31 October 2014
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Sunday, 26 August 2012 10:00

Parvèz, Kaushik, Dominique et Sahad : l’amour de la patrie

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De gauche à droite : Sahad Ramoly, Kaushik Jadunundun, Parvèz  Dookhy et Dominique Rolando De gauche à droite : Sahad Ramoly, Kaushik Jadunundun, Parvèz Dookhy et Dominique Rolando
L’adage « Loin des yeux, près du cœur » leur va si bien. Ces Mauriciens qui vivent à l’étranger se sentent aussi, voire plus concernés par le bien-être et l’intérêt du pays que certains de nos compatriotes d’ici. Ils n’hésitent pas à révéler le fond de leur pensée à travers les réseaux sociaux. Rencontre avec ces authentiques fils du sol.
Ils sont toujours sur le devant de la scène quand il s’agit de défendre le pays. Maurice a, ces dernier temps, été confronté à des problèmes d’ordre social qui menaçaient l’unité nationale. Des propos racistes diffusés sur des réseaux sociaux, le meurtre de Michaela Harte débouchant sur la création du groupe Boycott Mauritius sur facebook...  des événements ou des problèmes politiques et socio-politiques qui les ont poussés à réagir. Ces Mauriciens venus d’ailleurs ont leur viseur braqué sur leur pays natal, même s’ils ont, depuis des années, construit leur vie à l’étranger.

C’est ce même zèle qui a donné naissance au Ralliement citoyen pour la patrie (RCP). Cette nouvelle formation politique a, à sa tête, Parvèz Dookhy, un Mauricien résidant en France. Le parti a été lancé officiellement le 23 août, après avoir vu le jour sur facebook. Parvèz Dookhy, actuellement au pays, affirme que c’est « le vide » dans l’arène politique que veut combler son parti.

« J’ai vécu en Angleterre et France depuis mes études universitaires. Donc, depuis plus d’une dizaine d’années. Je me sens encore concerné par le bien-être de mon pays natal, même si je vis à l’étranger. C’est l’amour de la patrie. Tout petits, nous avons entonné l’hymne national  Gloire à Toi, Mère Patrie... Maurice est un “pays-monde”. Ses citoyens viennent d’ailleurs de quatre îles – Maurice, Rodrigues, Agaléga et les Chagos – et de plusieurs continents. Et les Mauriciens sont aujourd’hui présents dans presque tous les pays du monde, en particulier en Europe », dit le président du RCP.

Activités politiques

Parvèz DookhyScolarisé au sein d’un collège d’État, puis au Mahatma Gandhi Institute (MGI), Parvèz Dookhy a fait ses études universitaires à Paris, à La Sorbonne et à l’Institute of Legal Advanced Studies de l’université de Londres : « J’ai fait des études de droit. Je pratique de manière dominante le droit constitutionnel et international. J’ai un cabinet d’avocats à Paris qui continue de fonctionner.

Je suis régulièrement à Maurice pour des activités politiques. Nous avons lancé officiellement notre parti et nous menons des actions de proximité auprès de la population en général et des jeunes, en leur faisant part de nos valeurs, de nos idées. En ce qui concerne le parti, nous mettons sur pied ses structures, dont les fédérations dans chaque circonscription, y compris Rodrigues ».

Originaire de  Port-Louis, où il habite quand il est en visite à Maurice, Parvèz Dookhy dit avoir des proches ici comme en France, mais affirme que sa vraie famille, c’est le peuple mauricien.

Il explique avoir créé avec les autres membres du RCP, Shabana Raman, secrétaire général, et Yannick Cornet, vice-président, un groupe politique, le Club des militants (CDM), « militant » au sens d’engagé politique. Selon lui, il y a un grand vide dans le débat d’idées à Maurice et les partis politiques sont dans le déballage d’accusations mutuelles : « Le CDM a pour but d’apporter un réel éclairage sur les véritables enjeux de la nation mauricienne. Depuis le 13 août, le CDM est devenu l’organe populaire de notre parti, le Ralliement citoyen pour la patrie ».

Ce trio, qui aspire à être la troi-sième force politique de Maurice, se décrit sur facebook comme un parti qui « anime des débats sur les réels enjeux de la nation mauricienne ». Parvèz Dookhy avance que le RCP milite pour un idéal de valeurs, notamment l’éthique, l’unité et la méritocratie.

Pour lui, le fait qu’il réside en France ne l’empêche en rien de se sentir concerné par tout ce qui se passe ici. C’est un devoir citoyen et aussi l’expression de son sens du patriotisme, car c’est Maurice qui l’a vu naître et grandir. Si les mauvaises langues lancent sarcastiquement que les Mauriciens vivant à l’étranger se préoccupent parfois plus du pays que ceux qui y vivent et que l’on parle même d’excès de zèle,  le président du RCP est loin de partager cet avis. « Je ne sais pas si vous évoquez par cette question le cas de l’actuel Premier ministre, qui vient de Londres. Mais comme je vous l’ai dit, Maurice est un pays-monde », soutient-il.

