Politique : le MMM face à une rébellion interne

Par Thierry Laurent O commentaire
Paul Bérenger et Steve Obeegadoo.

Cette énième crise qui secoue le Mouvement militant mauricien (MMM) depuis les élections générales de 2014 va-t-elle avoir des conséquences sur le leadership du parti. Que ce soit au niveau de la direction ou des militants, on semble anticiper le pire.

La motion de blâme contre Steve Obeegadoo, président de la commission éducation du MMM, semble s’annoncer comme un couteau à double tranchant pour le Bureau politique (BP) du parti.  Si la posture adoptée par le BP s’est révélée être une démonstration d’autorité contre Steve Obeegadoo, la situation paraît être toute autre dans les autres instances du parti. Le soutien, et la sympathie manifestée à l’égard de l’ancien ministre  de l’éducation, témoignent de l’impopularité de la motion de blâme qui a été votée, lundi, à la dernière réunion du BP. 

« Il n’y a qu’à voir la réaction des militants du parti et des sympathisants pour comprendre que Steve Obeegadoo jouit d’un soutien massif », déclare un membre du BP au Défi Quotidien. Il est aussi, selon lui, dans l’intérêt des mauves de revenir à de meilleurs sentiments, le parti pouvant, selon lui, y laisser des plumes. « Nous pouvons encore nous ressaisir. C’est préférable d’organiser un débat sur toute la question et procéder au retrait de cette motion », clame cette même source. Si ce membre du BP reconnaît que les militants ont depuis tout temps voué de l’affection à Paul Bérenger, il soutient que les données ont aujourd’hui changé. Et de poursuivre : « Les militants réclament de la tolérance. Un leader qui se dit démocrate doit pouvoir se montrer tolérant. Nous vivons dans une ère où le dialogue et la liberté de pensée doivent devenir les nouvelles valeurs du parti. »

Le soutien presque unanime du comité du No 17 (NdlR : Ananda Rajoo a été le seul membre de la régionale à avoir défendu la motion de Paul Bérenger) à l’égard de Steve Obegadoo semble révélateur de ce ‘mood’ de rébellion au MMM, nous explique, pour sa part, un influent militant d’une circonscription urbaine. Il se dit d’ailleurs convaincu que les autres comités régionaux vont adopter la même posture. « Plusieurs régionales de Port-Louis sont d’avis que Paul Bérenger est allé trop loin avec cette motion de blâme et considèrent qu’il est entrain de se laisser influencer par des incompétents. »