21 November 2014
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Sunday, 05 August 2012 11:54

Britannia – À l’angle des terres ! Featured

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D’humeur anglophone, après Holyrood, c’est à Britannia que nous faisons escale pour un thé. Nous y avons rencontré des Mauriciens qui ont le cœur sur la main.
Il y a une petite pluie passagère et nos poumons se remplissent de l’air frais. Voilà qui est de bon augure pour un reportage pédestre qui célèbre notre dixième vadrouille ! Il ne manque qu’un cadeau et des invités pour festoyer.

La première sera Amigai. Entourée d’une ribambelle d’enfants qui guettaient son arrivée. Encaissant l’argent d’une main et servant ses petits clients de l’autre, elle parle avec une voix nasale. « Isi bien bon non ! Ala devan fek ena ene mariaz ek tou dimoun dans lendroi ine ale donne cou demin. Nu viv couma fami isi », raconte la tenante de la tabagie.

Elle est gentille et nous offre même de quoi nous rafraîchir ! La remerciant, nous poursuivons notre chemin qui croisera, dans un champ, celui d’Adin Soorooj, qui nous tend une main sale. On lui serre le poignet.  
Habitant la localité depuis que son « lombri ine enter isi », Adin laboure la terre. Depuis quelque temps, il est à son propre compte. « J’ai été pendant 30 ans laboureur de l’établissement sucrier Britannia. Ayant obtenu mon Voluntary Retirement Scheme, je loue ce petit lopin de terre pour faire pousser des herbes fines comme de la coriandre pour ma propre consommation », explique-t-il.


Ce père de famille est fier de son village et de l’usine sucrière. « Ce moulin attire encore les nouveaux mariés qui viennent y faire des belles photos. Le cadre enchanteur du village fait la joie de bien des habitants », ajoute-t-il.

En quittant ce cadre, un adolescent nous arrête et nous interroge : « Zot zournalis la ? Amigai ine dir mwa kit sa ar zot », dit le garçon en nous tendant un sac en plastique rempli de fruit, de paquets de biscuits et d’autres denrées qu’on aurait bien accepté si on était un régiment.

Se présentant sous le nom Jude, l’adolescent qui ne fait pas ses 15 ans, se propose de nous accompagner dans notre promenade. « Mo capav fer zot vizité si zot lé. » Nous acceptons volontiers son offre et Jude raconte, chemin faisant, qu’il habite à Batimarais, qu’il est ici dans le village où habite sa grand-mère et qu’il est étudiant au collège Impérial.

« Minuit papillon ! », lance-t-on en interrompant notre guide, tout en s’exaltant devant une petite maison avec un jardin aussi bien entretenu que la demeure.

Alertée par les aboiements des chiens du voisinage, une femme se présente dans l’architrave d’une porte qu’un rideau protège des regards indiscrets. « Bonzour madam ! Nu kapav coz ene ti moment ? »

Après les présentations, Francesca Iris nous raconte son quotidien. « Je voue une belle passion au jardinage. Je cisaille moi-même la pelouse et les haies. Cela me donne certes des courbatures, mais c’est le prix à payer pour avoir un jardin agréable à regarder quand on se réveille le matin », fait-elle remarquer.

Et un beau jour elle va devoir quitter cet endroit… et cette angoisse les Iris l’appréhendent un peu : « Nous habitons dans une maison qui appartient à l’établissement sucrier Britannia. Elle nous a été cédée pour 60 ans. Passé ce délai nous devrons trouver une autre maison. La séparation va être rude, parce que bien que la maison soit petite, nous y sommes habitués et elle comporte nos plus beaux souvenirs », explique cette mère de deux adorables fillettes.

Après un échange de « salam, ene lote kou nu zoine », Jude veut nous montrer une rivière, celle que les habitants d’ici surnomment la rivière fatak.

Empruntant une ‘ruelle’ boueuse, après nous avoir frayé un chemin entre les ‘fatak’ - ces plantes dont les tiges servent à fabriquer des balais -, nous arrivons enfin pour la petite explication que nous a préparée Jude. « Les femmes viennent pour y faire la lessive à n’importe quel moment de la journée. Malheureusement pour vous il n’y a personne à cette heure. Mais c’est habituellement très fréquenté », indique-t-il.

Curtan  Dharmarajen a été le président du village pendant trois mandats. Même s’il avoue que c’est plutôt facile de gérer un pareil village, il est le premier à déclarer que les habitants sont très exigeants. « Les gens vous interpellent dès que quelque chose ne tourne pas rond dans le village. Dieu merci, que les conseillers font toujours de leur mieux pour leur donner satisfaction », fait-il remarquer.

Ce dernier nous fait même une confidence. « Lors d’une mortalité, la famille endeuillée obtient une somme de Rs 1 000 qui est déduite du salaire du président. Et à Britannia quand des décès surviennent c’est toujours deux ou trois d’un coup », chuchote Curtan en sortant son tricycle avant de poursuivre : « Mo an retar la. Mo laisse zot ! » 

Portrait d’habitant
Marie Louise Reynolds

Dans deux mois, Marie Louise Reynolds soufflera ses 80 ans. Elle qui a toujours vécu à Britannia, se souvient des phagwa auxquelles elle participait : « La fête holi était célébrée en grande pompe. Les gens de toutes les communautés s’y rendaient pour s’amuser. J’aimais m’y rendre. Et là, on finissait toujours par me lancer ‘nacho didi’ qui est une invitation à la danse en bhojpuri, une langue que je parle couramment. » 


Britannia est aussi un parfait exemple de pont interethnique. « Mon père était un tamoul et ma mère une catholique. Cela ne les a pas empêchés de s’aimer et de se marier. C’est dans cette harmonie que vivent les habitants de Britannia. Ici, la notion de la famille est sacrée. »

GPS

Origine du nom : le nom Britannia vient d’un ancien établissement sucrier baptisé ainsi par le Britannique Alexander Wemyss, directeur de la banque Orient.
District : Savanne.
Nombre d’électeurs : 1 040.

À bon entendeur...
Travailleuse sociale, Rookmany Thomas s’insurge contre le manque d’activités dans l’endroit. « Les jeunes n’ont pas de loisirs. Il n’y a pas non plus de volonté des habitants pour en organiser. C’est ce qui les pousse à sombrer dans les nombreux fléaux de la société. »

Scènes de vie...

Petit moment de détente pour les petits habitants.

La rivière ‘fatak’.

…. Francesca Iris.

Se balancer à une branche d’un arbre, cela se fait toujours à Britannia.

La vue de l’établissement sucrier ne laisse pas indifférent.

Thierry Léon

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