Mauritius Meat Authority : abus de pouvoir, favoritisme et emplois fictifs décriés

Par Fernando Thomas O commentaire
Mauritius Meat Authority

Les critiques pleuvent sur la direction de la Mauritius Meat Authority (MMA). Aniff Peerun, le représentant syndical des employés, crie au favoritisme, à l’abus de pouvoir et déplore la création d’emplois fictifs. Rajesh Daumoo, le directeur, ne partage pas son avis.

Des employés ont alerté le secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (Acim), Jayen Chellum, qui siège sur le conseil de la MMA.  Aniff Peerun, du Mauritius Labour Congress, réclame la mise sur pied d’une commission d’enquête visant à faire la lumière sur les zones d’ombre entourant les procédures de recrutement au sein de l’organisme. Dans la correspondance, les employés allèguent que des « agents politiques domiciliés dans une seule région du pays, récemment recrutés, feraient la pluie et le beau temps » à la MMA. Les postes, selon Aniff Peerun, qui auraient été remplis récemment sont ‘slaughterman’ et ‘lorry loader’. Il dénonce aussi le fait qu’un proche de la direction aurait récemment contracté du travail à la MMA.

Rajesh Daumoo, le directeur de la MMA, dément tout processus de recrutement ayant été entrepris dans « l’opacité ». « Tous les recrutements au sein ont été ‘advertised’ dans les journaux. Le dernier exercice s’est déroulé il y a deux mois. Une fois sélectionnés, les candidats ont passé un entretien d’embauche. Il revient ensuite au conseil d’administration d’avaliser les demandes. Je n’ai aucun souci quant à un recrutement ‘opaque’. Sur les 30 salariés contractuels, seuls trois sont domiciliés en dehors de la capitale. La majorité des travailleurs habitent les régions avoisinantes », déclare Rajesh Daumoo.

Manque de sécurité dans l’enceinte

Le « manque de sécurité dans l’enceinte de la MMA malgré la présence de vigiles» est également évoqué dans la correspondance. Pour soutenir cette dénonciation des employés, le syndicaliste Aniff Peerun souligne la « disparition» de 20 cabris, dans le parc de la MMA en mai dernier. Le cas a été rapporté au poste de police de Roche-Bois. Le syndicaliste parle du vol survenu dans le complexe administratif de la MMA, où des ordinateurs portables et autres caméras dernier cri ont été dérobés. Il semblerait que le vol ait été commis sans effraction.

« En mai dernier, il y a eu le vol de 20 cabris à la MMA. Le cas a été rapporté au poste de police. Le dossier a été référé au CCID aux fins d’enquête. J’invite les employés mécontents à venir de l’avant s’ils ont des soupçons sur le vol », fait ressortir Rajesh Daumoo. Le directeur de la MMA confirme le vol dans le complexe administratif de l’organisme. Il souligne que la direction « a installé une quinzaine de caméras de surveillance dans l’abattoir ainsi que dans d’autres zones de la MMA ». Il ajoute que « nous avons récemment recrutés des agents de sécurité ».

Recrutement de bouncers

Aniff Peerun souligne que des ‘bouncers’ auraient été recrutés pour assurer la sécurité au sein de la MMA. Ce qui, selon lui, serait constitue la création d’emplois fictifs. Dans la correspondance, les employés allèguent que ces agents de sécurité seraient, au fait, tous domiciliés dans une seule circonscription du pays. Ils disent redouter le fait que « ce poste fictif ait été créé pour satisfaire des activistes politiques ».

Rajesh Daumoo dément catégoriquement cette thèse. «Il n’y a pas de bouncers recrutés à la MMA. Ces agents de sécurité sont tout simplement bien bâtis. D’ailleurs, on ne peut embaucher des personnes frêles pour soulever des carcasses de bétail», dit-il.