Le calvaire du couple Armand : ils rêvent d’un projet de biomixed farming à Dubreuil

Par Raj Bissessur O commentaire
Armand

Le couple Armand a sollicité le ministère de l’Agro-industrie pour l’attribution d’un terrain à bail, à Dubreuil. Il veut y bâtir une ferme pour lancer un ‘biomixed farming system’. Le projet n’aboutit pas, faute de nombreux obstacles.

«Avant de solliciter le ministère de l’Agro-industrie, explique Andy Tek Armand, nous avons entrepris des démarches pour le transfert du bail de ce terrain à notre nom par une société bénéficiaire. À ce jour, rien n’a abouti.»

En juillet 2012, l’administrateur de la société RJNC avait rédigé un document dans lequel il mentionnait qu’il donnait droit à Andy Tek Armand d’occuper ledit terrain, à Dubreuil. « Armand y logerait sur place, se chargerait de l’entretien, du gardiennage et de la culture du terrain, RJNC se chargeant du règlement des factures d’électricité. »

Le document indiquait aussi que le contrat de gestion et d’occupation du terrain serait d’une durée de cinq ans, renouvelable après accord entre les parties. Puis, au cours de la même année, il a été convenu que le bail serait transféré au nom des Armand, contre un paiement de Rs 250 000 à RJNC. Le couple Armand a versé Rs 92 000 à la société, mais hors présence d’un acte notarié. Le couple affirme qu’il ignorait que le terrain appartenait, en fait, à l’état et que RJNC n’en jouissait qu’à travers un bail. Depuis, le gérant de la société aurait quitté le pays. « Depuis, explique Andy Tek Armand, des personnes inconnues viennent réclamer des droits sur ledit terrain, certaines affirmant que la société RJNC leur aurait vendu des lots. »

Depuis, le projet des Armand est tombé à l’eau. Impossible de progresser sans transfert du bail du terrain à leur nom. En outre, les autorités ne veulent pas accéder à leur demande de conversion dudit terrain (à but agricole), afin de lancer leur biomixed farming system.

Des déboires qui ont plongé toute la famille dans une délicate.situation financière. « Nous avons déjà investi Rs 320 000 dans ce projet alors que l’investissement total est estimé à plus de Rs 1 200 000 », explique Andy Tek Armand.

Contacté par la rédaction d’Xplik ou K sur ce dossier, le ministère de l’Agro-industrie a bien accepté de ménager une rencontre entre des officiels et le couple Armand.


Sans électricité

Deux bâtiments sont érigés sur le terrain : la maison du gardien et un store. La famille Armand (André Tek (51 ans), son épouse Bibi (31 ans) et leurs trois enfants de 10, 7 et 3 ans) ont converti la maison du gardien en résidence. Depuis 2014, la famille n’est pas connectée au réseau du Central Electricity Board (CEB), bien qu’elle en ait fait la demande. En mai 2015, Bibi Armand avait écrit au Chief Agricultural Officer du ministère pour réclamer un document qu’elle pourrait remettre au CEB afin qu’il la connecte au réseau électrique. Autre point regrettable  : depuis deux ans, les enfants du couple ne sont plus scolarisés. « Je dois trouver Rs 500 (en frais de transport) chaque jour pour envoyer mes enfants à l’école. Je n’ai plus de ressources, vu que je n’ai toujours pas lancé mon projet », raconte-t-il.