Interview

Gaëtan Siew : « Il faut professionnaliser les métiers de la construction »

Le secteur de la construction est dans un important processus de professionnalisation, explique le président du CIDB. Ce sont les particuliers qui en sortiront gagnants en ayant accès à des prestataires mieux structurés et des informations plus appropriées en amont dans leurs projets de construction.

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« La compagnie dûment enregistrée auprès du CIDB, peut être tenue responsable de toute malfaçon au titre de la garantie décennale. »

Quel est votre bilan  à la présidence du Construction Development Board (CIDB)?
Le Board a planché sur un plan d’action de cinq ans pour le secteur de la construction. Nous avons établi des critères pour l’enregistrement de toutes les entreprises du secteur : des grands building contractors jusqu’aux petits, que ce soit dans le béton, l’électricité et la plomberie. à ce jour, 976 de ces sociétés se sont faits enregistrer.

C’est une reconnaissance de leurs capacités et compétences. C’est aussi un gage qui protège les intérêts du public si jamais il y a litige. Cet exercice d’enregistrement est renouvelé tous les ans. On pourra, ainsi rétrograder ou améliorer le classement de ces sociétés. Cela met de l’ordre dans les appels d’offres. Le gouvernement n’autorise que les entreprises enregistrées à y participer. Nous encourageons le secteur privé à en faire de même.

Est-ce que cet exercice est très détaillé?
L’enregistrement des entreprises de construction s’est fait en huit catégories : A à H. Ensuite, les compagnies sont réparties dans les segments où ils opèrent : ingénierie mécanique ou électrique, génie civil ou du bâtiment. Aujourd’hui, nous avons une photographie assez précise du nombre de sociétés engagées dans tous les segments de la construction, leurs capacités et niveau. Car nous avons procédé à l’enregistrement de tous les consultants – architectes, ingénieurs, quantity surveyors et Project Managers. Ainsi, 440 autres entreprises ont été ajoutées à la liste.

Comment le particulier en bénéficie-t-il?
Actuellement, la loi ne l’oblige pas le recours à un architecte pour toute construction de moins de 150 mètres carrés. Désormais le public peut solliciter une entreprise de construction reconnue par le Board. La compagnie dûment enregistrée auprès du CIDB, peut être tenue responsable de toute malfaçon au titre de la garantie décennale.

C’est une protection additionnelle des intérêts du public. C’est aussi un moyen pour signaler aux entreprises qu’elles doivent travailler correctement. La finalité de cet exercice d’enregistrement a été de mettre de l’ordre dans le secteur et professionnaliser les métiers. Le secteur de la construction sera désormais plus professionnel et réglementé.

Quel est le prochain projet du CIDB ?
Le secteur emploie environ 55 000 personnes. Dans un deuxième temps, on organisera de la  formation continue afin qu’elles améliorent leur performance. Ce faisant, ces entreprises et leurs employés pourront être promus dans une catégorie supérieure et participer à des appels d’offres de valeur plus conséquente. Par la suite, on travaillera pour que la loi régissant le Board soit plus inclusive. On fera enregistrer des professionnels de l’architecture d’intérieur et des fournisseurs de matériaux. Cet exercice est en cours. 

Comment comptez-vous vulgariser ce concept auprès du grand public?
Nous préparons un petit guide de la construction pour le grand public. Il sera distribué gratuitement le mois prochain. On compte en tirer quelque 50 000 exemplaires. Il sera largement illustré pour une meilleure compréhension. L’absence d’aide et de conseils techniques au grand public a des répercussions directes sur le coût et la qualité. Cette absence contribue à une détérioration, avec des inondations et des glissements de terrain. D’habitude, les particuliers ne tiennent pas compte du climat, des vents, le positionnement par rapport au soleil dans la construction de leurs maisons.  

Et en quoi pourra-t-il aider à baisser les coûts de construction ?
Nous avons estimé que le public dépense plus qu’il n’en faut pour les matériaux. En étant mieux informé, le particulier peut économiser beaucoup. On estime à 10% le coût du surplus de ferraillage et matériaux divers.

 

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