Jack Bizlall : «Je ne suis pas un gauchiste»

Par Jack Bizlall O commentaire
Jack Bizlall

Me référant à votre texte « L’heure des mises au point » du vendredi 15 décembre 2017, qui rapporte une déclaration de ma part contenant le terme « partis gauchistes », je vous demande de corriger cette erreur de votre part puisque, au contraire, j’avais demandé au journaliste de ne pas utiliser ce terme.

La sémantique est importante dans la description de ce que l’on fait, de ce que l’on est et de ce que l’on dit. Un des termes mal utilisé est celui du « gauchisme » ou « gauchiste ».

Est considéré comme gauchisme ce que Marx décrit comme la volonté (comme moteur de la révolution) se substituant aux conditions réelles. Ainsi le gauchisme propose les protestations ultra-révolutionnaires, les pratiques anarchistes…. Engels le qualifie « d’enfantillage révolutionnaire ».

Est aussi du gauchisme la tendance à exagérer les choses par l’agitation, la conspiration politique (les propositions politiques à l’insu des masses), l’ouvriérisme, l’aventurisme, l’opportunisme (par rapport à toute occasion de révolte), le terrorisme... La pratique de forcer les travailleurs à agir au-delà de leur compréhension politique, le sectarisme structurel sur le plan organisationnel (tant interne, qu’externe)… L’attention aux contradictions secondaires, au détriment de LA contradiction principale….  Il est important pour une organisation qui se dit de gauche de décrire en écrit tout ce qui est proposé politiquement. Ainsi je critique ouvertement ceux qui proposent la Nouvelle République sans aucune description de ce qu’elle est, alors que celle qui a été appliquée dans 33 pays a été un échec. Il ne reste que La Chine, le Viet Nam, le Laos, la Corée du nord … et Cuba.

C’est pourquoi je ne suis PAS un gauchiste. Du gauchisme je retiens quelques concepts pour l’appliquer politiquement dans un cadre différent. Ainsi je suis très volontariste et NON utopiste. Nuance. Le volontarisme en politique de gauche, c’est surtout de faire des propositions consciemment irréalisables dans l’instant présent pour absence de conditions objectives, mais possibles dans un autre cadre. Quand je propose la Deuxième République, c’est pour créer de nouvelles conditions pour l’application des changements qui s’imposent.