Misère, quand tu nous tiens ! : Mère d’un bébé et d’une fille retardée mentale, elle vit sans eau ni électricité

Par Raj Bissessur O commentaire
Marie Noëlane

Il y a tant de mères de famille qui galèrent pour survivre. À l’instar de Marie Noëlane, de Surinam. Récit.

«J’ai un bébé de 10 mois et une fille qui est légèrement retardée mentalement. Depuis un an, je vis sans eau ni électricité. Je ne peux travailler à cause du bébé. Je n’ai pas de quoi payer pour être connectée au réseau de la Central Water Authority (CWA), bien qu’on me réclame le minimum, soit Rs 2 000. Quant à la fourniture électrique, le Central Electric Board (CEB) me demande de payer pour l’installation d’un pylône qui me coûtera, dans mon cas, Rs 5 000. J’implore l’aide des autorités sur une base humanitaire.» Cet appel à l’aide vient de Marie Noëlane, 43 ans, une femme qui a en fait sept enfants, mais dont deux seulement vivent avec elle, vu sa situation précaire. Les cinq autres sont sous la charge de la Child Development Unit (CDU) ou vivent dans d’autres familles.

La maison qu’elle occupe appartenait à son père, décédé depuis longtemps. Elle a fait les démarches nécessaires pour être reconnue comme l’unique héritière de cette maison située à Surinam. D’ailleurs, elle est l’unique fille de ses parents, tous deux décédés.

Actuellement, pour ses besoins en eau, Marie Noëlane déclare aller se laver près de la mer où il y a un point d’eau douce. Pour boire, elle prend de l’eau chez sa voisine. Pour la lumière, elle utilise des bougies, sinon une lampe de poche.

Une famille brisée

Les sept enfants de Marie Noëlane sont âgés respectivement de 24 ans, 19 ans, 17 ans, 13 ans, 10 ans, 8 ans et 10 mois. Seul l’un d’entre eux est un garçon, celui qui a 17 ans. Ils ont été engendrés par trois pères. L’aînée est née après que la mère ait épousé son compagnon. Depuis, ils se sont séparés, mais n’ont jamais divorcé. Les cinq enfants qui ont suivi viennent d’un autre père. Le dernier enfant a pour père l’homme qu’elle connaît actuellement. Sur le plan financier, ils ne sont d’aucune aide. « Le père de mon dernier enfant, qui me rend visite de temps à autre, apporte des brèdes et quelques couches. C’est tout », déclare-t-elle.

Si deux enfants vivent avec elle, trois autres sont sous la charge de la CDU, et l’aînée vit avec sa tante depuis l’enfance. Quant à l’autre enfant, une fille âgée de 8 ans, elle a été adoptée par une famille dont la femme est une Mauricienne mariée à un étranger. Selon Marie Noëlane, l’enfant a été adoptée quand elle avait trois mois. Depuis, elle ne l’a plus revue.

Outre son bébé, l’autre fille qui vit avec elle a 16 ans. « Elle souffre d’un léger retard mental et suit un traitement à l’hôpital psychiatrique de Beau-Bassin. Elle est presque normale, sauf qu’elle ne peut supporter le bruit, par exemple quand on parle à haute voix, quand on est saoul ou quand on se dispute », explique Marie Noëlane.

Ceux ou celles qui veulent aider cette mère de famille sont priés de contacter notre rédaction sur le 5256 5154 ou le 207 0666

La CWA et le CEB : «Nous verrons ce que nous pouvons faire»

Contacté par Xplik ou K pour voir si sur une base humanitaire quelque chose peut être fait pour Marie Noëlane, la CWA comme le CEB, sans donner aucune garantie, ont promis d’examiner le dossier de la dame. « Nous réclamons déjà le minimum à la dame. Toutefois, faites-nous parvenir ses coordonnés, nous verrons ensuite », a déclaré un préposé de la CWA. Dans le cas du CEB, Marie Noëlane a été priée de se rendre au bureau de sa localité pour un réexamen de son dossier.