Métier : Noorudeen Bundhoo a choisi d'être mécanicien de bicyclette

Par Mario Boutia O commentaire
Ashok Isnoo

Sa passion pour les bicyclettes lui a fait prendre la direction de l'atelier. Noorudeen Bundhoo, 22 ans, est apprenti-mécanicien chez Le Vélo, à la Caverne, Vacoas. Il compte bien y rester.

Noorudeen a toujours voulu être mécanicien de bicyclette.

À un moment où les jeunes embrassent la profession informatique, Noorudeen a choisi d'être mécanicien de bicyclette, bien qu'il ait étudié jusqu'en Form V. Un métier qui l'a toujours attiré. « Enfant, je démontais et remontais ma bicyclette ». Par la suite, il a effectué des petites réparations sur celles de ses amis.
Il a 12 ans, lorsqu’il confia à sa mère son désir de devenir mécanicien de bicyclette. Cette dernière en parla à Ashok Isnoo, le propriétaire de Le Vélo, qui l'accepte comme apprenti dans l'après-midi après les heures de classe.

Le voilà apprenti-mécanicien tout en continuant ses études.

« Je restais dans l'atelier pendant quelques heures avant de rentrer à la maison pour faire mes devoirs et étudier », dit-il. C'est sans surprise qu'il est resté dans l'atelier après la Form V. « Je continue de venir pour quelques heures par semaine. Ce qui me donne l'occasion de suivre un cours de formation », poursuit-il.

Noorudeen ambitionne d'avoir son propre atelier, mais il avoue qu'il a encore beaucoup à apprendre, car les bicyclettes sont de plus en plus sophistiquées et compliquées à réparer. « Qui aurait dit, quelques années de cela, que des bicyclettes seraient munies d'un système de freinage hydraulique ou à disque ». Il avoue qu'il passe son temps sur l’Internet pour apprendre les nouvelles techniques de réparation. Il explique que toutes les bicyclettes ayant un système de freinage hydraulique ou à air, n'utilisent pas la même qualité d'huile. Les réparations deviennent, alors de plus en plus compliquées.

Ashok Isnoo a toujours accordé une formation aux apprentis tout en insistant qu'ils poursuivent leurs études. « Le temps où l'on plaçait les enfants qui ne sont pas doués pour les études dans les ateliers de bicyclettes est complètement révolu. De nos jours, si l'on veut rester dans le métier, on doit toujours apprendre, vu les nouvelles techniques », dit-il. Il affirme avoir formé plusieurs jeunes dans le passé. Allant sur ses 60 ans, il n'écarte pas la possibilité de laisser la gestion de l'atelier à Noorudeen. « C'est quelqu'un de très sérieux et qui a fait ses preuves », affirme-t-il.

Après la Form V, Ashok Isnoo voulait devenir enseignant. Mais à l’époque, cette profession était très mal rémunérée, dit-il. Il s’inscrit alors aux cours du collège technique, connu à l’époque comme Industrial Trade Training Centre. Ensuite, il trouve un emploi comme clerc chez Taylor Smith. Ce qui n’a pas plu à son père, mécanicien de bicyclette, depuis plus d’une cinquantaine d’années. Finalement, ce dernier lui ouvre un tout nouvel atelier. Pris au dépourvu, il ne peut que s’incliner devant la volonté de son père.

« 37 ans après, je suis toujours dans le métier », confie-t-il. Mais il n’était pas novice dans ce métier. Enfant, il était apprenti dans l’atelier de son père durant les vacances scolaires et les week-ends. À l’époque, il réparait surtout les fameuses grosses bicyclettes noires. Après des années de pratique, il finira par maîtriser la réparation des bicyclettes. Il avoue qu’il ne regrette rien. « Je ne cesse de remercier mon père de m’avoir lancé dans cette voie. » C'est pour cette raison qu'il accorde une grande place à la formation des jeunes. Il trouve que c'est un métier d'avenir si l'on est vraiment sérieux.