Un autre qui dit lutter pour le bien du pays : Kaushik Jadunundun, Mauricien vivant aux États-Unis, dans le Queens, État de New York. Âgé de 50 ans, il répond toujours présent sur les réseaux sociaux, en particulier facebook, quand il s’agit de commenter l’actualité mauricienne. Il défend toujours bec et ongles le pays.

C’est lui qui a créé la page « Against Boycott Mauritius » pour contrer celle de « Boycott Mauritius » créée par les Irlandais. Cette page fait suite au verdict du jury dans le procès Michaela Harte. La Nord-Irlandaise avait été retrouvée morte dans sa chambre d’hôtel, au Legends, le 10 janvier 2011. Le jugement, prononcé le 12 juillet, a disculpé Avinash Treebhoowon et Sandip Moneea, aux Assises.

Chaud au coeur

Kaushik JadunundunCela fait 12 ans que Kaushik vit aux States. Il affirme qu’il se sent concerné par tout ce qui se passe dans son pays natal. Il ne rate pas une miette : « J’ai à coeur le bien-être de mes compatriotes, parmi lesquels j’ai beaucoup d’amis et de parents. J’ai l’intention de retourner servir le pays qui m’a tant donné en termes d’éducation. Cela fait vraiment chaud au coeur d’appartenir à une nation ayant une culture aussi riche.

Nous devons être fiers d’être instruits et éduqués par rapport à d’autres nations. Même les Américains ne sont pas aussi éduqués que nous. Nos connaissances générales sont d’un niveau très élevé. J’en ai fait l’expérience aux États-Unis. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles les Mauriciens ont la réputation d’être parmi les meilleurs dans tous les domaines à l’étranger ».

Il raconte que, quand il a appris que les Irlandais avaient créé la page Boycott Mauritius, il a formé un groupe pour défendre la patrie. Il confie qu’il ne s’attendait pas à ce que celui-ci prenne autant d’ampleur. « Against Boycott Mauritius compte à ce jour 21 732 membres mauriciens, expatriés aux quatre coins du globe et des étrangers. Une chose est sûre. Ce groupe a été un déclic et a provoqué un élan de patriotisme. Le mauricianisme existe.

Même si on est une nation soudée, il nous arrive de nous laisser diviser pour certaines raisons, comme la politique. Il faut faire la part des choses entre critiquer un système avec tant d’imperfections et mettre tous les Mauriciens dans le même panier, comme le font les Irlandais. Avec la création de ce groupe, on constate surtout la fierté de nos compatriotes d’être mauriciens et leur volonté de défendre notre patrie », souligne Kaushik Jadunundun.

Il poursuit qu’il reste quand même des brebis galeuses qui n’hésitent pas à « ternir la réputation » de leur mère patrie pour faire du sensationnalisme. Kaushik Jadunundun clame avoir fait son devoir de citoyen et de patriote : « Il y a des améliorations à apporter à notre système judiciaire. Je suis conscient que les Irlandais se sentent victimes d’une injustice, mais de là à blâmer toute une nation pour le meurtre de la touriste irlandaise, c’en est trop. En tant que compatriotes et patriotes, nous avons un devoir, celui de défendre notre réputation entachée par ce drame ».

Toujours de l’espoir

Kaushik Jadunundun a participé aux campagnes électorales du Président des États-Unis, Barack Obama, et il soutient que cela lui a appris beaucoup de choses. « Même si on est parfois au creux de la vague, il y a toujours de l’espoir », philosophe-t-il.

« Tout ce que j’ai appris ici, je le transmets à mes compatriotes pour leur donner un peu de courage et les inspirer à s’engager activement pour faire avancer le pays. C’est pour cela que je suis aussi actif sur les réseaux sociaux. Je n’hésite pas à dire les choses comme elles sont. Cela fait 30 ans que je suis la politique mauricienne et j’en ai vu de toutes les couleurs.

Je n’ai pas de préférence politique. L’important pour moi, c’est de faire avancer mes idées si elles sont applicables dans le contexte mauricien. L’essentiel, c’est le bien-être de notre peuple et l’amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens. Comme le rêve américain, il y a aussi le rêve mauricien. Pour moi, c’est celui d’une nation soudée qui fera avancer notre pays. Nous le devons aux générations futures », affirme-t-il pour conclure.

Bonne intention et bonne foi

Dominique RolandoDominique Rolando a 24 ans. Cela fait six ans qu’il étudie dans le Minnesota, aux USA. Il prépare en ce moment une maîtrise (Master of Public Policy) et se dit toujours concerné par Maurice, car sa famille y vit, ainsi que ses amis.

