Météo : des phénomènes extrêmes encore à prévoir

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
pluie

Le mois de janvier a été très humide. Il faut remonter à janvier 1980, soit 38 ans en arrière, pour voir pareille situation. C’est ce que nous explique Ram Dhurmea, météorologue en chef à la station de Vacoas.

«Des pluies torrentielles entraînant des crues soudaines, de violents orages, des orages électriques, une vague de chaleur avec des températures supérieures à la normale pendant des jours et une intensification explosive des cyclones peuvent survenir ». C’est ce qu’a prévu la station météo de Vacoas dans son Seasonal Climate Forecast Summer 2017-2018 Outlook, rendu public au début de l’été, fin 2017. Ce qui correspond aux conditions climatiques que nous avons connues depuis le début de l’année.

Ce scénario devrait perdurer jusqu’à mars, selon Ram Dhurmea. Parapluies et imperméables seront encore de sortie même si les grosses averses que nous avons connues jusqu’ici seront moins fréquentes, assure le météorologue en chef.

Commentant cette situation, il dresse un parallèle avec les conditions climatiques extrêmes dans différentes parties du monde où des vagues de froid et de chaleur ont frappé. « Cette situation est due au changement climatique. Ce qui fait qu’il y a un débalancement des conditions météorologiques », dit-il. Ram Dhurmea ajoute que le mois de janvier a été très humide avec de la pluie presque tous les jours. Il faut remonter 38 ans en arrière, soit janvier 1980, pour retrouver une telle situation. « La moyenne de pluie que nous enregistrons durant cette période est de 268 millimètres, mais ce sont 792 millimètres de pluie que nous avons recueillis. Ce qui représente 290 % de la moyenne pour le mois de janvier », explique-t-il. Et avec les pluies prévues en février et mars, la moyenne de 1 350 mm de pluie devrait être facilement atteinte ou dépassée, selon lui.

La saison des pluies a connu un grand décalage ces dernières années. Ainsi, en novembre, les pluies sont arrivées graduellement plus tard, « ce qui est une autre conséquence du changement climatique ». « Pour cette saison, nous nous attendions à avoir de la pluie fin décembre. Elle est arrivée en janvier », explique Ram Dhurmea.

« Décembre 2017, dit-il, a été le deuxième décembre le plus sec depuis ces 10 dernières années ».

Et en ce qu’il s’agit des tempêtes, sur les quatre formations dans le bassin de l’océan Indien, deux sont arrivées au stade de cyclone intense. Ce phénomène pourrait se répéter d’ici la fin de la saison cyclonique en mai.

Averses

Les fortes averses provoquent des accumulations d’eau depuis le début de l’année. Selon la station météorologique, il va encore pleuvoir. Cela en raison d’une ligne d’instabilité. Les pluies seront intermittentes, modérées à fortes et accompagnées d’orages. Des accumulations d’eau sont prévues. Ce qui a mis brièvement le National Emergency Operations Command (NEOC) en alerte de niveau 2 mercredi 7 février. Les plus fortes pluviométries enregistrées à 16 h 30 hier pour les dernières 24 heures : Belle-Marie 47 mm, Queen Victoria 61,8 mm et Providence 31 mm.