Conférence de presse gouvernementale - Maneesh Gobin : «Il ne faut pas saper le moral de toute la police»

Par Patrick Hilbert O commentaire
Maneesh Gobin

Quatre grands thèmes : l’affaire Gaiqui, le musée intercontinental de l’esclavage, l’exhumation du corps de Dilan Éléonore et le salaire minimal, ont été abordés samedi lors de la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement.

Affaire Gaiqui : d‘autres types de sanctions seront prises

L’affaire Gaiqui, qui a éclaté il y a une semaine avec la diffusion d’une photo de David Gaiqui, enchaîné nu dans la station de police de Curepipe, a été abordée par Maneesh Gobin, l’Attorney General. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes. « Les institutions travaillent en toute sérénité et indépendance. Il faut faire attention. Ce n’est pas parce qu’un ou deux officiers ont ‘fane’ qu’il faut saper le moral de toute la force policière. »

David Gaiqui avait été arrêté dans le cadre d’une enquête sur une série de vols. Durant la semaine, il a été blanchi et relâché. « L’enquête sur les vols continue, mais c’est une autre unité de la police qui a pris le relais. » Dans cette affaire, a précisé Maneesh Gobin, le gouvernement n’est pas resté les bras croisés. « Des sanctions ont été prises, là où il le fallait. D’autres types de sanctions seront prises à la lumière des éléments qui vont être mis au jour », a assuré le ministre. Trois officiers de police ont été transférés dans le sillage de cette affaire.

Dilan Éléonore : démarrage d‘une enquête au pénal

Le cas de Dilan Éléonore a également été abordé. Ce jeune homme avait été retrouvé mort à Madagascar en décembre. Les autorités malgaches avaient attribué ce décès à un délit de fuite. Durant la semaine écoulée, à la demande du père de la victime, le corps a été exhumé et une autopsie pratiquée.

« Les résultats me troublent. J’ai vérifié les éléments et j’ai donné mon avis, en tant qu’avocat du gouvernement. J’ai demandé le démarrage d’une enquête au pénal. » Les médecins légistes mauriciens font état d’une « violent death ». Et par conséquent, pour Maneesh Gobin, la police doit agir. « À un certain stade, le commissaire de police devra demander l’assistance des autorités malgaches. Au plus haut niveau du gouvernement, on fera la lumière sur ce cas assez troublant. »

Musée de l‘esclavage : Rs 100 millions d‘investissement

« Il faut une plus grande visibilité et prise de conscience sur l’esclavage et la traite négrière dans l’océan Indien. Il faut reconnaître la contribution de la diaspora africaine », a affirmé Eddy Boissezon, ministre de la Fonction publique. Le musée intercontinental de l’esclavage servira ce dessein. Cette institution, qui nécessitera un investissement d’environ Rs 100 millions et se situera dans le bâtiment qui abritait l’hôpital militaire, à côté de l’Aapravasi Ghat, aura pour mission de faire des recherches et des expositions sur l’esclavage.

Salaire minimal : la traque des récalcitrants

Dès lundi, le ministère du Travail se lancera activement dans la traque des compagnies qui rechignent à payer le salaire minimal à leurs employés. Une Flying Squad débutera ses opérations surprises. Elle fera le tour des entreprises pour des vérifications. En sus de cela, une soixantaine d’inspecteurs effectueront des visites surprises dans des petits commerces. Le ministère met également en place un système de dénonciation qui permettra aux employés ne percevant pas le salaire minimal de déposer une plainte anonyme.

« Selon la loi, les entreprises qui ne paient pas le salaire minimal s’exposent à une amende allant jusqu’à Rs 50 000 », a averti Soodesh Callichurn. Le ministre du Travail a également abordé le thème du combat contre la drogue. Il a demandé « le soutien de tous indistinctement » et de « réfléchir sérieusement avant de toucher à la drogue synthétique ».