31 July 2014
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Sunday, 01 July 2012 10:54

En Vadrouille – Ripailles – Au-delà des montagnes Featured

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Perdu dans la verdure des montagnes avoisinantes, le village de Ripailles évolue à son propre rythme, c’est-à-dire, à pas de tortue ! Cette condition le sied parce que l’endroit offre un dépaysement, non pas par son côté pittoresque, mais par sa capacité à figer le temps.
Chut ! Surtout, ne faites pas de bruit ! Pour nous suivre, il est même conseillé d’enlever ses chaussures pour ne pas réveiller l’endroit. Et puis, faites gaffe où vous mettez les pieds. Parce qu’ici, les terres sont principalement recouvertes de plantations de légumes !

Vikash Bansoodeb est planteur. La dureté de ses mains et son visage hâlé par le soleil l’attestent de fort belle manière. Le sourire facile, l’homme nous invite dans son champ où il fait pousser de quoi nourrir sa famille : «  Je suis planteur depuis 1982. Mes mains n’ont jamais fait autre chose que de s’occuper de la terre. Dans mes champs, je cultive des choux, chou chou et d’autres légumes que je revends à l’encan un peu partout à travers l’île. »

Ripailles, ses paysages de montagnes et ses plantations de canne à sucre.

Sous son chapeau militaire, il cesse un instant de dorloter ses plantes. Levant la tête vers nous, il nous dit : « Mes enfants ne s’intéressent guère à la terre. Ils disent que le métier de planteur est trop astreignant. Après moi, aucun autre Bansoodeb ne mettra de bottes pour se rendre aux champs, la pioche sur l’épaule. »

Pétri de gentillesse, Vikash se propose même de nous faire rencontrer un de ses amis éleveurs de vaches laitières. « Il habite Ripailles, mais sa ferme se trouve à Nouvelle-Découverte. Ce qui n’est qu’à un jet de pierre d’ici », explique-t-il en s’essuyant le front avec le revers de sa main gauche.
À peine avons-nous pris place à bord de notre véhicule que nous y descendons. Dans les étables ou flânant dans les verts pâturages, des vaches lâchent des meuh assourdissants sur notre passage. Faisant attention là où nous mettons les pieds pour ne pas marcher dans la bouse, nous avançons sur une route cahoteuse et jonchée de pin.

Nous respirons un bon coup avant de continuer en apnée tant l’odeur est pestilentielle. Nous suivons Vikash en file indienne. Après avoir échangé quelques mots en bhojpuri avec un grand gaillard, ce dernier nous dit : « Je suis Prakash Buckhory, le président de la Cow Breeders Cooperative Society. Malheureusement, l’ami de Vikash n’est pas là. Mais n’hésitez pas à me demander n’importe quelle information. »

Le puits du quartier où l’on vient encore puiser de l’eau potable.

À quoi nous répondons tout de go : « Comment se porte l’industrie du lait frais ? » « Mal », répond Buckhory avant de poursuivre : « La nourriture des vaches nous revient beaucoup plus que les bénéfices que nous faisons. Seule la passion du métier fait que nous continuons l’aventure avec 200 têtes de vaches. »

Un peu plus tôt, nous avons aussi rencontré Madvi. Dans un petit snack improvisé, elle veille sur sa fille. Blottie contre maman pour en absorber la chaleur de son corps, la fillette se retire à notre venue. Madvi parle d’emblée de l’hiver. « Ayo isi fer extra frai. Pu dormi si pas bien couver diffisil », raconte la commerçante.

Quand ce ne sont pas des légumes, ce sont des fleurs que les habitants cultivent.

Profitant de notre passage, elle se fera même une petite publicité. « Mo vane gato salés, roti ek halim so. Mé mo specialité cé lézel poul frir. Isi zis mo tousel ki fer sa », fait-elle remarquer. « Cependant, les affaires ne marchent pas trop ici. Comme il y a très peu de monde, les gens ne se bousculent pas devant mon snack », poursuit-elle.

Âgé de 52 ans, Udhin Kritanand a toujours vécu à Ripailles. Il aime son village. « C’est un peu trop tranquille et j’espère que cela le restera parce qu’on y est tous habitués », fait-il ressortir.

Portrait d’habitant
Shekar est un employé de la MSPCA. À 54 ans, ce père de cinq enfants, nourrit une vraie passion pour la terre comme tant d’autres habitants de Ripailles. Il ne vend pas ce qu’il cultive. « Je cultive principalement des herbes fines et de l’ail pour la consommation personnelle de ma famille. »
Nous lui demandons ce que le temps a changé dans son village et il dit sur une note de nostalgie : « Tout ! Le plus triste, c’est que les jeunes de Ripailles n’ont plus le même sens du devoir envers leurs aînés. »


GPS

Origine du nom : François Chazal arriva à Maurice en 1763. Propriétaire d’un domaine, il y fit construire une maison qu’il surnomma Ripailles. Selon toute vraisemblance, le village tient son nom de cette maison.

On évoque aussi que ce seraient les ripailles (grands banquets) que donnait souvent le gouverneur René Magon qui seraient à l’origine de l’appellation de la localité. Ce dernier y possédait également un domaine en ce lieu.
  • Situé dans le district de Moka.
  • Fait partie de la circonscription n˚ 8.
  • Nombre d’électeurs : 779.
À bon entendeur...
Les habitants déplorent un manque accru d’activités sportives à l’intention des jeunes à Ripailles. Certains souhaitent que l’école primaire désaffectée, faute d’élèves, soit utilisée à d’autres fins.

Scène de vie...

Ici, on cueille des mandarines dans l’arrière-cour.



Beaucoup d’habitants sont des éleveurs de vaches laitières.



Vikash Bansoodeb a toujours travaillé la terre.



L’ancienne école primaire, dans son triste habit.



… Gianduth Bhondah.



Thierry Léon

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