Dr Poonam Bissessur, psychiatre : «La cause de l’épilepsie inconnue dans 60 % des cas»

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
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La Journée mondiale de la maladie mentale est observée le 10 octobre. C’est l’occasion de zoomer sur un trouble mental : l’épilepsie.

«L’épilepsie est une condition neurologique qui se caractérise par une tendance à avoir des convulsions commençant dans le cerveau. » C’est ce qu’explique d’emblée la doctoresse Poonam Bissessur, psychiatre. Elle précise toutefois que toutes les crises ne sont pas dues à une épilepsie. D’autres conditions peuvent ressembler à l’épilepsie. Parmi, la perte de connaissance ou une glycémie très faible, qui peut se produire chez les personnes traitées pour le diabète.

La psychiatre souligne que l’épilepsie est une condition variable, qui affecte différentes personnes de différentes façons. « Toute personne peut développer une épilepsie, à tout moment de la vie », dit-elle. Ce trouble mental est le plus souvent diagnostiqué chez les enfants et chez les personnes de plus de 65 ans.

Toute personne peut développer une épilepsie,à tout moment de la vie»

Dr Poonam Bissessur

Différentes épilepsies sont dues à de nombreuses causes sous-jacentes, qui peuvent être complexes et sont parfois difficiles à identifier. Elles comprennent les lésions cérébrales, les accidents vasculaires cérébraux, les tumeurs cérébrales, les infections du cerveau et les malformations congénitales. Dans 60 % des cas, la cause est inconnue. L’épilepsie peut aussi être génétique ou congénitale. Cependant, une consommation excessive de boissons alcoolisées ou une infirmité motrice d’origine cérébrale (cerebral palsy) augmente les risques d’épilepsie, précise le Dr Bissessur.

Il existe plus de quarante différents types et les crises varient, dit-elle. Certains peuvent avoir un « blank » pendant quelques secondes, ce qui va les emmener à se promener et à être confus. D’autres peuvent tomber au sol et convulser. « Certaines personnes sont inconscientes lors de leurs convulsions et ne se souviennent donc pas de ce qui leur est arrivé », explique-t-elle.

Certaines personnes sont inconscientes lors de leurs convulsions et ne se souviennent donc pas de ce qui leur est arrivé »

Le diagnostic de l’épilepsie est habituellement basé sur l’observation de l’apparition de crise et la cause sous-jacente. Un électroencéphalogramme (EEG), pour rechercher des formes anormales des ondes cérébrales, et de la neuro-imagerie (CT ou IRM), pour examiner la structure du cerveau, fontt également parties intégrantes de la prise en charge. La surveillance vidéo et l’EEG peuvent être utiles dans des cas difficiles.

Le Dr Bissessur ajoute que le traitement principal de l’épilepsie se compose de médicaments anticonvulsifs que le patient devra possiblement prendre durant toute sa vie. « Le choix de l’anticonvulsif est basé sur le type de convulsion, les médicaments que la personne consomme en raison d’autres problèmes de santé, l’âge et le mode de vie du patient », explique-t-elle.

Un seul médicament est suffisant dans un premier temps. Mais s’il ne s’avère pas assez efficace, il est recommandé de passer à un autre médicament. Environ 30 % des personnes continuent à avoir des convulsions, malgré un traitement anticonvulsif, indique le Dr Bissessur.

La psychiatre fait remarquer que l’épilepsie ne peut généralement pas être guérie. Cependant, la prise de médicaments peut contrôler efficacement les convulsions dans environ 70 % des cas. Parmi ceux qui ont des crises généralisées, plus de 80 % peuvent être bien contrôlés avec des médicaments, dit-elle.