Le virtuel et le naturel : un voyage dans le futur à l’occasion de Porlwi By Nature

Par Rajmeela Seetamonee O commentaire
Naziha Mestaouie

L’architecte belgo-tunisienne, Naziha Mestaoui, 42 ans, présentera son installation artistique intitulée ‘One Beat One Tree’ lors de la troisième édition Porlwi by Nature. Le concept a pris naissance avec la COP21 à Paris en 2015. Il s’agit de faire pousser un arbre virtuel au rythme des battements de son cœur et de son énergie. Ensuite, un arbre physique sera planté. Elle en parle.

La nature et la technologie peuvent coexister. C’est ce que tente de démontrer Naziha Mestaoui depuis quelques années déjà. L’architecte, qui se décrit également comme une artiste, a répondu favorablement à l’invitation d’Astrid Dalais de l’équipe organisatrice du festival Porlwi by nature. Naziha Mestaoui est à Maurice pour présenter « CIEL One Beat One Tree ».

Les Mauriciens sont invités à se rendre en grand nombre à l’îlot Grenier, sur Les Docks, à Port-Louis, entre le 29 novembre et 3 décembre. Un espace sera aménagé afin de permettre aux visiteurs de faire pousser une graine virtuelle en un arbre virtuel au rythme des battements de leur coeur, leur énergie et leurs mouvements. Des arbres physiques seront ensuite plantés sur les flancs de la colline de La Citadelle. Cela, dans le cadre d’un projet de reforestation mené par Friends of the Environnement, le GEF Small Grants Programme du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et FORENA. Un minimum de 4 000 arbres seront plantés et ce, sur deux ans. « J’ai eu l’occasion de visiter Maurice un mois de cela pour les besoins du festival. Maurice est un trésor qui a été très exploité. Il en reste peu de poches de nature préservée. L’objectif du projet est de faire prendre conscience aux visiteurs de protéger cette nature sublime dont jouit l’île », dit Naziha Mestaoui, .

One Beat One Tree est un concept de Naziha Mestaoui. Elle a présenté son projet à l’Organisation des Nations Unies (ONU) et la ville parisienne en France dans le cadre de la Conférence sur le climat de Paris « COP21 » qui s’est tenue en décembre 2015. « Le dossier a ensuite été financé par le crowdfunding c’est-à-dire des millions de personnes. De ce fait, One Beat One Tree est un projet bottom-up, des citoyens au gouvernement en passant par les autorités concernées. En d’autres mots, les citoyens font exister ce projet », explique l’architecte basée à Paris. Par la suite, les gens ont fait pousser les arbres virtuels projetés sur la Tour Eiffel à travers une application mobile. Les arbres sont plantés dans l’un des sept projets de reforestation qu’elle mène dans cinq continents.

Depuis des années, Naziha Mestaoui se penche sur une question: « Comment réconcilier la technologie, la nature et la culture pour faire exister la vision immatérielle de la réalité. » Pour ce faire, elle décide de retourner aux sources. Elle visite plusieurs tribus où sont enracinées les traditions. Elle va en Inde et en Afrique avant de s’arrêter en Amazonie, dite « le poumon de la planète » en Amérique du Sud.

« Six ans de cela, j’ai découvert cette société ancestrale où le peuple cohabite avec une nature luxuriante. Elle est vierge, loin de l’immatérialiste, la technologie et le développement. J’y ai beaucoup appris. C’était une expérience profonde », confie-t-elle. Depuis, elle y retourne au moins une fois l’an pour continuer ses recherches et son apprentissage. Naziha Mestaoui essaie donc d’utiliser la technologie pour protéger la nature et ce, à travers One Beat One Tree.

Naziha Mestaoui est née d’une mère belge et d’un père tunisien à Bruxelles, en Belgique. Elle fait ses études en architecture à Bruxelles, en Autriche et à Los Angeles. « J’imagine aujourd’hui, ce qui peut exister à l’avenir. Je suis passionnée par la physique quantique et les sciences depuis que j’ai 14 ans. La science demeure une croyance, une vision rationnelle de la réalité. Elle est révolutionnée par la physique quantique. Tout est constitué d’énergie. Le passé, le présent et le futur peuvent donc coexister », estime Naziha Mestaoui.