Les Agaléens contre une base militaire indienne

Par Nasif Joomratty O commentaire
Agaleens

« Les Agaléens disent non au projet de construction d’une base militaire indienne sur leur île. » Propos de Vivek Pursun, président de l’Agalega Mauritius Partnership Association (AMPA), lors d’une conférence de presse tenue au Centre social Marie Reine de la Paix, dans la matinée du samedi 27 janvier. À cette même occasion le lancement officiel de l’association a été effectué dans la tradition agaléenne. Une noix de coco et une canne à sucre ont été sabrées.

Le président, Vivek Pursun, dit vouloir conscientiser les Mauriciens pour aider les Agaléens, dans leur combat contre la construction d’une base militaire à Agalega. Une lettre sera adressée aux représentants de la communauté internationale -  l’ONU et l’Union Africaine -  pour  attirer leur attention sur la situation. Il faut aussi  décréter l’océan Indien comme zone de paix.

« Bizin pena base militaire. Nu dakor ki Inde pe aide Maurice pe donn l’argent,  750 millions roupies pu projet dan Agalega, nu dakor projet construction, mais base militaire nu pa dakor ». Il dit « non » à la construction d’un Quartier General militaire à Agalega.

« Nous dakor pou ranz aeroport civil, mais pa base militaire ». Il affirme que tout porte à croire, qu’une base militaire y sera construite. « Le gouvernement doit clarifier cela », a ajouté Vivek Pursun.

Ce dernier a réclamé une garantie du gouvernement que les Agaléens ne seront pas déracinés de leur sol natal comme les Chagossiens. Il a aussi contesté la construction d’un mandir et d’une mosquée dans l’île.

« Que le gouvernement s’explique sur ces faits », a-t-il dit.  Selon Vivek Pursun, en juillet 2017, un ministre lui avait fait état de ces projets pour Agalega.

L’AMPA réclame aussi le droit aux Agaléennes de donner naissance sur leur propre île. Même si les accouchements se font à Maurice, il faut indiquer « Agaléen » sur l’acte de naissance du bébé natif de l’île.

Vivek Pursun a sabré un plant de canne à sucre.

Vivek Pursun a aussi parlé de l’éducation et du sport à Agalega. Il déplore le system en place. « Nivo zenfan pe baissé et, zamai Agaléen pu gagn nivo ki bizin », dit-il. Le président de l’AMPA déplore que l’île Maurice ne sollicite jamais les artistes agaléens pour les célébrations de la fête nationale.

Au chapitre de l’éducation, l’AMPA souhaite que l’enseignement soit confié  à la  Roman Catholic Education Authority à Agalega.  « Il faut que le ministère trouve un accord avec le BEC (Ndlr : Bureau de l’Éducation Catholique) en ce sens ».

Vivek Pursun a aussi évoqué l’existence d’un bassin Capucin, jugé miraculeux dans lequel coule « delo doux ». « Partu ena delo somatre, sanala pa koner kot sorti ». Il faudrait que cela soit décrété patrimoine mondial et qu’Agalega soit inscrit sur le carte du monde de l’Unesco. Il s’est interrogé sur le fait que les avions Seychellois peuvent atterrir sur l’île, mais pas les avions de l’aviation civile.

Arnaud Poullé, secrétaire de l’association affirme que pour cette année 2018,  ils sont déterminés à combattre pour le respect de leurs droits. Il demande au gouvernement d’offrir des logements aux Agaléens.

« Nu gardien petrol et laterre mais droit nu pena », a-t-il déploré. Arnaud Poullé reclame aussi une allocation d’au moins Rs 4000 pour les nouveau-nés. « Ne pas permettre à un enfant de naître sur son sol, est une violation des droits humains », affirme-t-il.

Il déplore que les promesses du gouvernement ne soient pas concrétisées. « Internet nu pe atan mem, après minuit ki gayn Internet par Emtel », explique-t-il.