisinants en créant de l’emploi. De plus, il épouse le concept Maurice Ile Durable (MID)…
Plankton vise à créer de l’emploi vert pour sept personnes directement et cinq autres indirectement. Il servira aussi à apporter une réponse durable à la question de gestion des déchets. En plus, cela servira à sensibiliser les habitants. D’ailleurs, le projet a été conçu dans la ligne du concept MID, comme prescrit dans la stratégie gouvernementale.
Pourquoi l’appeler Plankton ?
Le nom Plankton est inspiré du petit organisme marin appelé plancton, très connu pour son rôle capital dans le cycle carbone. De plus, l’unité se situant sur le littoral sud de l’île est un plaidoyer pour la protection de l’environnement marin qui fait la fierté de la région.
Le projet vise principalement à protéger l’environnement à travers le recyclage de déchets en adoptant la Green Job Attitude. C’est quoi exactement, cette attitude ?
Les emplois verts sont l’emblème d’une économie et d’une société qui préservent l’environnement. La croissance est respectueuse de l’environnement et le développement est propre. La Fondation est heureuse que ce projet fournisse de l’emploi vert. D’ailleurs, le projet fait l’objet d’une étude ILO, ONU et UOM sur les possibilités d’emplois verts à Maurice.
À part le projet Plankton, quelles sont les priorités pour la BOFE pour l’année 2012 ?
Nous préparons le lancement de notre centre d’éveil pour les familles vulnérables, l’ouverture d’un Centre de lecture et d’animation culturelle, la construction d’un parcours de santé, entre autres.
Quels projets avez-vous pour l’immédiat pour Bel Ombre et ses environs ?
Tous nos projets visent l’éradication de la pauvreté en misant sur l’inclusion. Nous avons des projets en permanence : formation, rattrapage scolaire, club des enfants, lancement d’une micro-entreprise, conjointement avec l’Organisation internationale de la migration, dans la fabrication d’assiettes jetables en gaine de palmiste.




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