Landscope Mauritius : conflit larvé entre Sanspeur et Hanoomanjee

Par Thierry Laurent O commentaire
Gérard Sanspeur et Naila Hanoomanjee

Ya-t-il des tensions entre Naila Hanoomanjee et Gérard Sanspeur ? « Nous avons des divergences sur certains projets. C’est normal qu’il y en ait. Mais cela s’arrête là », se contentent de dire la Chief Executive Officer (CEO) par intérim de Landscope Mauritius et le Chairman de l’organisme, lorsque nous les avons interrogés sur la relation professionnelle qu’ils entretiennent. Si Naila Hanoomanjee et Gérard Sanspeur se sont jusqu’ici assurés de faire en sorte que leurs divergences d’opinions ne remontent pas à la surface, les événements survenus récemment ont fini par démontrer que le clash est bel et bien réel.

C’est le dossier sur des terrains à bail à Ébène, ayant valu à l’organisme une enquête de l’Independent Commission against Corruption, qui a fait remonter à la surface le désaccord entre eux. La CEO p.i. est-elle allée à l’encontre d’une décision du conseil d’administration interdisant la location des terres à Ébène à des promoteurs ? Si la fille de la Speaker dément toute accusation de corruption, le Board de Landscope ne semble pas être tout aussi persuadé. « Nous avons demandé à tout le staff de collaborer pleinement avec l’Icac. Seule l’enquête  déterminera s’il y a eu faute ou pas », confie une autre source du conseil d’administration.

Ce ne serait pas le seul dossier sur lequel Naila Hanoomanjee et Gérard Sanspeur se seraient confrontés. Une autre source de Landscope Mauritius allègue qu’ils se sont affrontés sur le projet de création d’une ville intelligente à Côte-d’Or. C’est au sujet du positionnement des bâtiments qui se trouveront dans l’enceinte de Côte-d’Or City que le Chairman et la CEO p. i. ne sont pas sur la même longueur d’onde. Si Gérard Sanspeur privilégie la construction des édifices autour du Bagatelle Dam, une source du conseil d’administration affirme que cette idée n’enchante guère Naila Hanoomanjee qui l’a fait savoir aux membres du Board.

Piques voilées et désaccord

En s’exprimant contre cette idée, Naila Hanoomanjee s’attaque là à un des « features » de Côte-d’Or City. Le projet a, dès le départ, été conçu autour du Bagatelle Dam, présenté comme la structure qui apportera un cachet naturel à la ville intelligente. « Le Bagatelle Dam sera en quelque sorte un front de mer », explique-t-on. « Et lorsqu’une personne vient dire qu’elle n’est pas d’accord que les bâtiments soient construits autour du barrage, c’est qu’elle remet en question le projet lui-même », fait remarquer un membre du conseil d’administration.

Un membre du Board de Landscope Mauritius raconte au Défi Quotidien que les réunions du conseil d’administration sont généralement marquées par des piques voilées que se lancent Gérard Sanspeur et Naila Hanoomanjee afin d’exprimer leur désaccord sur les idées respectives. « Ces piques n’ont jusqu’ici déclenché aucune guerre frontale entre les deux. Mais cela finit à la longue par démontrer qu’ils ne sont pas sur la même longueur d’onde », explique le membre du Board.

Naila Hanoomanjee et Gérard Sanspeur insistent à dire qu’il ne s’agit là que de divergences d’idées et que cela n’a rien de personnel. Sauf qu’un incident survenu il y a quelque temps, autour de l’utilisation d’un bureau de Landscope Mauritius, démontre que la situation entre le Chairman et la CEO p. i. s’envenime. Des incidents qui ne manquent pas de rappeler à certains employés les anciennes confrontations du passé entre Claude Wong So et Koomaren Chetty, deux anciens CEO de Landscope Mauritius.