[Audio] Le Grand Journal de Radio Plus  : la loi sur le financement des partis devra être votée

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire

Les autorités présenteront la loi sur le financement politique au plus vite pour être votée. Tel est l’avis de Rajen Bablee, de Transparency Mauritius, Faizal Jeeroburkhan, de Think Mauritius, et Roshan Seetohul, trésorier du PMSD, les invités du Grand Journal.

« À la lumière du rapport et des recommandations du comité interministériel sur le financement des partis politiques, le gouvernement pourra présenter son projet de loi à la rentrée parlementaire », estime Rajen Bablee. « Quand il s’agit d’adopter une loi qui les concerne, les politiciens ont plutôt la main lourde et rechignent à faire avancer les choses. Si le gouvernement avait proposé ce texte comme annoncé dans son manifeste électoral, cela aurait donné une image saine de la politique », ajoute-t-il.

Pour Faizal Jeeroburkhan, « il faut montrer la volonté politique de le faire, car en dépit des bonnes intentions affichées, de nombreux rapports finissent au fond des tiroirs. L’institution d’une Commission d’enquête sur la drogue est un signe d’une plus grande volonté d’avancer dans ce sens ».

Roshan Seetohul, trésorier du Parti mauricien social démocrate (PMSD), soutient que son parti « n’est pas prisonnier d’un système » et ne pratique pas une politique de donnant-donnant. « Xavier-Luc Duval, a, depuis longtemps réclamé un cadre légal pour le financement des partis politiques. Il a d’ailleurs présidé le comité interministériel sur le financement des partis », avance-t-il.

En l’absence de cadre légal, il règne une opacité, facteur de corruption, rappelle Rajen Bablee. « Nul ne connaît la provenance de l’argent reçu de divers donateurs », déplore-t-il : « Je ne serais pas surpris qu’un parti ait été financé par un trafiquant de drogue.» Faizal Jeeroburkhan abonde dans ce sens : « Le financement politique est la source de la corruption à Maurice. »

Pour combattre cela, dit Roshan Seetohul, les recommandations du comité interministériel devront être prises au sérieux avec comme mots-clés : transparence et responsabilité. Faizal Jeeroburkhan préconise l’enregistrement de tous les partis politiques auprès du Registrar of Association et l’audit et la publication de leurs comptes. « Le nom des donateurs devrait être rendu public », ajoute Rajen Bablee, avec une clause légale prévoyant qu’ils ne seront pas victimes de représailles s’ils ont financé un parti de l’opposition.