Mauritius Africa Club : Duma Gqubule pessimiste pour l’avenir économique de l’Afrique du Sud

Par Vijayan Ayassamy O commentaire
Duma Gqubule

L’économie de l’Afrique du Sud est au plus mal. Réformes, austérité, lutte contre la corruption : il y a des mesures urgentes à prendre pour rétablir la situation.

Duma Gqubule, journaliste économique et fondateur du Centre pour le développement et la transformation économique, est pessimiste. Il était invité le mardi 30 juin par le Mauritius Africa Club, à Voilà  Bagatelle Hotel. « Je ne vois pas un ciel bleu et ne suis guère optimiste pour l’avenir économique de l’Afrique du Sud », prédit le journaliste économique . Avec 3,3 millions de chômeurs, dont 41 % sont des Noirs, le géant du continent africain est en crise.

Duma Gqubule estime que c’est faux de lier la crise économique mondiale avec celle qui prévaut en Afrique du Sud. Le repli économique a précédé la crise mondiale. Toutefois, les taux élevés des intérêts de la Reserve Bank ont aggravé les effets de la crise. Le journaliste cite les perspectives économiques du Fonds monétaire international (FMI) qui prône des réformes structurelles. De tels changements n’apporteront pas une croissance à court terme, selon ce dernier. Et d’ajouter : « En revanche, elles impliquent des coûts et les Sud-Africains ne peuvent employer de tels moyens au risque de souffrir longtemps. »

Le fondateur du Centre pour le développement et la transformation économique suggère que les actifs du Public Investment Corporation (équivalent d’un National Pensions Fund/National Savings Fund) peuvent être utilisés pour investir dans le développement des infrastructures. Actuellement, les avoirs de ce fonds représentent la lourde ardoise de l’Afrique du Sud.

En attendant l’arrivée de Cyril Ramaphosa, nouvel homme fort du Congrès national africain à la présidence, le président en exercice, qui ne fait plus l’unanimité, reste presque intouchable, explique le journaliste. Premièrement, Jacob Zuma n’a aucune intention de partir volontairement ; deuxièmement, on ne peut procéder à une destitution ; troisièmement, on ne peut le forcer à démissionner au moyen d’une motion de censure et ni, quatrièmement, d’avoir recours à des élections anticipées, au risque de soulèvements populaires. 

Duma Gqubule évoque aussi les liens entre Jacob Zuma et les frères Gupta qui sont à l’origine d’un énorme scandale politico-financier, avec de graves allégations de corruption en vue d’obtenir des contrats publics, entre autres.