L'ambassade américaine alerte les autorités : un Afghan recherché par Interpol arrêté à Maurice

Par Cedric Ramasawmy, Ashwin Kanhye O commentaire
Airport

Il a foulé le sol mauricien muni d'un faux passeport et sous un faux nom. Cet Afghan qui a commis plusieurs délits a résidé dans le pays pendant sept mois. C’est après l’alerte donnée par l’ambassade américaine que les autorités mauriciennes l'ont déporté.

Ce dossier est traité en toute discrétion aux Casernes centrales. Même à l’Hôtel du gouvernement, les autorités concernées accordent une attention particulière au sujet, qualifié « d'extrêmement sensible ». C’est le 23 mars dernier que l’Afghan débarque à Maurice, en provenance de Madagascar. Au comptoir de l’immigration, il se présente comme Johnaan Aryan, sa date de naissance est le 3 mars 1985. Ayant obtenu un visa touriste, il accède au territoire mauricien et élit domicile dans le Nord.

Il se la coulait douce sur les côtes paradisiaques jusqu’à ce que les autorités mauriciennes l’aient finalement retracé fin septembre. C’est l’ambassade américaine qui les a alertés de sa présence sur notre sol. Motif de l’alerte : l’Afghan était recherché par Interpol et les États-Unis. Selon des recoupements, il a fui le sol américain après avoir commis un meurtre, plusieurs cas d’escroquerie et il a été impliqué dans diverses agressions « with aggravating circumtances ». Pis : l’ambassade américaine aurait indiqué aux autorités que le jeune homme est entré sur le territoire mauricien avec un faux nom et un faux passeport.

Il a commis un meurtre, plusieurs cas d’escroquerie et est impliqué dans diverses agressions.

Son vrai nom est Javed Amed Nouri, né le 26 février 1987. Les officiers de l’ambassade américaine et des policiers en civil ont monté une opération en toute discrétion, le 25 septembre. Aux petites heures, ils appréhendent l’Afghan dans une maison à proximité d’une plage très fréquentée du Nord. L’homme n’a opposé aucune résistance et a collaboré avec les policiers. C’est lors de son interrogatoire que les policiers lui ont indiqué que le pot aux roses a été découvert et qu’il était activement recherché par les Américains.

Transit à Dubaï

Le lendemain 26 septembre, l’Afghan a été déporté et renvoyé aux autorités américaines. Accompagné des officiers de l’Ambassade américaine, Javed Amed Nouri a transité par Dubaï avant de regagner le pays de l’oncle Sam avec un passeport américain. Il sera jugé sur le territoire américain où il devra répondre de plusieurs délits.

Alors qu’il a quitté le sol mauricien, les autorités locales ont ouvert une enquête pour comprendre comment l’homme a pu entrer sur le territoire avec un faux passeport et un faux nom. Si certains qualifient Javed Amed Nouri de récidiviste international, d’autres sources policières le citent comme un « présumé terroriste ». Ils ne veulent pas donner plus de détails sur cet aspect de l'enquête.

Autre volet de l’enquête : les autorités veulent comprendre comment l’Afghan a pu séjourner dans le pays durant sept mois. Aux Casernes centrales, on avance que le jeune homme a été marié à une Mauricienne et avait trouvé refuge à Baie-du-Tombeau. Ses fréquentations, ses déplacements et son train de vie ont été passés au crible.

À ce stade, ni aux Casernes centrales ni à l’hôtel du gouvernement, on ne veut associer l’Afghan Javed Amed Nouri à une association de terroristes, ni aux récentes menaces d’attaques enregistrées dans le pays ces derniers mois.

Motus et bouche cousue à l’ambassade US

Le Défi Plus a sollicité l’ambassade américaine sur cette affaire. La cellule de communication de l’ambassade n’a ni confirmé, ni nié le cas de l’Afghan. Elle nous a simplement demandé de nous tourner vers la police mauricienne.

Incidents à Maurice : une lettre anonyme fait état d’explosions

Le 27 septembre dernier, une déclaration a été faite au poste de police d’Abercrombie, après qu’une lettre anonyme a atterri au poste de police. Elle fait état d’attaques présumées (avec la collaboration de personnes étrangères) de la station d’essence Bonjour à Plaine-Verte, du bâtiment de la Mauritius Revenue Authority (MRA) et celui de la National Transport Authority (NTA) du 28 septembre au 2 octobre. Les autorités étaient sur le pied d’alerte.

Coups de feu à l’ambassade de France

Aux petites heures du lundi 30 mai 2016, entre 2 heures et 3 heures, des coups de feu ont été tirés sur l’ambassade de France, à Port-Louis, et sur l’hôtel St-Georges. Outre ces coups de feu, des graffitis « État Islamique » ont été inscrits sur le mur de l’ambassade. Les images d’une caméra de surveillance montrent un homme écrivant les slogans sur ces murs à 2 h 39. Peu après, des coups de feu ont retenti. Deux coups sur l’ambassade et un sur l’hôtel St Georges. Des armes de calibre 12 et 16 ont été utilisées. Après cet incident, le niveau de sécurité devant l’ambassade a été rehaussé. Un an après, les trois suspects soupçonnés d’être les auteurs de ces tirs sont toujours recherchés. Plusieurs interpellations ont eu lieu, mais pas d'arrestation.