Navin Ramgoolam : «Le changement arrive»

Par Patrick Hilbert O commentaire
Navin Ramgoolam

L’ex-Premier ministre a choisi Youtube pour faire son discours à la nation. Le 31 décembre, Navin Ramgoolam s’est adressé pendant 17 minutes à ses concitoyens dans un discours qui ciblait sévèrement Pravind Jugnauth, l’actuel Premier ministre.

« Le changement arrive » selon lui et cela grâce à la partielle au No 18, (Belle-Rose/Quatre-Bornes), remportée haut la main par Arvin Boolell, le 17 décembre dernier. L’accession de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre « sans l’aval de la population » est ni plus ni moins qu’« une imposture qui a eu un effet catastrophique sur le pays », avance l’intervenant.

À son avis, le bilan du gouvernement est « désastreux », et la « majorité des citoyens a des difficultés dans sa vie de tous les jours » alors que les investisseurs « n’ont plus confiance » dans le pays. Le fossé entre riches et pauvres ne cesse de s’agrandir, déplore l’ex-chef de gouvernement. À ses yeux, le gouvernement ne fait que donner d’un côté pour reprendre de l’autre. Puis, « il n’y a plus de méritocratie, à moins d’être proche de la cuisine.»

Les critiques fusent également contre la réforme de l’éducation qui a vu l’abolition des examens du Certificate of Primary Education pour être remplacés par ceux du Primary School Achievement Certificate. Navin Ramgoolam a aussi évoqué le trafic de drogue et la proximité, selon lui, entre les barons de la drogue et les détenteurs du pouvoir. Le nom de Raouf Gulbul, ancien président de la Gambling Regulatory Authority est cité. Ce dernier a été sommé de démissionner « après que des allégations très graves concernant la drogue et le financement politique ont été formulées contre lui ».

« Il est clair que la mafia de la drogue a accaparé l’État », avance Navin Ramgoolam. Mais l’espoir est permis, dit-il, et la victoire à l’élection partielle au No 18 « sonne le retour de lendemains meilleurs ». Pour Navin Ramgoolam, il n’y a que le Parti travailliste qui puisse « amener un vrai changement en faisant une rupture avec le passé. » Pour « reconstruire le pays », l’ex-Premier ministre demande un coup de main aux jeunes.