En vigueur dès janvier 2018 : la compensation salariale coûtera Rs 2,2 Md à l’économie

Par Mario Boutia O commentaire
compensation salariale

Le gouvernement a décidé d’octroyer une compensation salariale uniforme de Rs 360. Elle coûtera Rs 1,7 milliard au secteur privé et Rs 500 millions au secteur public. Ce qui fait un total de Rs 2,2 milliards. Cette compensation entrera en vigueur à partir de janvier 2018.

Après plus de cinq heures de discussions, les syndicalistes sont sortis plus ou moins satisfaits de la réunion du comité tripartite, mercredi. Certes, leur contre-proposition d’une compensation mensuelle de Rs 450 n’a pas été retenue, mais le chef du gouvernement leur a promis que leur demande sera prise en considération lors du réajustement de l’impôt négatif. L’autre élément de satisfaction pour les syndicats est l’annonce par le Premier ministre de la remise en opération prochaine du National Economic and Social Council. 

« On n’a pas pu accepter la contre-proposition syndicale de Rs 450, car certaines entreprises se seraient retrouvées en difficulté », a  affirmé  Pravind Jugnauth. Il a expliqué que, tout en tenant compte du côté social, il est aussi de son devoir de veiller à la bonne marche des entreprises, surtout celles tournées vers l’exportation et dont la situation est difficile avec le Brexit ainsi que la rude concurrence sur le marché international.

Le Premier ministre a aussi parlé de la période d’instabilité qui frappe l’Allemagne ainsi que des pays du Moyen-Orient, d’Asie et du continent africain. Il attire aussi l’attention sur le fait qu’aux États-Unis, l’administration Trump remet en cause plusieurs accords. « On est en pleine période d’instabilité sur le plan international. »

Le gouvernement a aussi pris en considération le prix du pétrole qui est passé de 47 dollars le baril, en novembre 2016, à 61 dollars cette année. Il n’écarte pas une nouvelle flambée du prix du pétrole.

Pravind Jugnauth a indiqué que malgré l’incertitude économique, le gouvernement fait de son mieux pour soutenir ses compatriotes se trouvant au bas de l’échelle. « Nous avons renforcé l’État-providence d’une manière sans précédent. Le budget pour la protection sociale a atteint Rs 32,9 milliards cette année, soit une hausse de 50 % par rapport à 2014. » Il a mentionné les subsides sur le riz, la farine et le gaz ménager qui coûtent Rs 1,382 milliard au gouvernement.

«Justice sociale»

Le ministre des Finances a aussi parlé des mesures prises en faveur des travailleurs, dont l’introduction du salaire minimal et de l’impôt négatif.  « J’ai toujours cru en la justice sociale. Mais il faut aussi tenir compte d’autres facteurs pour assurer la stabilité économique », a-t-il fait comprendre.

Parlant de la compensation salariale pour 2017, Pravind Jugnauth a souligné que les salariés percevant jusqu’à Rs 8 000 bénéficieront d’un  taux de 4,5 %, soit un pourcentage supérieur à celui de l’inflation qui est de 3,6 %. Ceux touchant Rs 10 000 à monter auront une compensation équivalant au taux d’inflation, tandis que pour ceux dont les salaires sont de Rs 30 000, le taux de la compensation tournera autour de 1,2 %.

Réactions

Le patronat

Pradeep Dursun : « On respecte la décision du gouvernement »

Les représentants du patronat ont proposé une compensation de Rs 310 aux salariés qui touchent jusqu’à Rs 8 500 par mois et Rs 300 pour ceux touchant des salaires plus élevés. « Nous avons expliqué notre proposition en arguant qu’il y a des secteurs qui ne pourront pas payer une compensation salariale plus élevée. Le gouvernement a opté pour une compensation across the board de Rs 360. Nous respectons sa décision », avance Pradeep Dursun, Chief Operating Officer de Business Mauritius.

Les syndicats

Rashid Imrith : « Heureux que ce soit ‘across the board’ »

« Nous sommes heureux que le Premier ministre ait accepté notre proposition d’une compensation across the board, c’est-à-dire à tous les employés. Certes, il n’a pas accédé à notre contre-proposition de Rs 450, mais nous sommes satisfaits qu’elle sera prise en compte lors du réajustement de la Negative Income Tax », a déclaré le président de l’All Employees’ Federation.

Narendranath Gopee : « Notre contre-proposition sera étudiée »

« Le Premier ministre n’a pas accédé à notre contre-proposition de Rs 450. Mais il a promis qu’elle sera considérée lors des discussions sur la Negative Income Tax. Je maintiens que l’impôt négatif est une forme de subside au secteur privé », a indiqué le président de la Federation of Civil Services and Other Unions.

Radhakrishna Sadien : « Il faut des réunions régulières »

Le président de la Government Services Employees’ Association est satisfait que la réunion se soit déroulée dans une atmosphère cordiale. « Nous apprécions que ce soit le Premier ministre qui ait présidé ces travaux. Il est important qu’il y ait des réunions régulières entre les syndicats et le gouvernement. Je salue la décision du gouvernement de rouvrir le National Economic and Social Council. »

Lall Dewnath : « Je suis satisfait des décisions prises »

Le président de l’Agricultural & General Workers’ Union est satisfait que le gouvernement ait opté pour une compensation uniforme. Il est heureux qu’il ait décidé de revoir le rapport sur le salaire minimal qui contient, dit-il, « trop de manquements allant contre les intérêts des travailleurs. »