« Maurice, c’est toujours home pour moi. Même si je suis loin, le lien est fort. C’est là où j’ai grandi, où j’ai tout appris. J’ai décidé d’étudier à l’étranger parce que je voulais étudier les relations internationales, une filière qui n’est pas disponible à Maurice et le niveau des universités américaines dans ce domaine est phénoménal », explique-t-il. Si tout en se sentant concerné par le pays, il précise ne pas s’engager ou s’exprimer sur une quelconque plate-forme, il dit toujours soutenir son pays. S’il n’est pas de ceux qui  iront crier sur tous les toits, surtout à l’étranger, son mécontentement quant au traitement de l’affaire Michaela Harte, il avoue qu’il n’est ni pour le boycott ni contre : « En termes de relations internationales, cette affaire est un véritable fiasco. Ce n’est pas possible qu’une touriste soit assassinée à Maurice et que le coupable coure toujours. Cela ne fait pas honneur au pays, surtout au niveau international. Les autorités mauriciennes ont le devoir de rendre justice ».

Pour Dominique Rolando, il y a excès de zèle parfois de la part des Mauriciens à l’étranger. Mais selon lui, ce n’est pas malsain : « C’est une réacti
Sahad Ramoly
on normale, car étant à l’étranger, on se sent parfois presque inutile. De là où nous sommes, nous nous trouvons dans l’impossibilité de faire quelque chose pour régler la situation au pays. Mais l’intention est là et c’est de bonne foi ».

Un autre Mauricien à l’étranger qui partage son avis : Sahad Ramoly. Âgé de 50 ans et travaillant dans le domaine de l’informatique, il est marié et père de deux garçons de 21 et 18 ans. Parti en France en 1981 pour ses études supérieures, il y vit depuis 20 ans après être retourné à Maurice pendant une dizaine d’années.

Même s’il vit en France, il se dit Mauricien de culture et de coeur. Il reste attaché à son pays d’origine. De plus, toute sa famille vit à Maurice, notamment sa mère, son frère et ses trois sœurs. Revenant sur Boycott Mauritius, il trouve inouï que l’on boycotte un pays sur la base d’un crime non élucidé.

« Allons-nous, par exemple, boycotter le Portugal pour le crime jamais élucidé de la petite Madeleine McCann. Maurice est un pays de droit avec ses qualités et ses tares. La lourdeur des procédures est certes un problème et ne donne pas forcément les moyens efficaces pour lutter contre le crime, mais est-ce mieux dans les grandes démocraties. Je ne dis pas que j’accepte cet état de choses, je veux juste démontrer que le boycott n’est pas justifié », lance-t-il. Toujours prêt à vanter et à défendre son pays natal, il pense que l’on n’apprécie quelque chose à sa juste valeur que quand on s’en éloigne. Pour Sahad Ramoly, il ne s’agit pas d’un excès de zèle, mais plutôt d’un excès de confiance acquis dans les « grands pays » : « C’est comme un grand frère qui veut montrer ce qui est bien au petit frère, ou du moins ce qu’il croit être bien ».

Mauricien un jour Mauricien toujours

Leckrazsingh AuditLeckrazsingh Audit vit en Angleterre depuis 1974. Il se clame Mauricien de cœur. Actuellement en visite dans l’île, cet homme de 63 ans est le président de la Mauritius Hindu Association London. Il organise souvent des soirées mauriciennes avec, au programme, des artistes bhojpuris et des ségatiers.

« Pour Divali et pour les fêtes de fin d’année, ce sont les artistes et la culture mauriciens qui sont à l’honneur. Nous faisons tout pour promouvoir nos racines. J’ai quitté le pays parce que, dans le temps, il n’y avait pas tous ces développements qu’il y a aujourd’hui et j’avais envie d’un avenir meilleur. Mais j’ai toujours eu à cœur le bien-être de mon pays. Je lis tous les jours les journaux mauriciens sur internet. Je me tiens au courant de ce qui se passe ici et je viens presque tous les ans rendre visite à mes proches. D’ailleurs, mes enfants, je les élève dans la culture mauricienne », explique-t-il.

Il est d’avis que c’est quand on n’est pas dans son pays natal que l’on se rend compte de la valeur de celui-ci : « Au début, c’était difficile et mon pays me manquait. Et je l’ai toujours défendu contre vents et marées. Je n’ai pas eu l’occasion de le faire sur les réseaux sociaux comme certains, mais ici, dès que quelqu’un dit quelque chose contre Maurice, je mets en avant mes arguments et je défends le pays. Ce n’est pas pour être plus mauricien que ceux vivant à Maurice, mais c’est le devoir de tout citoyen. Si vous ne pouvez pas défendre votre pays, ne vous alliez pas à ceux qui en disent du mal », dit Leckrazsingh Audit.

Notre compatriote affirme que, si jamais il est appelé à défendre son pays dans n’importe quelle circonstance, il le fera sans hésiter et y mettra tout son cœur. Il confie avoir pendant toutes ces années conservé son passeport mauricien, alors que toute sa famille, après 40 ans passés en Angleterre, a le passeport britannique : « Je suis Mauricien !

C’est pour cela que je veux garder le passeport mauricien. J’ai demandé le passeport britannique récemment, mais seulement parce que cela me facilitait les choses pour mes démarches pour aller en France. Sinon, je ne l’aurais fait pour rien au monde ! »




Last modified on Saturday, 31 May 2014 00:36
Jenilaine Moonean

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