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Tuesday, 06 November 2012 19:56

Obama veut encore incarner l'espoir malgré quatre ans de mandat difficile

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Porté au pouvoir sur un slogan d'espoir, Barack Obama, qui brigue mardi un second mandat de quatre ans à la tête des Etats-Unis dont il est le premier dirigeant noir, doit à la fois assumer un bilan qui a déçu certains électeurs et continuer à incarner le changement.
"Le progrès est difficile. Le changement peut être lent", reconnaît M. Obama, alors que son adversaire républicain Mitt Romney l'accuse d'avoir manqué à sa parole de rassembler les Américains et surtout de remettre l'économie sur pied.

Mais "si vous voulez bien continuer à tenter d'atteindre cette vision des Etats-Unis que nous portons dans notre coeur, le changement viendra", ajoute M. Obama, au moment où les sondages serrés témoignent d'électeurs désabusés après avoir subi depuis quatre ans la pire crise économique depuis les années 1930.

Ses interlocuteurs décrivent un président réservé, cérébral mais aussi très compétitif, qui n'aime perdre ni en politique, ni au basket. M. Obama assure avoir toujours le feu sacré, malgré sa contre-performance lors du premier débat contre Mitt Romney qui soulevé des interrogations sur la motivation d'un dirigeant réputé ne pas goûter aux intrigues de Washington et encore moins au bavardage des télévisions d'information en continu.

C'est à la convention démocrate de 2004 à Boston, qui adoube John Kerry face à George W. Bush, que Barack Hussein Obama, fils d'un Kényan et d'une Américaine blanche, apparaît véritablement sur la scène nationale américaine, en défendant une approche consensuelle de la politique qui séduit et fait date.

M. Obama, né en août 1961 à Hawaii et ayant passé une partie de son enfance en Indonésie, représente alors depuis sept ans le sud déshérité de Chicago au Sénat de l'Illinois (nord). Début 2005, il accède au Sénat de Washington, et grâce à son charisme et son éloquence, il devient la coqueluche des médias.

Quatre ans plus tard, au terme d'une ascension météorique qui l'a vu terrasser sur le fil Hillary Clinton à la primaire démocrate puis triompher du vieux routier républicain John McCain à la présidentielle, il succède à M. Bush et s'installe à l'âge de 47 ans à la Maison Blanche.

Ambitieuse réforme de l'assurance-maladie

Les Etats-Unis ont choisi "l'espoir plutôt que la peur", assure M. Obama après avoir prêté serment le 20 janvier 2009 face à deux millions de personnes réunies dans la ferveur au centre de Washington.

Mais l'exercice du pouvoir est souvent frustrant pour cet avocat et professeur de droit constitutionnel passé par Harvard, en particulier depuis que les républicains ont conquis la Chambre des représentants fin 2010 et tenté de mettre en oeuvre leurs promesses de tailler dans les dépenses sans augmenter les impôts.

M. Obama peut pourtant se prévaloir d'un bilan respectable, dont une ambitieuse réforme de l'assurance-maladie. Mais le chômage reste encore 2,8 points plus élevé qu'avant la crise tandis que la dette de l'Etat fédéral a augmenté de plus de moitié depuis 2009.

S'il devient le premier président américain à soutenir les mariages entre personnes de même sexe après avoir mis fin au "tabou homosexuel" dans l'armée, il ne parvient à faire adopter ni une réforme de l'immigration, ni un plan de transition vers les énergies "vertes".

A l'étranger, celui qui avait pour la première fois fait parler de lui en 2002 avec un discours contre la guerre en Irak tient fin 2011 sa promesse d'en retirer les soldats américains.

En revanche, en Afghanistan, il triple en moins d'un an le contingent avec pour mission de relancer la lutte contre Al-Qaïda, un objectif également poursuivi au Pakistan voisin via une "guerre secrète" des drones. En mai 2011, il triomphe avec l'élimination d'Oussama Ben Laden.

Mais il s'est comme tous ses prédécesseurs cassé les dents sur le conflit israélo-palestinien, compliqué par un "printemps arabe" qu'il a parfois semblé gérer à vue, et la montée des tensions avec l'Iran sur son programme nucléaire. Le tout sur fond de relations difficiles avec Pékin et Moscou, malgré une "remise à zéro" un temps fructueuse avec le Kremlin.

Si l'accession d'un Noir à la tête de la première puissance mondiale, 150 ans après la fin de l'esclavage et un demi-siècle après les lois sur les droits civiques, a été saluée comme un événement historique, M. Obama, dont les cheveux ont beaucoup blanchi depuis sa prise de fonction, semble s'ingénier à donner sur la forme des gages de normalité.

On le voit jouer au golf, boire de la bière et promener son chien, et il met un point d'honneur, dit-il, à interrompre sa journée de travail pour aller dîner avec sa famille. Michelle Obama, brillante avocate épousée il y a tout juste 20 ans, lui a donné deux filles: Malia, 14 ans, et Sasha, 11 ans.




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