Négligence médicale alléguée : privée de soins, elle meurt après 13 jours d’hospitalisation

By Le Défi Quotidien O commentaire

« C’est révoltant », explique Henna Suneram, de Vallée-des-Prêtres. Cette femme de 24 ans a perdu sa mère, Bibi Fatma Gopaul, 56 ans, le jeudi 11 mai. Elle avait été admise à l’unité des soins intensifs de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, le 24 avril dernier. Ses proches invoquent la négligence médicale.

La direction de l’hôpital confirme l’ouverture d’une enquête. La famille Suneram compte porter l’affaire devant le Medical Council. Le regard absent, le cœur meurtri, Henna peut difficilement s’exprimer. Comment expliquer la souffrance qu’a subie sa mère ?

« Maman souffrait de multiples complications de santé. Ces derniers mois, elle peinait à se mettre quelque chose sous la dent. Si on la forçait à manger, elle vomissait sa nourriture. Sa santé ne s’améliorant pas, je l’ai emmenée dans une clinique privée pour une échographie. On a appris qu’elle souffrait de calculs (petits cristaux) biliaires. Son état s’étant aggravé, nous l’avons fait admettre à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo », confie Henna.

État comateux

« Au lendemain de son admission, elle n’était plus la même : elle était dans un état comateux. Les infirmières n’avaient pas remplacé la transfusion. Une fois que ce fut fait, maman a repris connaissance », dit sa fille.

Elle s’insurge contre l’attitude des infirmières « qui n’ont même pas changé la couche de ma mère. C’est moi qui l’ai changée à l’heure de visites. J’en profitais pour lui donner quelque chose à manger. Son médecin avait certifié (sans avoir effectué des tests médicaux), que la détérioration de sa santé était due à l’hypertension et à un diabète incontrôlé », ajoute Henna. « Quatre jours après, un autre spécialiste a pris connaissance du sale état de maman. C’est après des tests que le médecin devait réaliser qu’elle avait subi une attaque cérébrale. »

« Puis, après une rencontre avec l’assistant-surintendant de l’hôpital, elle a été admise, le 9 mai dernier, à l’unité des soins intensifs. Deux jours après, elle a rendu l’âme », raconte la fille. « Sa mort est due à une grosse négligence médicale. Si elle avait reçu les soins appropriés, elle serait toujours avec nous. C’est révoltant. Le personnel soignant n’a pas assumé ses responsabilités. Par leur faute, j’ai perdu ma mère chérie qui a beaucoup souffert », pleure Henna.

Interrogé par la rédaction, le ministère de la Santé a déclaré : « Une enquête interne sera initiée pour déterminer les circonstances du décès de la patiente. Des sanctions seront prises si le personnel a fait preuve de manquements », affirme un cadre.